LE VÉNÉRABLE PÈRE HONORÉ DE PARIS
me ville, le 14 septembre 1637.(1) Rome reçut ces lettres pressantes, et procéda avec sa lenteur habituelle, On s’aperçut que quelques vices de forme s'étaient glissés dans la manière de rédiger les procès-verbaux. Urbain VIII promit de passer outre, mais il mourut en 1644, et tout fut à recommencer.
En 1650, au moment d’adresser une nouvelle instance au pape Innocent X, l'Evêque donna commission à M. Antoine Rose, doyen de l’église collégiale Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, docteur en théologie, afin de visiter le tombeau du Père Honoré, et d'examiner « si, dans le culte qu'on lui rend, il ne s’est rien fait contre les prescriptions des. canons et les décrets du Saint-Siège. » (2) Il ajoutait: « Nous aurions désiré nous rendre à Chaumont, mais nous ne le pouvons pas, à cause des incursions des ennemis qui infestent journellement les chemins. »
Et en effet, les malheurs de toute sorte qui s'abattirent sur le Bassigny, et particulièrement sur Chaumont à cette époque, arrêtèrent de nouveau l'affaire, et rendirent cette commission nulle. En 1654, Louis XIV, à l’exemple de son prédécesseur, écrivit au Pape pour demander la béatification. Mais Innocent X mourut l’année suivante, la même année que Zamet. Finalement Rome laissa dormir la cause, et ne se prononça pas.
La mémoire du Père Honoré traversa tout le xvirre siècle, sans tomber dans l'oubli. (3) Au xixe siècle, vers 1860, un frère mineur capucin de France, le P. Bornaventure, ayant parcouru par hasard, à la Bibliothèque du Vatican, le dossier dela cause, y trouva tous les procèsverbaux du xvrre siècle, et une foule de témoignages favo-
(1) Zbid, pp. 53 et 59.
(2) Arch. de la Haute-Marne, loc. cit. : Documents historiques... p. T9.
(3) En 4793, « pour proclamer la République à Chaumont, en face d'une multitude assez nombreuse, le gouvernement révolutionnaire choisit le 26 septembre, date anniversaire de la mort du Père Honoré. Ce jour-là, en effet, la place et l'église des Capucins étaient envahies par la foule. Le fait est relaté avec ses motifs dans les procès-verbaux officiels, » (MAZELIN, 0p. cil. p. 387),
rables à une heureuse issue, Il alla prêcher à Chaumont quelque temps après, et constata la survivance du culte privé rendu au Père Honoré. L’évêque de Langres, Mgr Guerrin, résolut alors de reprendre le procès de héatification.(1) Un grand nombre d’évêques français, les supérieurs généraux des Capucins, des Jésuites et des Oraloriens, des notabilités importantes adressèrent une supplique au Souverain Pontife, pour demander l'introduction de lä cause.
Le 10 mars 1870, Pie IX, sur le rapport favorable de la congrégation des Rites, signa cette introduction. En 1878, Léon XIII signa le décret favorable sur le procès de fama sanctitalis, et permit de commencer le dernier procès, appelé procès continuatif.
L'affaire en est là ; comme on le voit, il n’est pas impossible qu'un jour le Vénérable Père Honoré de Paris soil placé sur les autels. |
(1) C'est alors que furent publiés (1862) les Documents historiques sur la vie du T. R. P. Honoré de Paris, que nous avons cités plus haut: l'introduction de la cause suscita, en 1882, une nouvelle Vie, plus récente, celle de l'abbé MazeLin.