‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 433 sur 521 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

2. Le Babillard, 1778, ir, 57. « Nous ignorons, ajoute Rutlidge, s'il y a un cartel en temps de guerre pour cet objet. »

SA VIE, SON ORUVRK, SON TKMPS 647

pas d'intercaler dans ces pages légères tout un chapitre * de considérations politiques sur l'intérêt d'une entente étroite entre la France et l'Angleterre, — ot cela au plus fort des premières émotions qui se manifestaient en faveur de l'Amérique soulevée. En pleine guerre, dans le Babillard, qu'il fil paraître au cours de 1778 et de 1779, et entre cent articles qui roulaient sur les menus faits du jour, c'est, contre l'opinion unanime, toute une campagne qu'il soutient intrépidement pour la défense des mêmes principes. Dans un autre ouvrage un peu antérieur et attribué au même écrivain, VEssai sur le caractère et les mœurs des Français comparées à celles des Anglais (1776) \ on trouve force remarques excellentes qui ne trahissent, en vérité, soit d'un côté, soit de l'autre, ni complaisance ni dénigrement. I^e choix que Mairobert fait de ce titre : V Espion Anglais pour un recueil de faits divers destiné au seul usage des Parisiens, ne manque pas non plus, à sa manière, d'une certaine signification. Et c'est bien encore pour satisfaire à une forme de curiosité décidément éveillée dans le public des sujets de Louis XVI que le chevalier Ange de Goudar rassemble dans son Espion français à Londres (1780) les propos et anecdotes des bords de la Tamise. En fait d'indices d'un commerce d'esprit assidu entre les deux peupleS;, il est superflu, d'ailleurs, de rappeler ici l'accueil que le xviii'= siècle français tout entier fit à la littérature anglaise et, particulièrement à la date où nous sommes, la grande mêlée en l'honneur de Shakespeare, où le même Rutlidge avait si résolument donné de sa personne.

A ces diverses tentatives de médiation bénévole entre les deux races. Mercier se sentait plus que personne sollicité de joindre son effort. Non pas seulement par un effet du goût très vif qu'une longue familiarité littéraire lui avait inculqué pour le génie britannique, mais aussi par l'exigence

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