‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 449 sur 521 · Mém. secr., xvii · texte numérisé non relu

Mém. secr., xvii

2. Campardon, op. cit., u, 203. La faveur de M™" Verteuil fut d'ailleurs aussi passagère qu'étincelante. Au cours de la représentation du

Le talent exquis qu'on lui reconnaissait dans l'interprétation de Marivaux ' n'était point, à la vérité, un présage certain de son aptitude à jouer les héroïnes de Mercier. Or, elle surpassa l'attente des plus difficiles. Il n'y eut qu'une voix pour la louer sous cette dangereuse figure de sirène que nulle actrice du temps, déclarait-on, n'eût été en état de rendre « avec plus d'intelligence, de noblesse, de séduction et de vérité ^ » Auprès d'elle, le héros du drame ne fut pas moins bien représenté par Raymond. Il « a mis dans le rôle de Jenneval, déclare un assistant, une explosion d'âme, de sentiment et de force que nous n'attendions pas de ses moyens '. »

Quant à la pièce elle-même, elle ne pouvait manquer de soulever un débat assez vif. C'était le premier en date des ouvrages dramatiques de Mercier et, en quelque sorte, le manifeste ou l'enseigne du système. Elle « n'a point généralement réussi à la première représentation, annonce le Journal de Paris. Il s'en faut de beaucoup aussi qu'elle ait généralement déplu. On peut dire que la pièce est arrivée à la fin au milieu de huées et des plus grands applaudissements. Une partie du public s'écriait : « C'est horrible ! » Une autre : « Voilà qui est beau, parfait, sublime! » Les uns disaient : « Quelle superbe leçon de morale on peut « puiser ici ! » Les autres : « Quel tableau affligeant pour « l'humanité! Jamais il n'aurait dû paraître aux yeux d'un « public français. » Ainsi le procès est encore à juger. Par le

28 janvier 1783, le parterre en tumulte lui coupa la parole, ainsi qu'à sa camarade, la fameuse Duf^azon. Elles jouaient Céphise, une méchante pièce de Marsollier, à qui revenait peut-être le meilleur de la mortification, mais les actrices en prirent leur part. Voir Mém. secr., xxii, 71. Depuis lors, sans cesser d'appartenir au théâtre, où elle était encore en 1789, M^^ Verteuil y parut beaucoup moins. Campardon, ibid. Plus tard, elle dut retourner en province. Elle jouait à Rouen en 1799. J. E. B. Hist. des théâtres de Rouen, 1860, i, 457.

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