‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 45 sur 110 · SÉBASTIEN- CASTE LL ION · texte numérisé non relu

SÉBASTIEN- CASTE LL ION

Point de mal, dans une appréciation qui faisait un si grand outrage au Saint Esprit ? Et comme on comprend que ce vilain chien n'ait fait que torcher son museau ! Hélas, Calvin n'avait rien compris au témoignage intérieur de cet Esprit Saint qui, au dire de l'auteur du quatrième Evangile, doit conduire l'homme dans toute la vérité. Si son orgueil n'avait pas fermé son âme aux suggestions des libres croyants qu’il traitait d'hérétiques, il y eut, peut-être, trouvé bien des choses qu'il ignorait, dans son fanatisme persécuteur. Et, peut-être, eutil appris à oublier un peu le Dieu de l'Ancien Testament qui l'obsédait, pour servir le Dieu de l'Evangile.

Les réponses de Servet au contraire, sont admira- la blés de netteté, de bons sens, de foi éclairée. La Bé- LA *ÉFÛIl5iE forme n’avait pas encore trouvé de plus excellent interprète de ses principes essentiels : «Si l'œil est bon, dit-il, tout le corps sera lumineux, et si l’intention est bonne tous les faits seront réputés bons.»

{dixième interrogatoire,) — A propos de la publication de son livre, «il pensait que ce livre ne mettrait point la chrétienté en différends, mais qu'il ferait profit, parce qu’il donnerait occasion aux bons esprits de mieux dire et qu’ ainsi la vérité a commencé à se déclarer peu à peu et s’achèvera peu à peu .

(vingtième interrogatoire : c'est l'affirmation de la Eévélation progressive et indéfinie). Interrogé

LA. TOLÉRANCE, TÏOOTBISE

d’hébésie

154 LA RÉFORME CALVINISTE A L'ŒUVRE

sur le sens de ces paroles* il déclare que «la vérité a commencé à être déclarée* au temps de Luther, et a suivi jusqu’ici et qu'il pense qu'elle se déclarera encore plus outre * quant aux choses qu'il entend ri être pas encore déclarées ; (trentième question ; ici, c’est* nettement indiquée* la Réforme de la Réforme)*

« Quelles choses ne sont-elles pas encore déclarées ? » lui demande -t-on, et Servet répond avec son audace habituelle : «Ce que Mr Calvin a dit du libre arbitre et de la descente aux enfers *» Et comme on lui demande «s'il n'entend pas que sa doctrine sera reçue et que c'est une doctrine de vérité*» Servet répond, « quHl ne peut avancer si sa doctrine sera reçue ou non, mais qu'il entend qu'elle soit vérité jusqu'à ce qu'on lui montre le contraire, et que, an commencement telles choses sont réprouvées qui, après, sont reçues.» (trente et unième question).

Qn ne saurait proclamer, avec plus de confiante audace la relativité de la connaissance, surtout lorsqu'on est persuadé comme il l'est, que «c'est aujourd'hui, commun en matière de disputation, que un chacun veut maintenir sa cause, estimant sa partie adverse en voie de damnation. » (troisième question).

Maintenant si, à côté de ces belles et lumineuses déclarations* on place les accusations de ses persécuteurs* on reste confondu devant leur inconscience ;

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