CHAPITRE I. — 1650- lees
s'est inspiré tout à la fois de Callot et de La Belle. Uimitatioû de la manière de ce dernier est sensible dans les pièces portant les n^ 9, 10 et 11. Sans atteindre le moelleax que le graveur florentin savait donner à sa pointe , Le Clerc fait pressentir, dans cette suite, qu'il deviendra plus tard un merveilleux artiste. Déjà Ton peut remarquer, outre l'habileté à manier l'outil, la science de la composition unie à la richesse de l'architecture. Il est évident que Le Clerc avait mis à profit les leçons de perspective qui lui avaient été données par un chanoine de Metz, dont l'abbé de Vallemont ne nous a pas fait connaître le nom. Mais ce qu'on n'a pu lui apprendre, ce qu'il a évidemment tiré de son propre fonds, c'est l'exécution si soignée de cette jolie suite '.
Parmi les pièces de cette époque, il faut citer les deux vases de fleurs et le dos de livre^ le tout gravé
sur la même planche (J., 44). Ces gravures sont des.
' Nous avertissons, une fois pour toutes, que la vérité de nos appréciations ne peut être sentie que si l'on a sous les yeux d'excellentes épreuves, surtout pour la période messine de la vie d'artiste de Le Clerc. Celles qui proviennent de planches usées sont d'une sécheresse désespé^rante ; celles qui sont mal encrées ou boueuses ne donnent pas une meilleure idée de ces charmantes productions.
Florent le Comte avait, depuis longtemps, reconnu cette vérité : « U est bien vrai, dit-il, que, dans le choix d'une estampe, le grand curieux qui veut avoir du plus beau, sans se soucier du prix, ne saurait être trop difficile dans la recherche des belles épreuves, des véritables originaux et de la belle impression ; il y a de la dif* férenee, du tout au tout, dans une même pièce, suivant qu'elle est conditionnée. » (Cabinet des singularités, t. I, page 160, Paris, 1689, in-ld.)
dessins de fers à dorer pour la couveKure d'an livre. Il n'est pas à notre connaissance qu'aucun fer à dorer ait été exécuté sur ces dessins. — Le Clerc grava aussi, vers la même époque, des planches dont les épreuves étaient destinées à être collées sur les gardes des livres des grandes bibliothèques. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui des ex libris. Nous avons vu notamment celui qu'il a gravé, en 1655, pour la bibliothèque de Nicolas Martigny, archidiacre de Marsal. Cet ex libriSy d'assez forte dimension, n'a pu servir que pour les livres de format in-folio ou in-4<^. Il est décrit par Jombert ainsi que plusieurs autres pour les formats in-4A, in^ et in-12. Voy. aussi J., n<> 65, 1 à 7 et n» 77.
Citons encore deux petites vues des environs de Metz (J., 45), dont l'une représente les arches de l'aqueduc de Jouy.
Indiquons ici qu'il existe deux états, dont le premier n'a pas été décrit, de deux jolies pièces sans date: Saint Maur (J.jn<^\7) et Saint Placide {J.jn<> il). Malgré l'opinion contraire de Jombert, nous croyons que ces deux planches sdht contemporaines l'une de l'autre et que la date de leur exécution peut être celle des Mathurins et de la Première Messe. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'il existe, de chacune de ces pièces, deux états caractérisés ainsi qu'il suit :
Saint Maur :
I^ État. — Sur la terrasse à droite, on voit seulement le C de la signature de Le Clerc.