‹ Sébastien Mercier, sa vie, son œuvre, son temps; d'après des documents inédits avec un port. en héliogravure. Avant la revolution, 1740-1789Chapitre 79 sur 521 · n, 133, 149, passim · texte numérisé non relu

n, 133, 149, passim

4. D'après M"!" de Staël, ce mode de perception, digue de l'âge d'or, aurait été mis à l'épreuve avec succès dans la ville de Hambourg. « Il y a, écrit-elle, tant de moralité parmi ses habitants que pendant longtemps ou y a payé les impôts dans une espèce de tronc, sans que jamais personne surveillât ce qu'on y portait, ces

qui n'a d'autres ressources que son travail; l'autre, pour les dons gratuits. Ce dernier ne manque jamais de regorger, car chaque citoyen sait que les fonds mis à la disposition de l'Etat sont employés au bien commun. Si, par impossible, quelqu'un tentait de se soustraire au paiement de l'impôt, la confrontation serait bientôt faite entre la liste des contribuables et les sommes versées sous pli cacheté par chacun d'eux : le délinquant y gagnerait un renom de mauvais citoyen dont il ne pourrait plus se défaire. Mercier ne mentionne point d'autre peine. A un jour désigné, les sommes recueillies sont portées dans la capitale par les députés des provinces, et il se fait de grandes réjouissances. Elles sont déposées dans les caisses du Trésor sous la garde du contrôleur des finances, homme intègre dont la probité est encore mise à l'abri par l'obligation qu'on lui impose de ne jamais consacrer à son usage personnel aucune espèce monnayée. Toutes ses dépenses, faites à crédit, sont réglées parle Trésor*.

L'Etat, d'ailleurs, n'a point trop de peine à ne pas pressurer les contribuables, car il n'a plus de dettes, les ayant toutes payées, au moyen de la vente des Domaines, et il exige moins d'argent parce qu'il dépense moins". Il se comporte en père de famille prévoyant qui calcule et n'abuse point du superflu. Là-dessus, les lois sont d'accord avec les mœurs. Comme on se contente à meilleur marché et qu'on met aux choses leur juste prix, la cupidité n'imprime plus aux capitaux ce furieux mouvement de jadis. La loterie a été supprimée ^ Supprimées, les grosses compagnies de commerce qui dévoraient les fortunes particulières; supprimées aussi, les tontines, ces dangereux appâts de l'intérêt personnel qui insinuaient dans le cœur de l'homme le coupable désir de survivre aux êtres qu'il eût dû chérir. En

impôts devaient être proportionnés à la fortune de chacun, et, calcul fait, ils ont toujours été scrupuleusement acquittés. » De l'Allemagne, 1^" partie, chap. xix. Ce témoignage est confirmé par M. de Puymaigre qui résida en cette ville, comme employé des finances, sous le régime français. Voir ses Souvenirs sur VÈmigixilion, l'Empire et la Restauration. Paris, Pion, 1884, p. 132.

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