‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 194 sur 521 · Corr. lit t., x · texte numérisé non relu

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philosoplie. « De tels ouvrages, déclarait-il, seraient plus prolitables au peuple que toutes les fanfaronnades espagnoles des !l(jmains de Corneille et tout le ramage harmonieux et français des Grecs de Racine, quoique (ajoutait-il eu manière de correctif] l'auteur de Jean llcnniujer ne soit pas un homme à comparer à Pierre Corneille ou à Jean Racine *. »

Mercier n'a rien fait d'aussi émouvant que les deux premiers actes de ce drame. 11 en a disposé avec un singulier bonheur le cadre et les circonstances. Nous sommes chez des protestants de Lisieux honorables et prospères, les Arseune. Le chef de la famille, un vieillard, est seul avec sa bru, Laure. De grandes fêtes viennent d'être célébrées à Paris en l'honneur de l'union du roi de Navarre, le futur Henri IV, avec Marguerite de Valois, sœur de Charles IX; et Laure a fait le voyage en compagnie de son mari pour prendre sa part des réjouissances qui promettent désormais aux catholiques et aux réformés tout un avenir de paix. Mais le jeune Arsenne, retenu à Paris par quelques affaires, a fait prendre les devants à sa femme qui est rentrée à Lisieux, accompagnée de son frère Evrard. Laure l'attend et s'inquiète, malgré toutes les paroles rassurantes que son beau-père lui prodigue. Cependant des bruits sourds commencent à courir. Un voisin entre, la mine soucieuse, pour s'informer de l'absent. Evrard, qui est allé au devant de lui, ne le ramène pas encore et déguise mal son émotion. La jeune femme, toute frémissante, leur tire de force des aveux. « On parle d'une trahison abominable... On dit que cette paix si sacrée sur laquelle nos frères se sont endormis vient d'être horriblement violée. On parle de surprises nocturnes, de violences, d'assassinats. Selon les uns, nos frères ont été égorgés dans leurs lits; selon les autres, on a embrasé leurs maisons. L'Amiral même, dit-on, a été massacré dans son hôtel et par Tordre du roi *. »

Fort de sa confiante loyauté, le vieil Arsenne se récrie: on a sitôt fait de propager de faux avis ! Comment croire à cette invention monstrueuse? « Un roi de vingt-deux ans n'embrasse pas ses sujets, ne les invite pas à des fêtes pu-

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