‹ Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 23 sur 197 · CHAPITRE I. — 1650 -iea · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. — 1650 -iea

f M. de la Ferté, ayant une furieuse avidité pour les richesses, n^oublia, pendant près de vingt ans que dura son gouvernement (en Lorraine), ni invention de contributions, ni rigueur pour épuiser le plus pur sang, non-seulement du pauvre peuple, mais de ceux qui pouvaient en avoir de reste dans les veines, c'està-dire des nobles qui n'étaient pas encore réduits à la misère comme le peuple. »

En présence de ces révélations de l'avarice du maréchal de la Ferté, est-il téméraire de supposer que s'il aimait beaucoup à recevoir, il aimait moins à récompenser les services de ceux qu'il employait ! Il est donc tout à fait vraisemblable que Sébastien Le Clerc tenait peu à travailler pour un semblable personnage , et qu'il abandonna sans regret une position où il ne trouvait ni honneur, ni profit.

Lorsque Sébastien Le Clerc, mécontent du maréchal de la Ferté, quitta Metz à l'âge de vingt-huit ans, il avait déjà acquis, par son travail, une certaine aisance. Les idées d'ordre et d'économie, qu'il conserva toute sa vie, étaient pour ainsi dire innées chez lui, et il les pratiqua dès son jeune âge. La preuve de ce fait nous a été récemment révélée par M. J. J. Guiffrey, auquel on doit la publication , dans les Nouvelles archives de Vart français (1872, p. 317), du partage des biens de l'illustre graveur qui eut lieu, entre ses enfants, après le décès de leur mère, en juillet 1736. Au nombre de ces biens se trouve une maison située à Metz, acquise, selon toute probabilité, peu d'années avant 1665, époque du départ de Sébastien Le Clerc

pour Paris. Cette maison n'était pas bien considérable, et elle dut être payée, au moins en partie, avec les économies du jeune artiste dont le père vivait encore.

Le prix d'acquisition n'est pas connu ; mais nous savons, par le partage de 1736, qu'elle était louée 90 livres et que, depuis, eUa a été revendue par la veuve de Sébastien Le Clerc moyennant 2000 livres, ce qui équivaut à plus de 6000 francs d'aujourd'hui. Il serait intéressant de retrouver à Metz, sinon cette petite maison, du moins son emplacement; mais le fil conducteur de cette recherche fait absolument défaut.

En terminant le récit de la période entièrement messine de la vie de Sébastien Le Clerc, nous devons rectifier une erreur échappée àdomPierron, et reproduite par plusieurs biographes.

On lit à la page 143 du Templum metensibus sacrum, à la suite des vers consacrés à Le Clerc : .

Tanti clara viri documenta secutus, et ipse Naucretius laudemque sihi nomenque paravit.

Ut hlandos vivosque adhihet, miscetque colores ! Ut cunctos animi sensus, atque cemula vivis Eocprimit ora ! fere egregiis natura tàbellis Invidet; et celehri quantum olim Cypris Apelle; Tantum Naucretio Pallas nunc picta superhit.

Ce que l'auteur lui-même traduit, ainsi, pour la commodité du lecteur, brouillé avec le latin : « Naucret fut le disciple de ce grand' maître (Séb. Le Clerc). Fidèle à suivre ses leçons, il se fit la repu-

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