‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 520 sur 521 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

JMercier en. Suisse. — Le Tatoleau d.e Faris. — ]VIer'cier observateur des mœurs. — Le Parallèle de Paris et de Londres.

1. .Mésaventure de l'abbé Raynal. — Première 'publication du Tableau de Paris. — Mercier juge plus prudent d'aller écrire outre frontière. — Son séjour à Neuchâtel. — Sentiment vif et poétique des beautés naturelles qu'il y contemple. — Laisse

Pages, pressentir par endroits un précurseur de Lamartine. — Rencontres et relations. — Lavater. — Le prince Henri de Prusse. — • Le marquis de Langle. — Osterwald et sa famille. . . , ijO

II. Le Tableau de Paris. — Intention philanthropique du livre. — Originalité de la tentative. — Aptitude particulière à l'entreprendre : goût de l'observation et sympathie dans la curiosité.

— Mercier a pour son temps un faible déclaré et pour son pays la passion la plus tendre. — Image enthousiaste qu'il trace du Parisien cultivé. — L'esprit de réforme ne fait donc pas tort à l'attention bienveillante ; l'un et l'autre garantissent le zèle de l'enquête. — Dons variés que cet ouvrage manifeste. . . . 467

III. Transports d'imagination poétique à considérer la grande ville et ses destinées, — Frémissantes visions d'avenir et pieuse contemplation du passé. — Attrait des vieilles légendes.

— L'histoire à travers les rues 480

IV. La joie de vivre. — Esprit philosophique et front morose ne vont point de pair en ce siècle. — Mercier badaud avec délices.

— Attention aux minuties, application à les décrire : c'est du nouveau et qui sera fécond. — Combien il aime le pavé de Paris. — Promeneur amusé et attendri. — La lecture des affiches. — Le tumulte et le danger des voitures. — Le vendeur de tisane et le montreur de verres grossissants. — Le Pont- Neuf. — Le Charlalan ou le Docteur Sacroton. — Vendeurs d'orviétan et racoleurs. — L'orgue de Barbarie. — Cacophonie

des cris de Paris. — Scènes et rixes de cabaret 487

V. Psychologie du Parisien. — Léger, prompt à s'engouer, versatile. — Amour-propre naïf, ignorance de l'étranger, crédulité. — La nation devient triste. — Insouciance et iuertie en matière politique. — Entretenues, d'ailleurs, et presque justifiées par une autorité débonnaire 503

VI. Traits en action du caractère parisien. — Mercier curieux des plaisirs populaires. — L'embarquement pour Saint-Gloud. — La Saint-Louis. — La cavalcade des huissiers. — Le Suisse de la rue aux Ours. — Ce qu'on voyait à la Sainte-Chapelle dans la nuit du jeudi au vendredi saint. — Spectacles extraordinaires : le Feu de la Paix eu 1763; l'ascension de l'aérostat monté par Charles et Robert (1783). — Mercier sur le passage des grands de la terre. — Moindres passe-temps. — Le .Jardin de l'Infante.

— L'Enclos des Chartreux. — Le quartier du Marais. — Coup d'œil sur un couvent de femmes. — Quelques types crayonnés

au hasard de la rencontre. — Une audience ministérielle. . . 517

VU. Le paradis des curieux. — Entretiens du Palais-Royal. — Entretiens des Tuileries. — Modes significatives qui annoncent un notable changement des mœurs. — L'habit noir. — La canne remplace l'épée. — L'anglomanie. — Premières atteintes qu'elle porte à la politesse des mœurs 532

Pages.

VIII. La vie de société : renseignements inestimables que le Tableau nous fournit. — Malgré le légitime renom qu'elle a laissé, elle a ses imperfections, les unes plus récentes, les autres plus anciennes. — Banalité croissante dans les relations. — Esprits et propos médiocres. — Portraits peu flattés : fats du temps.

— Quelques types de Parisiennes élégantes. — Le langage en vogue : excessif dans les termes, timide quant aux idées. — Vironie, âme de nos discours. — Pas d'opinions courageuses. — Trop d'esprit, trop de facilité : on justifie tout et le vice même.

— Perplexités de Mercier 545

IX. Certes cette société a ses plaies. — Les femmes et le mariage : noblesse et gens de finance; le mauvais exemple gagne la bourgeoisie. — L'adultère. — Les séparations. — Vie conjugale de pure façade. — Le célibat en faveur 556

X. Justes éloges qu'il faut, en revanche, accorder à cette société.

— La civilité a cessé d'être le partage d'une élite. — Elle est presque une vertu. — Adoucissement qu'elle apporte aux mœurs. — Lieux de choix où elle brille dans sa fleur. — Elle tout est de bon une vertu. — Perfection de l'hospitalité. — Pratique incomparable de l'amitié. — L'amour à l'état tempéré : que s'il y fallait voir un Irait propre à ce siècle, ce serait donc plutôt le cas de l'en louer. — Sur la fameuse immoralité tant reprochée au xviiie siècle. — Sur les classes plus modestes de

la société 561

XI. Richesse et misère. — La puissance de l'argent. — La fureur de jouir : agiotage, usure, placements à fonds perdus. — Les petits et les pauvres : dureté de leur sort, difficulté de vivre.

— Pour réprimer les cruels excès de l'inégalité. Mercier réclame une tribune publique aux harangues, des censeurs des mœurs, des lois somptuaires, même une limitation légale de la propriété. — Les remèdes empiriques ne lui font pas peur non plus; il prend la défense du jeu, de la loterie. — Rôle providentiel des prodigues 574

XII. La bienfaisance et ses merveilles. — La Société Philanthropique. — La charité chez les femmes. — L'art de quêter. — Fondations généreuses. — La sollicitude de l'administration n'est pas non plus en défaut. — Moyens de défense contre l'incendie. — Secours aux blessés. — Progrès de la salubrité, de l'hygiène publiques. — Un précurseur de Mercier : Raoul Spifame. — Heureux signes d'acheminement vers l'an 2440. . . 584

XIII. Idées et institutions religieuses — Esprit de déférence et de sympathie qui anime Mercier. — Satires bénignes. — Alors même qu'il réclame, le philosophe garde un ton mesuré. — Progrès manifestes de la tolérance. — Elle touche de bien près à l'insouciance. — C'est plus que Mercier ne demande. — Indices plus rassurants qui attestent la persistance du sentiment

l'ages.

religieux. — Le respect d'ailleurs, ne fait pas tort, chez Mercier, à rindépendance des appréciations 592

XIV. Vues politiques de Mercier. — La personne royale trop inaccessible. — Privilèges de la noblesse. — Abus de la fiscalité.

— Imperfections du système judiciaire. — Rigoureuse réglementation du commerce. — Rigueur barbare des lois pénales.

— La police : raffinements de l'espionnage. — La surveillance des nouvelles. — Le secret des lettres. — Pouvoirs exorbitants du lieutenant de police. — Régime de terreur qui pèse sur les prostituées et les mendiants. — Une visite au donjon de Vincennes 603

XV'. Contre-partie. — Les mauvais principes ne produisent pas la totalité de leurs effets. — On a beau jeu, d'ailleurs, à reprendre les excès de l'autorité : sa tâche est-elle donc si facile?

— il y a des moyens sommaires qui ne laissent pas d'être bienfaisants : ainsi, en mainte occasion, des lettres de cachet elles-mêmes. — Bon vouloir manifeste de ceux qui gouvernent.

— Améliorations notables et multipliées. — L'auteur achève

son livre sur des paroles de foi et d'espoir 613

IVL Jugement sur le Tableau. — Confiance excessive, nul soupçon des catastrophes imminentes. — Cet aveuglement est un trait commun à toute la génération que Mercier a voulu peindre.

— Heureux concours de qualités qui lui a permis de composer cet ouvrage. — D'autre part, la confusion, la précipitation et les défaillances de style qu'elle entraîne étaient presque inséparables d'un labeur si exigeant. — Prédécesseurs de Mercier.

— Us n'ont, les uns ou les autres, accompli que des parcelles diverses de la tâche remplie par lui en totalité. — Accueil que le Tableau obtint de l'étranger. — Un illustrateur du Tableau: Dunker. — Le Tableau plagié. — Articles du Courrier de l'Europe et du Journal de Neuchâtel. — Silence des journaux de Paris. — Mauvais vouloir des critiques parisiens. — Il ne saurait nous dissimuler l'importance réelle que l'opinion publique reconnut à l'œuvre de Mercier. — Toute une littérature en procède. — Caractère unique du Tableau, tant au regard

des imitateurs qu'à celui des prédécesseurs 620

XVII. Projet d'un Tableau de la France, d'un Tableau de Versailles. — Surtout, en regard de la société française. Mercier est possédé du désir d'en peindre une autre qui lui serve de modèle, la société anglaise, objet de toutes ses admirations.

— Il aspire ardemment à l'alliance des deux nations. — Cette opinion, peu populaire, a d'ailleurs ses partisans. — Communications croissantes entre les deux peuples. — Le Courrier de l'Europe. — Les Annales de Linguet. — Echange de modes

et d'usages. — Le chevalier Rutlidge 642

XVIII. Mercier a exécuté son dessein : un parallèle de Paris et

Pages, de Londres inédit subsiste parmi ses papiers. — Date du voyage. — Dessein de l'ouvrage ; limites où l'auteur entend le contenir. — Lacunes regrettables 647

XIX. La traversée : rencontre plaisante. — Opiniâtres mésintelligences des deux peuples. — Raisons politiques et religieuses de leurs mutuelles préventions. — L'aspect de Londres comparé à celui de Paris. — Témoignages moins favorables d'autres observateurs : le peuple à Londres a davantage l'apparence de la pauvreté ; plus d'initiative et de goût chez le travailleur français que chez l'anglais. — Humeur insoumise du peuple de Londres : Mercier en tire l'indice d'une volonté plus consciente d'elle-même. — L'office religieux à Paris et à Londres. — L'emploi du dimanche. — L'appareil de la royauté. — Le pouvoir ministériel. — Les formes judiciaires 651

XX. L'autorité paternelle — La liberté de tester. — L'éducation des enfants. — Le choix des professions. — La liberté d'opinion. — L'esprit de décision, d'entreprise, l'habitude de délibérer en commun, les clubs. — Philanthropie raisonnée et agissante : hôpitaux, maisons de fous, prisons. — Commodité, salubrité des logis. — Moyens de transport. — Comment on fait emplette à Londres. — Les théâtres. — Les plaisirs populaires. — Le Vauxhall. — Guinguettes anglaises. — La nourriture 660

XXL Jugement sur le Parallèle, — Partialité systématique de Mercier. — Rançon de certaines supériorités attribuées au peuple de Londres. — La vie commune plus douce à Paris qu'à Londres : témoignage de Rutlidge. — Ce que les mœurs anglaises retiennent de brutalité. — L'action de la femme ne s'y est pas exercée comme chez nous pour les adoucir. — Le souvenir que Moore emporte des Françaises ne tourne pas à l'avantage des femmes de son pays. — L'mégalité des rangs a, en France, des compensations qui frappent les étrangers : telle, la place que tiennent les gens de lettres dans nos sociétés. — Enthousiasme des Français pour la couronne, la cour; plus de sang-froid, selon Mercier, convient à la juste fierté des Anglais, qui se sentent des hommes libres; mais le travers reproché aux Français n'est, après tout, que l'expression, et très fervente, de leur sentiment national. — La réalité des choses plus accommodante que les principes. — Tout le long du Tableau,, Mercier en témoignait. — Dans la description du peuple qu'il propose pour modèle à ses compatriotes, revit quelque peu du dogmatisme de VAn 2JiàO 674

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