CHAPITRE IV. — l(ï83-4«2. 2(H
à-dire avec ce double filet au titre, avec son adresse rectifiée et la draperie de la Religion allongée. Ces épreuves ne sont pas à dédaigner. Celles de notre suite qui proviennent du tirage d'Âudran (avec double filet) pour servir de comparaison avec le premier état, sont extrêmement vigoureuses et tiriUantes. Depuis, ces qualités se sont affaiblies par le tirage, et il est possible que les planches aient été retouchées de nouveau , lorsqu'elles sont arrivées entre les mains de Jeaurat. Les épreuves de ce tirage de Jeaurat sont indignes de figurer dans une collection composée de pièces choisies.
Il nous parait certain que les retouches faites pour le tirage d'Audran, avec le double filet, ont été exécutées par Le Clerc lui-même.
Ces retouches sont habiles; elles ont heureusement fait revivre ces planches qui ont eu un succès énorme.
Sans doute, après ces retouches, les épreuves n'ont plus la légèreté qui fait le charme des premiers tirages ; mais, comme cette extrême légèreté produisait, après le tirage d'un certain nombre d'épreuves, un ton gris, d'où résultait une absence d'effet. Le Clerc a jugé à propos d'entailler plus fortement ses planches de manière à produire plus de relief.
Nous possédons une suite complète du premier état ci-dessus décrit, laquelle est excessivement rare. Plusieurs épreuves de cette suite proviennent d'un œuvre formé par l'un des fils de Le Clerc, et portent des indications au crayon pour les corrections que
l'artiste a exécutées. Notre suite du deuxième état est également complète ; à la suite du troisième il ne manque que la planche portant le n^ 23 que nous avons remplacée par une épreuve du premier état
Les dessins originaux et finis de cette suite sont admirables. Il y en a neuf dans notre collection; nous ignorons ce que sont devenus les autres. — Quant aux premières pensées de ces charmantes compositions, une première partie comprenant quatorze sujets se conserve, ainsi que nous l'avons dit, chez M. Turcan;une autre, comprenant neuf sujets, se trouve chez M. de Baudicour; une troisième partie est entre les mains d'un possesseur qui nous est inconnu.