‹ sebastien le clercChapitre 31 sur 193 · CHAPITRE n. — 1666- ITO · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — 1666- ITO

ques également assises sur des nuages. — Morceau anonyme.

Hauteur, 202 millim.; largeur, 158 millim.

Dans cette même année 1668, Le Clerc exécuta, pour l'abbé de Brianville, un magnifique fleuron allégorique à la louange de Louis XIV (Jomb., 89). Cet abbé y qui sollicitait sans doute quelque faveur à la cour, avait imaginé de comparer à Jason le jeune conquérant de la Flandre et de la Franche-Comté, et de mettre le monarque français bien au-dessus du conquérant de la Toison d'or.

Si l'idée est de Brianville, l'exécution de la composition appartient à l'artiste de Metz, ainsi que l'atteste sa signature suivie des mots : in et fecit. Le centre de cette eau-forte représente un trophée. On y voit la Toison d'or traversée par une épée gigantesque. Dans le haut, sont des lions et l'arbre du jardin des Hespérides gardé par un dragon ; le tout est surmonté d'une banderole avec cette inscription : ET MAJOR JÂSONE viNDEX. — Le rapport entre Jason et Louis XIV est indiqué au bas de la composition où l'on voit des drapeaux, des enseignes du dixseptième siècle, des canons et une mêlée de soldats au milieu desquels le roi, armé à l'antique, met en fuite ses ennemis. Enfin, sur l'envers d'une peau de bélier, dont on aperçoit la tête et les pieds, se lisent ces six mauvais vers, signés de Brianville :

Des Monstres surveillans tromper la Vigilance, Des Monstres foudroians domter la violance (sic), Aux Enfants de la Terre enleuer la toison^

Et da)is les champs de Mars éterniser sa Gloire; Si ce fut dans la Fable un conte pour Jason^ C'est une vérité pour LOUIS dans V Histoire.

L'abbé de Vallemont (p. 65) trouve qu'il y a beaucoup d'esprit dans ces vers. Il n'est, en vérité, pas difficile.

Cette jolie pièce, dans laquelle la pointe de Le Clerc est égale, sinon supérieure, à tout ce qu'il avait fait jusqu'alors, montre quel était le goût du temps où ces fadaises étaient remarquées presqu'à régal des ouvrages de Molière, de Corneille et de Racine. Il n'est pas impossible que la triste poésie d'Oronce de Brianville n'ait été pour quelque cbose dans l'avancement de la fortune de Le Clerc.

Du reste, cet artiste infatigable avait toujours plusieurs ouvrages sur le cbantier, et il aimait à revenir à ses propres compositions qu'il gravsât avec amour, de préférence aux planches destinées à reproduire les pensées d'autrui. C'est ainsi que, tout en travaillant à la promenade de Saint-Germain, par Louis le Laboureur (J., 91), et au commencement de VHistoire naturelle, dont nous parlerons plus loin, il parvint à terminer les 82 planches de sa petite Géométrie (J., 92) qui eut un succèç prodi* gieux , ainsi que l'atteste l'abbé de Vallemont dans les termes suivants : c Ce fut vers ce temps-là qu'il acheva sa petite Géométrie pratique qu'il avait fort avancée à Metz et qui fut imprimée à Paris en 1668, avec des ornements très -agréables pour lesquels ceux-là même que la géométrie ne touche point

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