CHAPITRE n
Les libraires-éditeurs commençaient à rechercher le talent de Le Clerc pour décorer leurs publications. Déjà, en 1665, au moment de l'arrivée à Paris du graveur messin, Le Petit l'avait employé pour le PsatUierde David, par Dûment (J., 74). De Luynes lui avait fait graver un frontispice pour VHistoire de la guerre des CrothSj en Italie ^ Paris, 1667, in-12 (J., 80); la même année, il avait illustré la Cour d'Amour de Du Perret (J., 82), V abrégé de Cléopdtre (J., 83) et VHistoire des Antilles du père Du Tertre ; en 1668, il gravait deux planches pour le plaidoyer de Girard van Opstal (J., 85). Enfin, en 1660, il produit son premier chef-d'œuvre en ce genre. Ce SQnt quatre pièces gravées pour la Promenade de Sainte Germain, ouvrage dédié à Mademoiselle de Scudéry, par Louis Le Laboureur, Bailly de Montmorency, Paris, de Luynes, 1660, in-12. Cette suite est devenue fort rare. Elle Tétait déjà en 1744, lors de la vente Quentin de Lorangère, à laquelle le cul-de-lampe du Laboureur : Labor et dolor a été payé 24 livres.
C'est à cette époque (1660) que l'abbé de Vallemont et Jombert font remonter les relations de Le Clerc avec Colbert. Le ministre lui fit donner, aux Gobelins, un logement qu'U conserva jusqu'à la fin de sa vie * avec une pension de six cents écus et
* Noos n*afoii8 pu déconTrir la date précise de rentrée de Le dere aoz GobeliiWy mak elle ae place néoenaîrement entre le mois de noveaabre 1687, date de l'édit qai a créé la manufacture, et le 91 novembre 1673, date du mariage de Le Clerc avec la fille dn temtarier en xhef des Gobelins.
qui entraînait pour l'artiste Tobligation de consacrer presqu'exclusivement son talent au service du roi.
Néanmoins, Le Clerc put achever les travaux qu'il avait commencés pour des libraires. C'est ainsi qu'il publia, en cette même année 1669, le premier volume de VHistoire sacrée en tableaux^ qui parut successivement en trois volumes, chez Th. JoUy.
L'auteur de cet ouvrage est le même Oronce de Brianville qui avait eu l'idée du fleuron de Jason. Sa prose valait mieux qne ses vers, aussi son Histoire sacrée eut-elle un immense succès , auquel la richesse, la variété et la perfection des gravures de Sébastien Le Clerc contribua pour beaucoup.
Dans cette suite, qui ne comprend pas moins de 152 planches (J., 93, 94 et 116), notre artiste est arrivé à l'un des points culminants de son talent et désormais il n'en descendra plus. Loin de là, il montera encore, il montera toujours ; et chose remarquable 1 il se maintiendra sur ces sommets jusqu'à la fm de sa carrière, sans jamais s'en écarter, sans qu'aucune défaillance se remarque dans son imagination ou dans sa main. Désormais, il ne produira que des chefs-d'œuvre.
Ârrôtons-nous à celui-ci, qui est le premier en date. C'est, ainsi que nous l'avons dit, VHistoire sacrée en tableaux^ par Oronce de Brianville.
Comme cet ouvrage est inexactement décrit dans le Manuel du libraire de Brunet, et même dans Jombert, nous croyons devoir donner les indications