CHAPITRE
Catalogue des livres d'estampes gravées pour le roi et données au public depuis quelques mois^ avec le prix de ces ouvrages. Au n^* VIII de ce Catalogue on lit ce qui suit : a Le livre des tapisseries des quatre éléments et des quatre saisons, contenant huit grandes pièces et trente-deux devises gravées par Le Clerc : en grand papier, 7 liv. 10 s. ; en petit papier, 6 livres. Les estampes des tapisseries séparées, 10 s. »
Une seconde édition fut publiée en 1679, par Mabre-Cramoisy, et avec différents changements dont Jombert a rendu compte (no 98). Quant à la troisième édition, dont Jombert ne parle pas, elle fut donnée par l'imprimerie royale en 1727, lorsqu'on eut l'idée de réunir et de tirer d'un format uniforme les différentes planches appartenant au roi pour composer la publication connue sous le nom de Cabinet du roi. Les tapisseries (y compris les devises), composent le neuvième volume de cette collection, au nombre de 48 planches. (M. Duplessis, toc. dt.)
On se tromperait donc gravement si l'on considérait comme bonnes les épreuves du Cabinet du roi. Celles de Mabre-Cramoisy sont acceptables, mais les meilleures sont incontestablement celles de l'édition de 1670. Ces planches existent encore à la Chalcographie du Louvre, mais elles ne donnent plus que des épreuves dures, sèches et dépourvues d'effet.
L'année suivante, le père Souhaitty eut recours au talent de Le Clerc pour graver une pièce qui
présente un caractère historique, en ce sens qu'elle fixe, par une date précise, l'époque où le nom de Grand fut donné à Louis XIV. L'honneur de l'invention revient au père Souhaitty dont la flatterie plut au roi qui accepta et garda ce surnom glo^ rieux.
L'idée conçue, Le Clerc fut chargé de la réaliser par une grande médaille allégorique dont la composition lui appartient. « C'est,. dit Jombert (n* 99), une grande estampe carrée, au milieu de laquelle est une médaille au trait, où l'on voit le portrait de Louis XIV, et, sur le revers, la ville de Paris assise tenant une corne d'abondance, ayant pour légende FELICITAS PVBLICA, et, à l'exergue, Lvtetia.
Le tout est entouré de branches de laurier et porté sur un soubassement d'architecture , avec quantité de drapeaux, étendards, boucliers, casques, épées et autres armes. Au haut, deux renommées volantes sonnent de la trompette. On y voit une légende sur laquelle est écrit : LVDoVlCVs MagnVs , au bas : Le Clerc fedt. »
Cette estampe est quelquefois accompagnée d'une planche accessoire où sont gravés huit mauvais vers du père Souhaitty. L'auteur de cette espèce de logogryphe trouve (nous ne savons comment) le nombre 1671, date de la publication de l'estampe, dans les deux mots LudovicM Magnus^ en les écrivant ainsi : LVDoVICVs MagnVs. Cette pensée ne se révèle pas seulement dans les vers français ; elle se complète par leur intitulé rapproché d'une légende latine qui se lit sur un ruban entourant les feuillages, au haut