CHAPITRE III
des vers français qui sont au bas de la planche. Il ne faut pas, du reste, s'étonner s'il parsdt du mystère dans cette planche ; le métier que faisait M. Rossignol devait nécessairement l'engager à en répandre dans tout ce qui sortait de son cabinet. »
Voici le passage de Perrault auquel renvoie la note de Mariette : « L'esprit vif et pénétrant du président lui fit découvrir ce que les sciences ont de plus caché et de plus curieux; il parvint, par la connaissance exacte de ces sciences, et principalement par la force de son génie, à deviner toutes sortes de chiffres, sans en avoir presque trouvé un seul, pendant toute sa vie, qui lui ait été impénétrable. Ce fut en l'année 1626, et au siège de Réalmont, ville de Languedoc, alors en la puissance des Huguenots, qu'il fit son premier coup d'essai. Elle était assiégée par l'armée du roi que commandait M. le prince de Condé , et elle faisait une telle résistance que ce prince était sûr le point de lever le siège, lorsqu'on surprit une lettre des assiégés, écrite en chiffres, où les plus habiles en l'art de déchi&er ne purent rien com* prendre. Elle fut donnée à M. Rossignol qui la déchiffra sur-le-champ, et dit que les assiégés mandaient aux Huguenots de Montauban qu'ils manquaient de poudre, et que, s'il n'y était pourvu incessamment, ils se rendraient aux ennemis. Le prince de Condé envoya aux assiégés leur lettre déchiffrée, ce qui les obligea de se rendre le jour même, ]» etc.
Les morceaux gravés pour le président Rossignol
n'ont pas été mis dans le commerce. Il en conserva les planches dont il n'a été tiré qu'un petit nombre d'épreuves presque toutes détruites. — * Il en est au-trement des deux charmantes vignettes et des deux lettres grises qui décorent le Recueil de divers ouvrages en prose et en vers dédiés au prince de Conty. Paris, Coignard, 1675, in-4^ (J., 115). Une note de Jombert nous apprend que le manuscrit de ce Recueil, dont Ch. Perrault est l'auteur, a été dérobé dans le cabinet du roi et publié par Le Laboureur. Ce manuscrit a figuré au n^ 1830 de la vente Labcdoyère (Potier, 1862). Il n'a pas été revendiqué par l'État, probablement parce que l'origine n'en était attestée que par la note de Jombert.
Au commencement de 1676, Le Clerc grava une magnifique vignette destinée à décorer les Œuvres de saint Optât, publiées par le libraire Dupuis (J., 119). Cette vignette, aux armes de Colbert, et la grande lettre grise £ qui l'accompagne sont un des chefs-d'œuvre de notre artiste.
Nous négligeons quelques autres vignettes sans importance , appartenant aux années 1675 et 1676 , pour arriver aux planches destinées à orner l'édition des OEuvres de Racine publiées par Barbin en 1676, 2 vol. in*12 (J., 120). Cette édition des œuvres du grand tragique est aujourd'hui très-recherchée, tant à cause des vignettes de Le Clerc et de Chauveau dont elle est décorée , que parce qu'elle est la première où se trouvent réunies les neuf pièces de