‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 491 sur 521 · ni · texte numérisé non relu

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corde*; encore ne puis-je m'empêcher de croire qu'il y a ici un ressentiment de dramaturge. 11 s'était tant échaiifle l'imagination à dépeindre ce mauvais prince tout suffoqué d'angoisse aux pieds de l'ermite François de Paule! Dans sa précaution contre ses répugnances, Mercier ménage même les Jésuites, parce que ce corps est tombé depuis dans l'infortune, mais, d'ailleurs, il n'en pense pas moins*.

A l'approche des temps où la monarchie va tout courber sous le poids de son sceptre, il redouble, en quelque sorte, d'empire sur ses antipathies : sans déguiser celle qu'il porte à Richelieu, il s'eiforce de ne lui point refuser justice. « Redemandons au ciel, s'écrie-t-il, un pareil génie, mais dans un autre homme' ! > Malgré quelques rudesses pour l'avarice et l'astuce italiennes de Mazarin ', il finit par se raviser en faveur de ce « Ministre de paix » et il loue dans ses actions (( de justes mesures et peu d'écarts ■> ». Enfin s'il ne se sent pas capable de tarir sur le compte du Régent, « héros » et « philosophe »^ si particulièrement cher aux libres esprits du siècle, il prend sur lui de rendre hommage à Louis XIV. Non toutefois sans quelque révolte et quelque grondement intérieur. Il est douteux, murmure en lui une voix sourde, qu'on dise toujours Louis le Grand. Mais une plus haute inspiration le dégage des pièges d'une foi étroite et c'est dans un noble élan de sentiment national qu'il s'incline devant « le roi le plus magnifique, le plus généreux et le plus illustre de son siècle' ».

C'est là, en somme, de l'histoire loyale. En dépit des défauts et des lacunes que l'on peut surtout imputer à l'infirmité d'une science naissante, un impérieux besoin de justice attentive et d'intelligence raisonnée recommande ce livre, le relève et l'éclairé. Et, pour sa récompense, Mercier en re-

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