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vous ay une extreme obligation, Monseigneur, d’avoir voulu estre favorable à M. d’Andelot en la grace qu'il désiroit du Roy, et du tesmoignage qu'il vous a pleu par vostre incomparable bonté me donner depuis peu de jours de l'honneur que vous me faittes de vous souvenir de moy. Je vous remercie très humblement, Monseigneur, de l'une et l’autre faveur. Vous faittes bien conoistre en ce que vous daignez conserver quelque mémoire de moy, que la grandeur qui vous environne ne vous tire point hors de vous, puisque vous estes tousjours vous mesme, et que dans les hautes pensées qui occupent vostre esprit généreux, vous ne desdaignez point les choses les plus petites entre lesquelles je suis C’est une marque très évidente que c’est vous, Monseigneur. qui possédez vrayment la prospérité qui vous accompagne et qu’elle ne vous possède pas. Dieu vous bénisse à jamais, et fasse vostre nom aussy grand dans le ciel qu’il l’a voulu rendre plein d'honneur et de vénération en la terre. Au surplus, Monseigneur, je vous diray que j'ay un petit avis à vous donner qui me semble devoir estre'de quelque utilité à vostre service. Si vous avez agréable de commander à Monsieur de Marsillac de me voir un quart d'heure, je luy feray entendre ce que c’est. Je suis, Monseigneur, Vostre tres humble, tres obéissant et tres obligé serviteur. SÉBASTIEN, E. DE LANGRES.
Ce 20 febvrier 1627. (1.)
Charles de Coligny conserva donc sa charge de lieutenant-général. Malgré son grand âge, il brigua en 1629 la succession de M. de Brèves au Conseil, et obtint à son fils François le prieuré de Saint-Martin-des-Champs, que lui résigna le Cardinal Ludovisio(2).
Les négociations engagées dès 1628 au sujet de ce prieuré ont fait croire à Batterel(3) que le petit-fils de
(4) Aff. Etrang. 785, fe 98. Autographe. Voir ci-joint un fac-simile de cette lettre.
(2) « L'on m'a demandé l’indult sur le prieuré de St Martin des Champs, que M. le Cardinal Ludovisio résigne à M. d'Andelot fils. J'ay respondu que cela dépendant de Cluny, j'attendray ce qu'il vous plaira m'en ordonner.
J'ay aussy. Monseigneur, esté adverty que le S° d'Andelot père a eu l'honneur de vous voir et qu'il a conceu de vos discours espérance d'entrer en la place de feu M. de Brèves au Conseil. S'il vous plaist me faire l'honneur de me le mander, et ce que vous trouvez bon que je fasse. »
(Lettre de Marillac, garde des sceaux, à Richelieu, 10 Janvier 1629. AfT. Etrang. France, 793.)
(3) Barrerez, Mémoires domestiques pour servir à l'Histoire de la Congrégation de l'Oratoire, t. 1. Notice de François de Coligny.
l'amiral était sorti de l’Oratoire, presque aussitôt après la mort dé son frère, afin de conserver sur sa tête les biens de sa famille. Cependant nous le retrouverons comme confesseur à Port-Royal et à l’Institut du Saint- Sacrement, plusieurs années après cette date, et les Relations de Port-Royal le mentionnent en compagnie d’autres Oratoriens. Nous croyons plutôt que, lié comme il l’était avec Zamet, il suivit celui-ci dans son diocèse, lorsque se fut consommée la rupture avec Port-Royal. Devenu en 1632, à la mort de son père, propriétaire du domaine de Lanty, il s’y fixa, probablement vers 1636, et y vécut « en simple ecclésiastique » (1).
Comme son père, François de Coligny avait une prédilection spéciale pour les Carmélites, qu'il établit à Châtillon-sur-Seine, avec le concours de Zamet. Il présidait aux élections des prieures de Chaumont et de Châtillon, en qualité de commissaire-député, et signait les actes: Joachim François de Coligny d’Andelot, prêtre et fondateur. Tombé malade à Lanty en 1654, il y reçut plusieurs visites de Sébastien Zamet, et mourut le 5 octobre à Châtillon, où il s'était fait transporter (2).
(1) Zamet cependant voulut l’honorer en lui conférant la trésorerie de sa Cathédrale ; le Chapitre, à son tour, lui donna une chanoinie en 1643 « dans l'espoir, nous confie l’un de ses collègues, Théodecte Tabourot, qu'il appuieroit ces Messieurs du Chapitre de son autorité et de son pouvoir. » Mais cetespoir, paraît-il, fut déçu, et le vindicatif Tabourot nous apprend que voulant se défaire de ces deux charges, « il en traita assez incivilement avec un de ses domestiques, au lieu de considérer les neveux du révérendissime évesque, fils du marquis d’Antin, lequel était frère du marquis de Montespan. (Il s'agit ici des enfants de Chrétienne Zamet, fille de Jean Zamet, mariée au marquis d’Antin.) Et cependant ledict illustrissime évesque estant à Langres, l’avoit tousjours à sa table, qui estoit aussy ouverte à tous ceux, parents ou amis, qui venoient visiter ledict seigneur de Coligny. » (Tarouror, Æistoitre des Saintes Reliques et Anciennetez de Langres, (ms. du grand séminaire).
Ce racontar de Tabourot ne prouve pas du tout que Francois de Coligny eût par là offensé l'évêque ; il est fort possible qu'il lui ait proposé ces charges pour ses neveux, et que Zamet les ait refusées. Leurs rapports restèrent excellents jusqu’à la fin.
(2) I fut inhumé à Saint-Vorles à Châtillon, et son cœur fut porté à Lanty. En 1643, un autre membre de sa famille, Gaspard de Coligny, marquis d’Andelot, fils du maréchal de Châtillon, avait abjuré le calvinisme : il était l'arrière-petit-fils de l'amiral en ligne directe. Après sa conversion, « il avait fait venir chez lui des Oratoriens, parmis lesquels, François de Coligny, son