NOMMÉ 1 LAUSANNE
1 Bullingeb à Calvin* 20 Février 1562,
iîoiîvel assaut tra ni d’éditer une Dêfensio j concernant ses tracBicde tu. sa »*bb la qu’on lui avait enfin permis de
publier. C’est que, depuis lors, un événement nouveau s’était produit. Théodore de Bèze avait édité une révision de son Nouveau Testament et il avait cru devoir la faire précéder drune introduction dans laquelle il avait publiquement dénoncé Castellion comme un « translateur satanique : s>
Satan, notre ancien adversaire, voyant qu’il ne peut plus empêcher le cours de la Parole de Dieu, comme il a fait pour un temps, nous assaut par un autre moyen plus dangereux. . . . Si on en demande quelque exemple, nous en produirons un qui servira pour plusieurs, c’est à savoir la translation de la Bible latine et française, mise en avant par Sébastien Castcllion, homme si bien connu en cette Eglise, tant par son ingratitude et impudence, que par la peine qu’on a perdue après lui, pour le réduire en bon chemin, que nous ferions conscience non seulement de taire son nom (comme jusques ici nous avons fait), mais aussi de u? avertir tous chrétiens de $e garder d7nn tel personnage comme instrument choisi de Satan pour amuser tous esprits volages et indiscrets. Certainement s1 il y eut onc une épreuve d’ignorance conjointe avec une témérité effrontée, jusques à se jouer de l'Ecriture sainte, et l'exposer en risée, tout cela se trouvera ès translations et écrite de celui dont nous portons tel témoignage à notre grand regret. . . . >>
Kichard Simon qui cite cet extrait de la préface de Bèze, ajoute ces réflexions :
ofikion de « On reconnaît facilement, dans ces paroles, le style et EicHARn simos p esprit des premiers ministres de Genève, lesquels n’ayant pu gagner, à leur parti, Castellion qui était dans nue grande réputation à cause de son érudition, n’oublièrent rien pour
DBBNrÈBES LUTTES ET DÉFAITE FINALE
le perdre. Il n’était ignorant et impudent que parce qu’il n’avait pu goûter quelques-unes de leurs opinions, ou plutôt de leurs nouveautés sur le fait de la religion ; car, comme je l’ai dit ailleurs, il était beaucoup plus habile dans les trois langues hébraïque, grecque et latine et même dans le style des livres sacrés, qu’aucun docteur de Genève », 1
Mais leur eût-il été inférieur cent fois, les Réfor- U* INSTRUMENT mateurs se devaient à eux -mêmes et devaient aux DE SATAN principes de la Réforme de ne pas se livrer à, cette inqualifiable agression* Ainsi donc Castellion est dénoncé comme «un instrument choisi de Satan, »
La dénonciation pieuse va se répandre dans tons les milieux qu’atteindra le livre saint* On se demande comment un homme conscient de ses actes, si aveuglé qu’il puisse être par son fanatisme, a pu coucevoir un semblable projet et infliger à la Bonne Nouvelle d’amour qu’il voulait répandre, l’odieux démenti de cette parole de haine, La défense de l'honneur de Dieu exige-t-elle qu’on perde tonte pudeur î On comprend, n’est-il pas vrai, que devant cette dénonciation les censeurs de Bâle aient immédiatement permis à Castellion de publier la Défense de ses traductions. Dans l’avertissement de sa Bible française, il avait écrit que si ses lecteurs trouvaient quelque chose qui leur pût déplaire, il les priait de le pardonner :
« J’ai fait ce que y ai pu, écrit-il* Que si vous trouvez quelques fautes (comme je pense bien qu’il y en aura peut-être plu-
1 Histoire critique du Nouveau Testament, page 274*