‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 187 sur 521 · Ann. LUI., 1774, lu · texte numérisé non relu

Ann. LUI., 1774, lu

qui font rouler les destinées d'un vaste empire '. » Et quand il s'agit de substituer aux fadeurs de Racine les vrais accents du cœur, voici encore ce que Mercier imagine. Sophronie apprenant avec un transport de joie qu'Olinde est chrétien, son amant lui répond : « S'il ne l'était pas, un seul de tes regards aurait porté dans son cœur les vertus de ton âme'. » En définitive, cette pièce est un faux drame, elle est une vraie tragédie et une mauvaise tragédie.

L'intention de Clnldpric P'' nous apparaît toute louable et belle. Ainsi qu'il le déclare, l'auteur s'y était proposé de « peindre sous ses véritables traits une nation brillante, guerrière, généreuse, brave, fidèle à ses rois, ayant le besoin de les aimer, oubliant l'adversité et plus sensible aux bienfaits qu'à l'offense : nation aimable et facile qu'on calme d'un sourire, qu'on conduit en jouant, en qui les sentiments d'honneur, de courage et de dévouement héroïque sont comme innés et qui, pour tout dire en un mot, mérite la tendresse de ses maîtres et le bonheur. » Il avait entrepris de louer le caractère national des Francs ou des Français, « caractère antique et précieux qui subsiste encore aujourd'hui, perfectionné par le sentiment, éclairé de l'honneur, et contre lequel les forces assemblées de l'Europe se sont brisées tant de fois'. » On ne pouvait rêver meilleure occasion pour une si heureuse pensée. C'était l'année de l'avènement de Louis XYI, année d'amour et d'enthousiasme qui devait coûter cher au malheureux prince, car il porta la peine de tout ce que, dans l'élan de ces premières ivresses, on avait présumé de lui. Quoi de plus doux au cœur d'un philosophe que de célébrer dans de tels jours le pacte immémorial de la nation et de la royauté, de manière à enve-

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