‹ Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 29 sur 197 · CHAPITRE n. — lees-iTO · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. — lees-iTO

aussi un compositeur à imagination féconde , dessinant à merveille, et sa protection fut acquise au jeune artiste qui, dès ce moment, renonça complètement au génie militaire pour se livrer exclusivement à la gravure à Feau-forte.

Les premières planches publiées, après l'arrivée de Sébastien Le Clerc à Paris, sont tellement semblables à celles qu'il avait exécutées à Metz, qu'on pourrait supposer qu'elles avaient été commencées dans cette ville. Cette supposition est fondée quant à la suite gravée pour Brioys (Jomb., n9 75), qui fut certainement exécutée et publiée à Metz en 1666 '. Il est également certain qu'un grand nombre de planches de la petite Géométrie, publiée seulement en 1669 (Jomb., 92), ont été commencées à Metz. Tous ces ouvrages présentent la plus grande analogie avec ceux qui datent des premières années de la vie parisienne de notre artiste, comme par exemple : Le roi David pour le Psautier de Dumont (Jomb. , 74) ; les Gonds de pierre (79) ; la Chapelle de Sainte-Catherine à Stockholm, improprement appelée le tombeau du roi de Portugal (J., 6), voyez ce que nous avons dit supra, chapitre 1«' ; Trois estampes d'armes et de chiffres (81) ; sept pièces pour la Cour d'amour de du Perret (J., 82) ; douze autres pour V Abrégé du roman de Cléopdtre (J., 83), etc. Ce ne fut qu'en 1668 qife Le Clerc commença à modifier sa manière en

• Malgré la date de 1066 qui se lit sur le livre de Brioys, il est certain que les planches de Le Clerc qui s'y trouvent ont été exécutées avant 1665 à Metz et non à Paris.

gravant la grande «et belle estampe pour les Chevaliers de V Arquebuse de Nantes (Jomb., 86).

L'extrême rareté de cette pièce rend difficile la vérification du diangement que nous signalons et qui est tout à l'avantage de l'artiste. Cette rareté est due au tirage excessif de la planche dont les épreuves étaient distribuées, tous les ans, aux Chevaliers de l'Arquebuse et par conséquent perdues. Ajoutez que cette belle composition ayant été gravée sur un cuivre mou, la planche, promptement ruinée, ne fournissait plus que des épreuves tellement faibles qu'on l'abandonna. Quand elle fut retrouvée, beaucoup plus tard, elle eut encore à subir les maladroites retouches d'un ignorant nommé Carreau. En cet état, quoiqu'elle ne donne plus que la composition, on en recherche encore les très-rares épreuves portant la date presqu'efîacée de 1708.

Ce travail était, jusqu'alors, le seul qui n'eût pas été exécuté pour le compte des libraires parisiens. C'était eux, en effet, qui faisaient gagner à Le Clerc le pain de chaque jour, et ses charmantes estampes ne contribuaient pas peu au débit de leur marchandise.

Ce fut encore un éditeur, mais qui était en même temps un artiste, le miniaturiste Baiily % qui vint commander à Le Clerc un ouvrage très-important.

' Jacques Baiily, de Gracey en Berry, peintre en miniature, membre de l'Académie de peinture, mort le S septembre iÔTO, âgé de BO ans. (Liste des membres de l'Académie, par Reynës, publiée par M. Duplessis, p. 15.)

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