‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 245 sur 521 · Journ. des Dames, septembre 1775, p · texte numérisé non relu

Journ. des Dames, septembre 1775, p

2. T. de P., IX, 100. En un autre eudroit, il la qualifiera de « comédie empoisonnée. » Ihid., xii, 56.

Etant l'homme que nous connaissons, comment, en effet, ne l'aurait-il pas jugée odieusement cynique? Mais comment ne pas admettre aussi que le ressentiment renforçait le mépris? Le négociateur, aux yeux de Mercier, avait fait grand tort à l'auteur. 11 l'accusait d'avoir signé, au préj udice de ses confrères, sa paix particulière avec les comédiens *. Il avait tort sans doute. Pourtant, plus qu'un autre, on doit l'excuser d'avoir traité avec quelque aigreur l'œuvre du bureau de Législation dramatique et de s'être mépris au zèle de Chrysologue-Figaro . Car, dans l'accommodement qui intervint, et quoi qu'il valût au reste, lui, Mercier, fut précisément un des seuls à n'avoir rien gagné.

Objet d'une haine particulière, nous le voyons exclu des conditions de paix\ 11 y avait quelques mois à peine que Beaumarchais et ses confédérés tenaient séance lorsqu'une bonne âme intervint en sa faveur (janvier 1778). Rochon de Chabannes émit l'avis que le bureau employât ses bons offices auprès des gentilshommes de la Chambre pour faire rendre à Mercier ses entrées ^ On se rangea à sa proposition, sans parvenir toutefois à désarmer les comédiens. Plus de deux ans après, le même Rochon, des plus rebelles, nous l'avons vu, à l'influence de Beaumarchais, rompit bruyammentavec le conciliabule, alléguant» qu'on ne s'occupait que d'objets vils, d'un intérêt sordide, lorsqu'on laissait en arrière ceux, plus essentiels, intéressant la dignité des auteurs, tels que l'expulsion honteuse de M. Mercier par les comédiens * » (mai 1780). Ceux-ci étaient si peu disposés à faire quartier, que, dans le règlement même du 18 mai 1781, destiné à prévenir de nouvelles contestations entre la Comédie et les gens de lettres, un article spécial prévit, comme un cas de retrait d'entrées, les insultes qu'un auteur aurait adressées aux comédiens dans ses écrits.

Mercier, semble-t-il, prit mal son parti d'une rupture si

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