‹ Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 12 sur 197 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

se fût pas accommodé avec ceux qui étaient chargés de ce soin, soit que ceux-ci ne fussent pas contents du travail de Le Clerc, la planche resta entre ses mains. On la fit recommencer sur le même dessin par Perelle, et ce fut cette planche qui fut agréée et portée en Suéde.

» La planche de Perelle n'est donc pas une copie. Il s'en faut bien que celle de Le Clerc soit de ses belles choses ; à tout prendre, elle me parait cependant préférable à celle de Perelle ;. car, quoique celle-ci soit plus proprement gravée, l'autre est moins maniérée ; Perelle n'ayant pu s'empêcher de remettre les fabriques, les terrasses et les ornements dans sa manière. A cela près, tout est entièrement conforme. L'idée et la disposition générale du peu de figures qui sont sur le devant est presque la même.

» Il est pourtant vrai que Perelle a beaucoup alourdi et grossi toutes les parties du dessin^ suivant sa coutume. Quoi qu'il en soit, il est certain que la planche en question resta à M. Le Clerc , et que, ne sachant qu'en faire, elle servit pendant longtemps à ramasser les ordures qu'on balayait dans son cabinet. Enfin le sujet de V Apothéose d'Isis s'étant présenté à graver, il fit repolir cette planche pour y graver ce beau sujet (J. , 236), c'est ce qui fait que les épreuves de cette vue sont si rares, et que les deux qu'on connaît à Paris, chez M. d'Ozenbray (l'œuvre qu'a M. d'Ozenbray vient de chez M. Thuret, il le lui a vendu 1,800 livres), et chez M. d'Argenville , peuvent passer pour uni-

ques*. La planche, avec le blanc qui est autour, a 8 p. de long sur 12 p. 10 lignes de travers. Ce qui est gravé dans la bordure a 7 p. 9 1. , 12 p. 6 lignes de travers, i^

Cette rectification faite, nous revenons aux tra- |

vaux réellement exécutés à Metz en 1654, et pen- !

dant les années suivantes. i

Toutes les planches de cette époque ont été tirées à Metz, jusqu'en 1665, par l'éditeur Claude Bouchard, ami du père de notre artiste. Les épreuves en sont extrêmement rares, et Ton peut constater, par celles qui sont venues jusqu'à nous, que ces tirages n'ont pas été également soignés. Lorsque le tirage est bon, sans empâtement ou sans sécheresse, les épreuves sont très-remarquables, et l'on s'étonne à bon droit qu'un jeune homme de dix-sept ou dixhuit ans, au plus, ait pu produire un ouvrage aussi distingué que la suite de TàbleaiLX de Vinstitution des Mathurins (Jombert, n^ 18).

Cette suite de onze pièces, dont l'invention et l'exécution appartiennent à Le Clerc, eut un succès prodigieux attesté par l'usure des planches. Néanmoins les épreuves en sont extrêmement rares. L'exemplaire du cabinet des estampes à Paris, laisse à^désirer. Celui de Vienne, au contraire, est d'une incomparable beauté. Les épreuves que nous avons sous les yeux, fort belles aussi, montrent que l'artiste

«L'épreuve de d'Argenville est i. Vienne; une autre (peut-être celle de Tburet) fait partie de la riche coliection de M, le Président de Baudicour.

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