Il
ciaires. Il le note soigneusement. Les vieux « criminalistes » d'autrefois, qui manquaient d'entrailles et interprétaient à à la rigueur des lois déjà peu tendres, n'ont point laissé d'héritiers. Les magistrats d'aujourd'hui sont pleins de miséricorde*. La police elle-même a su alléger fort à propos une tutelle qui ne laissait pas de paraître lourde : elle n'a point pris au tragique certaines mutineries populaires qui sont tombées d'elles-mêmes et qu'une répression trop exacte aurait aggravées. Il s'agit ici des troubles auxquelles donnèrent lieu les affaires du Parlement en 1787.
Nous pourrions faire la même remarque que ci-dessus. Eu égard aux lendemains si proches qu'il ne prévoyait pas, Mercier se montrait vraiment fort optimiste touchant ces « émotions » nécessaires aux Parisiens qui durent d'autant moins qu'on évite mieux de les contrarier. Un avenir dès lors imminent allait se charger de lui apprendre que toutes les « effervescences » ne s'éteignent pas dans la gaîté, ni ne finissent toujours dans le mois '. Mais il est très vrai que l'autorité redoublait de ménagement et d'indulgence ^ et qu'à le reconnaître, Mercier témoigne de sa scrupuleuse loyauté. C'est ainsi encore que l'institution récente des assemblées provinciales excite en lui les plus ferventes espérances. « C'est une époque heureuse que celle qui a enfin réuni les lumières de plusieurs têtes dispersées. Nous sommes plus riches que nous ne comptions en hommes véritablement instruits et en généreux citoyens... Ou a entendu des nobles plaider la cause des roturiers, on a vu des connaissances politiques dans des personnes qui jadis dédaignaient ces matières importantes. Enfin des études graves ont succédé à ce ton de frivolité qu'on s'obstinait à prendre pour le ton national. Ces nouvelles idées préparent les plus heureux changements, et les générations suivantes béniront le jour où la communication des vues politiques s'est établie solennellement \ »