‹ Sébastien Castellion et la réforme calvinisteChapitre 62 sur 110 · DE CALVIN · texte numérisé non relu

DE CALVIN

SÉBASTIEN CASTEIJ.ro N

maladroit et zélé , mais les contemporains de Calvin ne s’y trompèrent pas. Ils comprirent bien vite tout ce que la doctrine calviniste avait de redoutable. Des protestations nombreuses ne tardèrent pas à s'élever. Les feuilles, arrachées à la Bible de Castellion et qui portaient ces Annotations hardies, circulaient de main en main. On avait oublié de les détruire. Mais tandis que, enfouies dans une Bible suspecte, elles n’auraient en aucune portée, elles se répandirent soudain, comme autant d’insaisissables messagers. On en trouvait partout, à Bâle, à Berne, à Zurich, à Genève; elles circulaient de nia, in en main et semblaient se multiplier à T infini. Ce fut l’occasion d’une véritable levée de boucliers contre Calvin, En 1551, déjà, Jérôme Boisée 1 avait osé protester avec une grande véhémence à Genève, dans des réunions intimes de pasteurs et d'anciens, contre le dogme calviniste. Au moment où les feuilles, détachées de la Bible de Castellion, se répandaient eu Suisse, comme autant de papillons porteurs d’hérésies, Boisée, qui avait été banni de Genève, demeurait che# M. de Balais, un grand seigneur français, nouvellement converti à la Béf orme Jérôme Boisée entra aussitôt en campagne,

1 Bolsec, né à Paria,, ancien carme, -devenu médecin, il s’occupa de théologie et tétant brouillé avec Calvin il fut banni d’abord de Genève puis de Berne. Plus tard, dégoûté de la Réforme culviaigte, il retourna ii F Eglise Romaine et écrivit des livres de haine contre Calvin et BèzEh

a Jacques de Bourgogne, arrière petit-fils (naturel) de Philippe le Beau. Il croyait encore ans principes de la Réforme puisquTà l’occasion

EE TRIOMPHE DU CALVINISME

Le moment était propice. Le château de M* de Fa- LEVÉE DE

JB-0 1 T CLI E R.S

lais devint le foyer de ropposMon* Calvin ne tarda co^TRY CALVIN pas à lui marquer son sentiment :

flOuij lui écrivait-il, je dis que si vous passiez ici cent fois, j’aurais moins cTaocointanees avec vous qu’avec tous ennemis mortels, puisque vous étiez prêcheur des louanges de Cas tel lion, lequel est si pervers en toute impiété que j’aimerais cent fois mieux être papiste . . b>

M* de Falais, en effet, avait incidemment entendu la lecture de la Préface de la Bible française de Casteüion, et il avait eu connaissance de deux livres adressés à Coilinet, l'ancien régent du Collège qui, la veille de la mort de Servet, avait été traduit devant le Consistoire, pour avoir propagé les idées de tolérance de Castellion.

M. de Falais désira connaître plus sérieusement Fauteur de ces lettres et GoUinet, relatant ces faits à Castellion, ajoute en parlant de M. de Falais :

* C'est nu homme à qui Dieu a bien ouvert les yeux.

Il fut un temps où il estimait celui-là que vous savez un Saint Paul, il s'est tenu chez lui et a entretenu sa cuisine un long espace de temps et maintenant il sait et connaît V hypocrisie qui règne aujourd'hui, »

Celui-là que vous savez et qu'on ne nomme pas, de

de 1 emprisonnement de Bqlsec, il écrivait au Conseil de Genève pour protester contre cette détention «attendu, disait.il, que la cause de sa détention n’est que pour avoir parlé librement de sa doctrine, ce qui doit être permis à tout chrétien sans pour cela être emprisonnée»

SÉBASTIEN CASTEBTJON

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