‹ sebastien le clercChapitre 182 sur 193 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

anobli. Il y a entre ces deux artistes toute la différence qui existe entre l'époque de Louis XIII et celle de Louis XTV. Du reste, même application au travail, même fécondité. Personne, autre que Le C3erc, grâce à sa longue vie d'artiste, n'a réalisé, soit par le dessin, soit par la gravure, un aussi grand nombre de compositions. Aussi les peintres, à court d'idées, ont*ils souvent emprunté à Le Clerc le sujetde ses gravures. Ce procédé, indigne d'un artiste qui se respecte, ne peut, à notre connaissance, être imputé à un peintre ayant laissé un nom. Mais combien de copistes peu scrupuleux, et uniquement guidés par l'amour .du gain, n'ont-ils pas mis à contribution les compositions gravées de l'artiste messin ! Combien de tableaux commandés pour des églises de province ont-ils été ainsi exécutés I On a également copié les rares sujets mythologiques de Le Clerc. Dernièrement encore, on voyait figurer à la vitrine d'un marchand de Paris, un tableau fort bien composé, et représentant Vénus sur les eaux. C'est une copie servile de la jolie pièce de Le Clerc.

Les dessins de Le Clerc ont été très^nombreux, mais il en a péri une grande partie V Tous n'ont pas été gravés, et ceux qui l'ont été, même après avoir été finis, présentent souvent de nombreuses différences avec les estampes. Quant à celles-ci, il

* On lit i ce sqjet dans la Renie onWenelle des arts (féfrier 1866) : c Gabriel Boqaier (satisdoote Hoqaier)» gravear, né le 7 mai 1695, passa en Angleterre où il fit la déooaverte de tons les dessins originaux da célMire Le Clerc qu'un marchand anglais avait achetés à la mort de cet artiste. Boquier vouhit rendre à sa patrie une

était rare qu'elles satisfissent du premier coup leur éminent créateur. Il trouvait toujours quelques défauts à ses ouvrages ; aussi les retouchait^il plusieurs fois avant de les livrer à Fimprimeur. D indiquait successivement au crayon ses corrections sur une ou plusieurs épreuves d'essai, et l'on peut voir, dans la description que nous avons donnée ci-dessus, de la planche représentant l'Académie des sciences, combien il a fallu d'essais avant d'arriver à l'effet voulu par le maître ^

Il nous a passé sous les yeux un assez grand nombre de dessins de Le Clerc. Plusieurs ont appartenu à Paignon-Dijonval. Les uns sont terminés, et ont servi à graver les estampes. Les autres sont faits librement, à la manière des peintres'. Parmi les dessins finis qui nous ont paru les plus remarquables, nous citerons ceux qui ont servi à la gravure de la Passion, dédiés à M°>® de Maintenon. Us sont admirables. Jamais artiste n'a été plus grand dans le petit. Et cependant quand Le Clerc les reproduisit sur le cuivre, il y fit quelques changements, tant il désirait arriver à la perfection.

collection aussi prédense. n en fit racqnisition et rapporta en France ce trésor de dessins. Ce fat li le commencement de son cabinet devenu célèbre...

< n est mort à Paris le 44 juin 477S. — Ceci est extrait des lettres de BeanTais de Préaux, relatives aux artistes Orléanais, pour servir de supplément au Dictionnaire de l'abbé de Fontenay. Paris. 4776. 91 vol. in-S«. »

«Voyez aussi supra ce que nous avons dit au- scget des planches du Livre de paysages dédiés à M. de Beringhen{Li 407).

*Le Musée du Louvre conserve vingt dessins de Le Clerc. Aucun n'était exposé en 4870.

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