‹ sebastien le clercChapitre 24 sur 193 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

tation la plus brillante. Que son coloiis est vif et agréable ! comme il exprime les différents sentiments 1 Ses portraits sont parlants, et l'art y par^t remporter sur la nature. Minerve* n'a pas moins d'avantage d'avoir été peinte par cet habile homme, que Vénus de l'avoir été par le célèbre Apelle. »

Puis l'auteur ajoute en note : € Naucret, peintre messin j fut disciple de Le Clerc ; il mourut en 1672 recteur de l'Académie de peinture et sculpture. Il reussissoit parfaitement dans le portrait. On a beaucoup gravé d'après Naucret ; il a peint aux Thuilleries la reine Marie -Thérèse, sous la figure de Minerve. 9

L'estimable bénédictin aurait pu s'épargner les exagérations de sa poésie laudative s'il avait fait la moindre recherche en dehors de Metz. Il lui su£Qsait de consulter ou de faire consulter les registres de l'Académie de peinture dont Nocret (et non Naucret) était membre, comme le dit dom Pierron. Voici ce qu'il y aurait lu ainsi que l'a fait M. Dussieux: € Nocret (Jean), peintre d'histoire, né à Nancy; mort à 55 ant, le 12 novembre 1672 *. » Ces deux lignes auraient forcé le bon bénédictin à retrancher du Panthéon messin son Naucret^ qui est bien le même que le Nancéîen Nocret. Un peu de réflexion, et l'impitoyable logique des dates auraient pu, d'ailleurs, le conduire à reconnaître l'impossibilité absolue que Sébastien Le Clerc ait été le maître de Nocret.

' Allusion aaz portraits de la reine Marie-Thérèse en Minerve, dont plusieurs décoraient les Tuileries et n'ont péri qu'en 1871. ' Archives de l'art français, t. !•% p. 361.

50 SÉBASTIEN LKtX.ERC.

La vërit'é est que ces deux artistes ne se sont connus qu'à Paris, alors que Nocret était membre de l'Académie, dès 1663, c'est-à-dire avant l'arrivée de Le Clerc à Paris, et bien avant que ce dernier ait fait partie de ce corps illustre où il ne fut admis qu'en 1672, l'année même de la mort de Nocret.

Un simple rapprochement de dates aurait suffi pour dissiper l'erreur. Les registres de l'Académie prouvent que Nocret avait cinquante-cinq ans, lorsqu'il est mort en 1672. Il était donc né en 1617, et non en 1612 comme l'indiquent certains biographes. Il avait par conséquent vingt ans de plus que Sébastien, né en 1637. Si Le Clerc a donné des leçons de dessin aux dames de Metz dès l'âge de douze ans, il n'est pas admissible que cet enfant ait enseigné, non la peinture qu'il ne savait pas, mais le dessin à uq homme de trente-deux ans. Outre cette impossibilité morale, il y a une impossibilité physique. Nocret vint à Rome fort jeune, probablement à l'âge de seize ans. Dans tous les ca^, les lettres de Nicolas Poussin le montrent déjà occupé comme peintre en 1643 «(il avait alors vingt-six ans et Le Clerc siSt ou sept). A cette époque, il avait été chargé de faire, pour M. de Chantelou, des copies qu'on lui payait fort cher et dont Poussin surveillait l'exécution.

Si notre Sébastien n'a pu être le maître de Nocret, il est très-possible et même vraisemblable que ce dernier ait reçu , à Nancy, les premières notions de dessin et de peinture d'un autre artiste nommé Jean Le Clerc, qui n'a de commun que le nom avec le graveur messin. Jean Leclerc avait travaillé en

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