CHAPITRE VI. — 1708 - 1714. SJ
Nous renvoyons à la description de Jombert pour les pièces gravées en 1712, 1713 et 1714, à laquelle nous n'avons rien à ajouter, et nous terminons ici notre travail sur les planches gravées par Sébastien Le Clerc.
Pour ne pas interrompre la nomenclature chronologique des travaux de Le Clerc dont nous avions à parler, nous avons négligé quelques détails de la vie de notre artiste.
Depuis son mariage et son installation aux Gobelins, son existence fut peu accidentée. Constamment livré à ses occupations diverses, il les variait sans cesse. Lorsqu'il cessait de dessiner ou de graver, c'était pour s'occuper de travaux de géométrie, ou bien sur le point de vue et enfin sur l'architecture.
Ces différents travaux, très -estimables pour le temps où ils ont paru, quoique peu consultés aujourd'hui, témoignent de la variété des connaissances de leur auteur.
Le Clerc avait d'ailleurs compris que le dessin et la gravure étaient plus particulièrement dans la nature de son talent. Aussi ne cessa-t-U jamais de s'y appliquer.
Il y trouvait tout à la fois honneur et profit. Après avoir rompu le traité qui l'attachait exclusivement à la gravure des ouvrages commandés par le roi,, il travailla tantôt pour les libraires, tantôt pour les particuliers, tantôt pour son propre compte.
Plusieurs de ses planches portent son adresse aux Gobelins, d*autres celle d'Âudran, d'autres enfin celle de son gendre Etienne Jeaurat qui^ après la mort de son beau-père, réunit une grande partie de ces planches et en débita des épreuves.
Quoique logé aux Gobelins et pourvu en 1690, après la mort de Cl. Mellan, du titre de dessinateur et graveur du Cabinet du roi, titre auquel était attachée une pension de quatre cents livres, Le Clerc avait conservé son indépendance. Son titre était purement honorifique et sa pension ne représentait pas, à beaucoup près, la valeur des travaux commandés par le roi qui, de 1690 jusqu'à sa mort, lui furent payés à part.
Nous avons dit que Le Clerc était entré à TÂcadémie dès le 6 août 1672. Il ne figure pas sur la liste des dignitaires de cette compagnie, quoique bien des artistes, moins célèbres que lui, y aient trouvé place ;. mais l'abbé de Vallemont nous apprend que, peu après 1090, il fut nommé « pour être un des quatre professeurs qui posent le modèle aux Gobelins > (p. 178).
L'un des ouvrages les moins connus de Le Clerc est son nouveau système du Monde, conforme à l'Écriture sainte, où les faits sont expliqués sans excentricité de mouvements, avec 61 planches. Paris, 1706. Il a paru, en 1708, une seconde édition augmentée.
Malgré les éloges que l'abbé de Vallemont donne à ce travail de Le Clerc (p. 179), nous devons dire que le système imaginé par lui n'a pas reçu la consécration de la science. A l'exception de la jolie vignette