‹ Sébastien Le Clerc et son œuvreChapitre 59 sur 197 · CHAPITRE JII. — ira · texte numérisé non relu

CHAPITRE JII. — ira

L'année 1679 s'ouvre par la publication de la bataille de Cassel (J., 445). C'est la plus grande planche que Le Clerc ait gravée. Il en existe des épreuves avant la lettre. Vient ensuite l'Arc de triomphe de la porte Saint- Antoine (J., 146). En décrivant cette estampe, Jombert relève avec raison plusieurs erreurs de l'abbé de Vallemont : « En général, dit-il, oa ne peut rien- établir de certain sur ce qu'il avance dans son livre, tant sur les dates que sur le nombre des estampes qui doivent composer chaque suite. »

Il est certain, en effet, que cette estampe, dont il existe des épreuves avant la lettre, est datée de 1679, à la suite du nom du maître , et non de 1676, comme l'indique l'abbé de Vallemont. — Cependant une estampe représentant le même sujet a figuré à l'exposition de 1673.

Le monument que cette estampe représente est resté à l'état de projet, bien qu'un modèle en grand ait été construit à l'extrémité du faubourg Saint- Antoine, où l'abbé de Vallemont l'a vu. I^es dix colonnes corintiiiennes, qui devaient soutenir l'entablement, auraient pu offidr un spécimen du nouvel ordre français, inventé par Le Brun, sur lequel Guillet de Saint-Georges donne des détails dans les Mémoires sur les membres de V Académie de peinture, publiés par MM. Dussieux et de Chennevières , etc. , t. P^, p. 33. Malgré les encouragements donnés à cette innovation par Louis XIV et Colbert, elle fut abandonnée.

a Peut-être, dit M. M.-J. Dumesnil (Hist. desplu^s

célèbres amateurs^ tome II, p. 262), l'arc de triomphe que Cl. Perrault avait commencé à la porte Saint- Antoine, aurait-il donné une idée avantageuse de l'innovation soutenue par le surintendant des bâtiments. On sait que cet arc, commencé en 1670, ne fut élevé qu'en plâtre (et bois) et détruit quelques années plus tard. Sébastien Le Clerc en a conservé la représentation par la gravure. Ce monument devait avoir des proportions colossales : 150 pieds de haut sur 146 de large. Les faces étaient ouvertes par trois portes décorées de dix colonnes corinthiennesy ou de nouvel ordre français, car la gravure de Le Clerc ne peut faire discerner lequel des deux on voulait employer... Cet arc se terminait par une pyramide : deux renommées , portant l'écusson de France surmonté de deux lions rampants de chaque côté de la statue équestre de Louis XIV qui était placée au sommet du monument. Cette disposition, contraire à celle en usage dans l'antiquité pour les arcs de triomphe, qui se terminent presque toujours par une surface plane, ne devait pas produire un heureux effet à en juger par la gravure. »

On trouve des détails sur l'ordre français dans le supplément au Traité d'architecture de Ije Clerc (L, 313-188 et suiv., t. Il, p. 285), et aussi dans l'abbé de Vallemont, Éloge de Le Clerc, p. 196.

Nous arrivons à une des plus ravissantes compo^ sitions de Le Clerc, la vignette de saint Augtistin prêchant j qui se trouve au cinquième volume des œuvres de ce Père de l'Église, publiées chez Mu-

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