‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 361 sur 521 · X, 108 ; II, 210 : i, 295 ; vi, 194, d · texte numérisé non relu

X, 108 ; II, 210 : i, 295 ; vi, 194, d

2. viir, 165. Un autre moraliste du temps, bien différent de Mercier à tous égards, Sénac de Meiliian, porte le même jugement sur l'aversion instinctive de la bonne compagnie pour Toinginalité. « Ne cherchez pas le génie, dit-il, l'esprit, un caractère marqué dans ce qu'on appelle la bonne compagnie. Ceux qui possèdent ces avantages et ces qualités y seraient impatiemment soufferts et s'y trouveraient déplacés. » Considérations sur VEsprit et les Mœurs. Cité par Sainte- Beuve, Causeries du lundi., x, 105.

de toutes parts un haro comme contre un animal féroce'.

Ceci nous amène au grief essentiel de Mercier, à celui dont il se fait une angoisse. Vie, mœurs, ton et langage du monde se rétléchissant et se déterminant mutuellement, nous y avons surtout relevé jusqu'à présent la mesquinerie des préoccupations, l'intimidation des consciences et l'énervement des volontés par la tyrannie de l'exemple; et, sans doute, c'est déjà trop. Mais, en concevant Vagrément comme le principe unique des rapports sociaux et en sacrifiant aux pactes qu'il règle le libre développement individuel et l'audace légitime de penser et de parler par soi-même, ne descend-on point, de complaisance en complaisance, jusqu'à trahir positivement les vérités de la morale? Il semble qu'on mette à trop haut prix le don de plaire si l'on s'imagine qu'il peut tout remplacer. « On ne craint plus de rougir, pourvu que les manières n'aient rien que de gracieux, l'esprit rien que d'ingénieux, les raisonnements rien que de captieux. Sous un certain masque de bienséance, on justifie en d'autres termes l'art de ramper et de s'enrichir bassement; on donne à plusieurs sortes d'avilissement des noms pompeux... Déjà même, on fait entendre qu'il est une fourberie nécessaire, qu'un honnête homme n'est bon à rien, que la probité est une nuance de bêtise et que, dans un siècle corrompu, il n'y a que l'or qui puisse dédommager de l'absence des vertus*. » Cependant l'aimable et inconsistante ironie dont chacun fait parade empêche qu'on se mette résolument en travers de ces sophismes. Jadis on discutait le pour et le contre, mais aujourd'hui on se dérobe; et, tandis que la conversation, toute en épigrammes, saute d'objet en objet, les maximes les plus pernicieuses ne rencontrent aucun obstacle à leur crédit. « Il est presque permis d'être pervers lorsqu'on est très poli'. »

C'est visiblement avec l'aveu de l'opinion que l'auteur d'un dialogue en vers lu à l'Académie française s'est pro-

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