‹ Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 181 sur 197 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

qui représente le Chaos, les planches de ce livre sont, en général, peu dignes de leur auteur ; tel est aussi l'avis de Jombert, t. II, p. 242*

Un peu avant cette publication, et dans cette même année 1706, Le Clerc fut nommé chevalier romain par le nonce Monseigneur le cardinal Gualterio, qui avait regu du Pape le pouvoir de conférer cette dignité (Vallemont, p. 480).

En 4701, Pierre Emery, libraire à Paris, publia une nouvelle édition du Traité des manières de graver à ïeau^forte, par A. Bosse. — Ce traité est augmenté de la Nouvelle manière dont se sert M. Le Clerc, graveur du Roi. Le développement du procédé employé par Le Clerc se trouve à la page 34 de ce petit in-S», En regard de cette page se trouve une figure représentant un graveur donnant Teauforte à une planche, d'après les procédés de Le Clerc. Cette gravure est signée : Ertinger f.

Le biographe de Le Clerc nous a conservé un détail de son intérieur : <k D était affable et très-accueillant ; son cabinet, où il s'est représenté dans une estampe non terminée (J., 340), était garni d'une multitude d'iïistruments de mathématiques etde physique qu'il a représentés dans son Académie des sciences.

» Lorsqu^il s'y trouvait seul, il se faisait ordinairement lire, tout en gravant, des livres sérieux par une de ses filles. Il expliquait à la lectrice les endroits qui pouvaient lui paraître obscurs.... C'est ainsi, dit l'abbé de Vallemont, qu'il leur a formé un très-bon esprit et qu'elles ont même fort orné, et qu'il rendait son travail utile et chrétien, s^occupant en même

temps des choses de sa profession et des devoirs de sa religion » (p. 182).

Sa vue avait été fort affaiblie trois ans avant sa mort; elle lui revint cependant, car c'est après cet accident qu'il produisit les quatre jolies planches de Psyché qui paraissent plutôt l'ouvrage d'un jeune homme que celui d'un vieillard.

Le Clerc avait perdu, dès 1690, son protecteur et son ami, l'illustre Le Brun, le dernier des trois grands peintres du siècle de Louis XIV. On a quelquefois dit de Le Clerc qu'il faisait du Le Brun en petit. Loin d'être une critique, cette appréciation est un éloge. Le Brun est trop peu apprécié de nos jours, parce qu'il n'était pas un grand coloriste. On oublie qu'il était un compositeur admirable auquel il a manqué peut^tre le feu du génie, mais qui, au dire d'un critique très-compétent (M. Ch. Blanc), vient immédiatement, dans le grand siècle, après Le Sueur et Poussin^

Nous avons déjà fait remarquer Tétoimante fécondité de Le Clerc. Callot seul, s'il avait vécu aussi longtemps que Le Clerc, aurait, été capable de produire autant que lui. Ces deux artistes avaient du reste quelque conformité de talent. Callot avait plus de fougue, plus d'entrain, était plus primesautierque Le Clerc. Ce dernier était plus sage, plus réglé. Ces qualités, il les avait empruntées au temps dans lequel il vivait. On a dit de lui avec vérité que c'était CsJlot

* c Exalté pendant sa vie, déprécié après sa mort, CSharles Le Brun est un de nos trois plus grands artistes... n est, sous le rapport de la composition, un des plus habiles peintres du monde.» (M. Gh» Blanc. École fjrançaise, Gh. Le Brun, p. 15.)

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