V. — Lettre de Jean Zamef à Richelieu exilé à Avignon
Monsieur, Je fus bien surpris losque l’on me donna la nouvelle du commandement qui vous a esté faict. Mais j'entendis aussytost avec beaucoup de joye la modestie et le respect que vous tesmoignastes sur l'heure. J'espère que vous continuerez, parce que je vous crois homme vertueux, qui sçavez en toutes fortunes rendre ce que vous debvez à vostre souverain. Pour moy, j'ay estimé de mon debvoir de vous confirmer en ceste occasion les offres de mon affection et de vous asseurer que lorsqu'il se présentera occasion de vous servir, je m’y emplyeray de très bon cœur, pour vous tesmoigner que je seray à l’advenir comme par le passé,
Monsieur,
Vostre très humble et très affectionné serviteur, ZAMET.
Ce 23 de febvrier 1618. (2)
Richelieu avait été exilé à Avignon en 1618, avec son frère qu'il aimait tendrement. Celui-ci avait laissé sa jeune femme dans ses terres de Richelieu ; elle mourut le 15 octobre 1618, en donnant le jour à un fils. En apprenant cette terrible nouvelle, le marquis écrivit au Roi pour lui demander la per. mission de quitter Avignon pour huit jours, à cause de ce petit enfant, qui d’ailleurs mourut avant l'arrivée de son père.
L'évêque de Langres écrivit à Avignon au futur cardinal la lettre suivante :