‹ sebastien le clercChapitre 51 sur 193 · Ce prolongement existe · texte numérisé non relu

Ce prolongement existe

En 4675, Le Clerc grava, pour le président Rossignol , des morceaux que Jombert qualifie dé rarissimes (n<> 114). Cette suite, aussi belle que rare, se compose de sept estampes, en quatre planches, dont chacune est séparée en plusieurs parties. Les sujets de ces ingénieuses allégories ayant été indiqués par Jombert, nous nous dispenserons d'en donner la description qui, d'ailleurs, se retrouve dans la note suivante 4o Mariette,, laquelle se rapporte principa*^ lement au n^ 114-1 de Jombert :

c Quatre pièces énigmatiques par rapport à kt pierre philosophale , à ce qu'on prétend.. La première est partagée également, par une ligne perpendiculaire, en deux sujets, où, dans l'Un, un aigle enlève un enfant dans un berceau ; dans la seconde

iOO SÉBASTIEN LE CLERC.

partie de cette première pièce, l'aigle a déposé Tenfant à terre ; — la seconde pièce représente des montagnes couvertes de neige et un aigle, en Tair, portant un rameau à son bec ; — la troisième représente deux villes situées sur des montagnes et un aigle portant un rameau à son bec ; — la qpiatrième représente une ville assiégée par terre et par mer, et un aigle portant à son bec un rameau \ Il y a encore quelques-uns des mêmes sujets et de la même suite. Cela est très-rare. C'est M. Rossignol, maitre des comptes, qui les a fait graver,- à ce que m'a dit M. Le Clerc, et il n'y a que M. Thuret qui les ait complètes. Ces quatre sujets n'ont aucun rapport avec la pierre philosophale. M. Rossignol, maitre des comptes, si célèbre par sa sagacité et son habileté à déchiffrer, montra ce qui a le plus contribué à sa fortune ; c'était , étant né calviniste , d'avoir eu le bonheur d'être, presque sur-le-champ, élevé dans la reUgion catholique. Il était d'Âlby ; il commença par faire connaître ses talents au siège de Réalmont, ensuite à celui de la Rochelle, au Pas-de-Suse, etc. Il faut iire son Éloge dans le livre de Perrault, et l'on y trouvera l'éclaircissement de ces sujets , ainsi que

* Lèe quatre pièces décrites par Mariette, et qu'il avait probablement sous les yeux, font partie de notre cabinet. Nous ne les tonnaissons nulle part ailleurs. Nous n'avons jamais rencontré les autres. — Jombert possédait seul une suite complète de ces pièces; nous ignorons ce qu'elle est devenue. Le hp Il4-i se compose ^n réalité de quatre sqjets différents qui, bien que gravés sur la même plancbe, ont chacun leur trait carré distinct. Il y a même, en réalité, cinq sujets sur cette planche, puisque la première pièce, bien que représentant un seul paysage, se divise en deux sujets.

CHAPITRK ni. — 1673 - 1682. 101

des vers français qui sont au bas de la planche. Il Be faut pas, du reste, s'étonner s*il parait du mystère dans cette planche ; le métier que faisait M. Rossignol devait nécessairement l'engager à en répandre dans tout ce qui sortait de son cabinet. »

Voici le passage de Perrault auquel renvoie la note de Mariette : c L'esprit vif et pénétrant du président lui fit découvrir ce que les sciences ont de plus caché et de plus curieux; il parvint, par la connaissance exacte de ces sciences, et principalement par la force de son génie, à deviner toutes sortes de chiffres, sans en avoir presque trouvé un seul, pendant toute sa vie, qui lui ait été impénétrable. Ce fut en l'année 1026, et au siège de Réalmont, ville de Languedoc, alors en la puissance des Huguenots, qu'il fit son premier coup d'essai. Elle était assiégée par l'armée du roi que commandait M. le prince de Condé, et elle faisait une telle résistance que ce prince était sur le point de lever le siège, lorsqu'on surprit une lettre des assiégés, écrite en chiffires, où les plus habiles en l'art de déchiffrer ne purent rien com^prendre. Elle fut donnée à M. Rossignol qid la déchiffra sur *- le - champ , et dit que les assiégés mandaient aux Huguenots de Montauban qu'ils manquaient de poudre, et que, s'il n'y était pourvu incessamment, ils se rendraient aux ennemis. Le prince de Condé envoya aux assiégés leur lettre déchifirée , ce qui les obligea de se rendre le jour même, » etc.

Les morceaux gravés pour le président Rossignol

n'ont paâ été mis dans le commerce. Il en conserva les planches dont il n'a été tiré qu'un petit nombre d'épreuves presque toutes détruites. — Il en est autrement des deux charmantes vignettes et des deux lettres grises qui décorent le Recueil de divers ou-^ vrages en prose et en vers dédiés au prince de Conty. Paris, Coignard, 1675, inr4P (J., 115). Une note de Jombert nous apprend que le manuscrit de ce Recueil, dont Ch. Perrault est l'auteur, a été dérobé dans le cabinet, du roi et publié par Le Laboureur. Ce manuscrit a figuré au n^ 1830 de la vente Labcdoyère (Potier, 1862). Il n'a pas été revendiqué par l'État, probablement parce que l'origine n'en était attestée que par la note de Jombert.

Au commencement de 1676, Le Clerc grava une magnifique vignette destinée à décorer les Œuvres de saint Optât, publiées par le libraire Dupuis (J., 119). Cette vignette, aux armes de Colbert, et la grande lettre grise E qui l'accompagne sont un des chefs-d'œuvre de notre artiste.

Nous négligeons quelc|[ues autres vignettes sans importance , appartenant aux années 1675 et 1676 , pour arriver aux planches destinées à orner l'édition des OEuvres de Racine publiées par Barbin en 1676, 2 vol. in-12 (J., 120). Cette édition des œuvres du grand tragique est aujourd'hui très-recherchée, tant à cause des vignettes de Le Clerc et de Chauveau dont elle est décorée , que parce qu'elle est la première où se trouvent réunies les neuf pièces de

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