I. Avant toute lettre
IL — Avant les mots : Assiégé et pris par Monseigneur. Cet état est celui qu'on peut appeler l'état normal de la planche.
Les pièces de cette suite n'ayant servi à aucune histoire de Charles V, on imagina de faire servir la planche représentant le siège fait par Charles V, en 1676, à la représentation du siège de la même ville fait par le Grand Dauphin en 1688. C'est ce qui explique l'addition des mots qu'on lit au III® état.
III. — Âu-déssous de Philisbourg, ainsi écrit dans le second état, on lit: Assiégé etprispar Monseigneur. On y remarque en outre les changements indiqués par Jombert.
IV. — Ces mots ont été effacés ; avec de l'attention on en reconnaît encore les traces.
V. — La planche a été retouchée dans toutes ses parties. On lit toujours Phiusbourg.
Cette planche, successivement consacrée à célébrer deux événements différents, a dû subir de nombreux tirages ; aussi pandt-elle avoir été retravaillée avant la retouche générale de la suite dont nous parlerons ultérieurement.
Nous n'avons rien de particulier à dire sur les différences signalées par Jombert pour les autres pièces de la suite. Ajoutons seulement que si, du temps de Jombert, la plus grande partie des pièces
de cette suite avait déjà subi des retouches générales, à cause de l'usure des cuivres, cette dégradation des planches a dû s'accroître au fur et à mesure des tirages successifs opérés depuis cent ans.
C'est à l'un de ces tirages défectueux qu'il convient de rapporter l'état des planches des vignettes où l'on voit des numéros à la gauche du haut.
On doit ajouter aux trente-six pièces décrites par Jombert une bordure d'introduction dans laquelle se trouve gravée une inscription ainsi conçue : Les actions GLORIEUSES DE S. A. S. CHARLES DUC DE LOR- RAINE.
Ce titre est suivi de l'indication des onze sujets représentant les batailles de Charles V.
La bordure qui entoure cette inscription, gravée en lettres italiques, est une copie agrandie et en contre-partie de celle qui a été exécutée par S. Le Clerc pour la médaille de Charles XII, roi de Suède. On y a ajouté, dans le haut, les armes de Lorraine, et, dans les angles, des croix de Lorraine entrelacées du double C. Il nous parait douteux que cette planche nouvelle ait été gravée par Séb. Le Clerc, bien qu'elle soit dans sa manière. Nous inclinons à croire qu'elle a été commandée par son fils pour aider au placement des épreuves qu'il débitait. Quoi qu'il en soit, cette bordure est tellement rare que son existence n'a pas été signalée par Jombert.
Parmi les planches de cette suite, les plans des villes assiégées par Charles V sont les plus difficiles à rencontrer, les planches ayant été détruites au dix-^ huitième siècle.
CHAPITRK VI. — «08 — 1714. 275
On rencontre assez souvent des copies exécutées en contre-partie par Jeanne Sibille Kraûsin ou Kûsel et avec Vexcudit de Jeremias Wolfi . Ces mentions ne se trouvent pas toujours sur toutes les pièces de la suite ; mais l'exécution de ces contrefaçons, présentant les sujets en contre-partie des originaux, cette circonstance suffit pour les faire reconnaître.
Nouveau système du Mande conforme à récriture sainte, par Sébastien Le Clerc, chevalierromain, dessinateur et graveur ordinaire de la Maison du Roi. Paris, GifiTart. 1706. In-*> (J.,290).
Ces qualités dont Tensemble se lit, pour la première fois, sur un ouvrage de Le Clerc, sont réunies sur le titre du livre qui vient d'être transcrit. Nous n'avons pas à apprécier le mérite de l'artiste comme savant et comme écrivain. Disons seulement qu'il était à la hauteur des connaissances scientifiques répandues à son époque.
Sa petite et sa grande Géométrie^ son Discours sur le point de vue étaient fort appréciés. Le Nouveau système du monde, quoique très-orthodoxe, le fut moins ; cependant il en a été fait plusieurs éditions.
iTous les ouvrages composés par Le Clerc sont
pmés de vignettes gravées par lui sur ses propres
compositions. Celle qui est en tète du Nouveau sys^
tème du monde, et qui représente le chaos, est par-
ièrement jolie.
1 "prophète Elieenleue'dans un char de feu (J., 293).
i les productions de la vieillesse de Le Clerc,
celle-ci est une des plus singulières et des plus étonnantes. Un appréciateur, aussi éclairé que délicaty nous disait : si j'étais réduit à ne posséder qu'une seule pièce de Le Clerc, c'est celle-là que je voudrais avoir ! Sans accepter ce jugement, peut-être trop absolu, on ne peut méconnaître la hardiesse de la conception et l'habileté de l'exécution. L'idée de faire passer le char d'Elie au-dessus de Tenfer des eaux du Niagara, dont la chute était alors peu connue en Europe, est hardie et surprenante.
Dans l'exécution, l'artiste a introduit discrètement, et avec plus de bonheur que dans le Christ en croix, (J., 287), quelques travaux au pointillé dont il a rarement fait usage et qu'il a surtout employés dans les dernières années de sa vie. Les épreuves du premier état, celles dites aux chevaux hlancSy sont merveilleuses.
On connaît deux états de cette pièce :
I. — Les deux chevaux qui traînent le char du prophète sont presque blancs, le ton des ombres est léger et peu arrêté.
IL — La planche a été rehaussée de ton dans toutes ses parties ; en cet état, les ombres des chevaux sont étendues et fortifiées, de manière à présenter des parties noires tranchant durement sur celles qui sont légèrement traitées au pointillé. L'effet général est moins harmonieux.
Histoire de Vàbhaye de Saint-Denis par dom Félibien. Paris, Léonard, 1706, in-foL (J., 294). Le Ma/nuel de Brunet cite ce volume qui atteint