III. — Ce bonnet est ombré
Cette pièce aurait été gravée par La Colombe. (Voir l'observation de Mariette (Abecedario, p. 105).
Nous avons Thabitude de nous incliner devant le jugement, l'expérience, la science et la sûreté de goût qui distinguent, à un si haut degré, l'illustre Mariette.
Cependant il nous parait que ces éminentes qualités se trouvent en défaut, lorsqu'il attribue à La Colombe les deux dernières pièces des Batailles d'Alexandre.
Ce La Colombe y ou plutôt DelacoUombe , est un artiste obscur (font on ne connaît que quelques dessins d'arquebuserie publiés, après sa mort, en 1730.
Il est bien difficile d'admettre qu'il ait pu imiter, à s'y méprendre, la manière de Le Clerc. Or, cette imitation serait si parfaite qu'on n'aperçoit aucune différence entre les deux planches attribuées par Mariette à Delacollombe et celles du reste de la suite. Le faire nous semble partout identique. Cette appréciation est corroborée par deux drcoq^tances qui nous paraissent décisiTes : 1» Chacune des deux planches contestées contient des corrections coqfformes aux habitudes de Le Cl^rc, qui ne ma^ quait jamais de rectiQer les défectuositéd, souvent peu apparentes, de ses estampes. Il nous parait difficile d'admettre que DelacoUombe ait pu s'apercevoir que le dos de la petite femme assise i gauche, devant la tente de Darius, devait ôtre plus ombré, ainsi que le bonnet de la femme près du piédestal^ dans l'entrée à Babylone. Si cette démise correction est heureuse, la première ne l'est pas, ainsi qu'on peut s'en convaincre en examinant le chefd'œuvre de Gérard Edelinck dont la pièce de la suite de Le Clerc est une reproduction. C'est peut-être cette faute et une vanterie de Delacollombe qui ont engagé Mariette à lui attribuer cette pièce. 2<> L'entrée à Babylone est signée en toutes lettres, S. Le Ckre, $(Mlp. Comment admettre que notre artiste eût laissé subsister son nom au bas d'une planche qu'il n'aurait pas exécutée? Pourquoi cette signature sur cette pièce, alors que plusieurs autres