‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 186 sur 521 · A. I, se. VI. A. 111, se. II · texte numérisé non relu

A. I, se. VI. A. 111, se. II

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marchaïKlise qui lui l'ut enlevée (mi moins de huit jours

M. Mercier s'est trouvé l'homme du jour pendant près d'une semaine. Hélas! ajoute le même critique, il a composé son drame à l'ordinaire, dans la pauvreté de son esprit et l'innocence de son cœur*. » Mais l'autorité refusait de croire à une coïncidence et il fut question de poursuites. Heureusement Crébillon fils s'interposa et prit tout sur lui. n avait approuvé Olinde et Sophronie, en qualité de censeur, et la fermeté qu'il déploya en cette occasion ne fut pas son moindre titre à la reconnaissante amitié de Mercier*. La mésaventure, au reste, pouvait passer pour commune. C'était le sort — ou souvent même le dessein — de mainte tragédie que de procurer au parterre, sous le couvert de quelque innocente invention, le plaisir raffiné des applaudissements défendus. Aussi bien, je le répète, n'est-ce point le ton de ses discours, non plus que les caractères de sa composition, qui permet de reconnaître en ce malencontreux Olinde un mérite quelconque de nouveauté raisonnée. Dès longtemps, la tragédie à tirades philosophiques lui avait pu servir de modèle.

H reste que l'innovation — si le mot convient à la reprise d'une vieille tentative — soit dans l'emploi de la prose. Mais là-dessus encore les détracteurs eurent beau jeu. Le vers^ leur avait- on dit, fait trop de violence au naturel de l'expression : il faut user du commun langage. Or l'événement montra que le naturel n'y gagnait rien. « M. Mercier, observa Fréron, a voulu conserver la pompe de la diction de Melpomène, il en est résulté un galimatias poétique qui ne ressemble ni à des vers, ni à de la prose. On voit un homme qui se hausse péniblement sur la pointe des pieds et qui enfle ses deux joues à chaque mot qu'il profère'. » Ni en fait de style majestueux, ni en fait de style amoureux, notre auteur, on le sait, ne passait grand'chose au cérémonial de la tragédie, mais voici, pour sa part, comment il entendait le premier : « Mon sceptre, en frappant les chrétiens, ne s'estil pas quelquefois appesanti sur l'innocence et sur la vertu? » A quoi Ismen répond : « La majesté souveraine absorbe ces légères taches, inévitables dans les rapides mouvements

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