CHAPITRE I
de Metz^ au haut de laquelle le jeune artiste a fièrement écrit dans une banderole : Sebastianvs le Clerc, designator et sculptor, 1650. Quoique ce ne soit pas tm chef-d'oeuvré, ce ProfU de la ville de Metz (c*est le titre qui se lit en haut de l'estampe), révèle déjà une grande habileté de main et une certaine pratique de l'eau-forte. Il est donc impossible d'ad« mettre que cette pièce soit la première production du jeune graveur. Elle a dû être précédée de plusieurs essais dont les épreuves non datées ne sont probablement pas parvenues jusqu'à nous. Dans tous les cas, il est incontestable que certaines estampes, sans dates, connues et décrites par Jombert , sont antérieures à ce Profil de la ville de Metz qui est très-certainement gravé à l'eau-forte.
Des vers français se lisent au bas du Profil de Metz; ils sont du même, L. Mangin % qui a fait les vers servant d'explications aux figures des deux premières éditions de la première Messe (1657-1661) (J., 52).
Les vers de L. Mangin, quelque mauvais qu'ils soient, pourraient servir à l'éclaircissement des doutes qui naissent à la lecture de la date de 1650 qui est bien celle que porte le Profil de Metz. Malheureusement il n'en est rien, et les doutes les plus sérieux continuent à subsister sur la véracité de cette date de 1650.
On vient de voir que la pièce où cette date est
* Le Gatalosue de Jombert écrit L. Manatn poar le Profil, et L, Mangin pour ]a Meste.
inscrite n'est pas la première que Le Clerc ait gravée. Cela est certain, et Jombert a eu tort de dire le contraire. Mais en résulte-t-il que Sébastien ait gravé à l'eau -forte avant 1650? Cela est douteux. — Cette date de 1650, gravée sur la banderole du Profii de MetZy est -elle bien celle de la gravure, et ne doiton pas lui assigner une époque plus récente ?
Nous inclinons à croire que cette dernière question doit être résolue afiirraativement. Sans doute, suivant une tradition messine dont il va être parlé, Sébastien aurait manié le burin dès Tàge de sept ans, et, à douze ans, il donnait des leçons de dessin aux dames de Metz. Mais il y a loin entre la production d*informes essais de gravure au burin et Texécution d'une assez grande planche à Teau-forte qui exige une sûreté de main et une pratique presqu'incroyables chez un enfant de treize ans. Qu'à cet âge Le Clerc ait dessiné le Profil de Metz y nous l'admettons volontiers ; mais on voudra bien nous accorder aussi que, au point de vue de la composition et de l'exécution, il existe une différence très-grande, d'une part, entre les Armes (J., n<^ 21) et la Robe de N. S. (J., n9 20) qui porte la date de 1655, et, d'autre part, le Profil de Metz daté de 1650. Il nous parait impossible que le graveur qui exécutait la Rohe de 1655, planche des plus médiocres, ait pu produire, cinq années auparavant, le Profil de Metz. Entre ces deux époques, les seules pièces qui soient datées portent le millésime de 1654 ; ce sont le$ quatre écrans ronds (J.,5)et les Heures à la cavalière (J.,7). Or, ces pièces se rapprochent beaucoup de la Robe de N. S.