‹ Sébastien ZametChapitre 96 sur 142 · DOYENNE DE CHAUMONT · texte numérisé non relu

DOYENNE DE CHAUMONT

ABBÉ DE LA ŒCRESTE: cent quatre vingt quinze livres, Cy , CIIILXX XV

Je soubsigné, abbé de Morimond, Supérieur de l'abbaye de la Creste au spirituel et temporel, certifie que le Sr Abbé a jouy de la remise contenue au présent article, en suitte de l’arrest de descharge. Faict ce 25 juin 1641.

FR. CLAUDE, abbé de Morimond.

ABBÉ DES SEPT FONTAINES: dix huict livres quinze sols, Cy XVIII # XVS

Même attestation de l'abbé de Morimond « comme ayant charge ».

CHAPITRE DE CHAUMONT: trente trois livres quinze sols, CY XXXIII Æ XVS ABBÉ DU VAL DES ESCOLIERS : soixante livres, cy TEE

Même attestation de l'abbé de Morimond « comme ayant charge ».

PRIEUR DE RIMAULCOURT : trente sept livres dix sols,

Cy XXXVII H XS PRIEUR DE LA GENEVROYE: trente livres, cy ONE PRIEUR DE VIGNORY: cent une livres cinq sols, Cy CIH VS HospiTAL DE MoiIRONS : trente livres, cy XXX-

HOSPITAL DE GRANVAUX : dix huict livres dix sols, cy XVIII H, XS

EGLISES PAROCHIALLES

BRIAUCOURT : neuf livres, cy. IX # VIEVILLE : dix huict livres, cy. XVIII ANNEVILLE : douze livres, Cy. XII # SIGNEVILLE : neuf livres, cy. IX # MiLLIÈRES : di& neuf livres, cy. XIX # NEUILLEY SUR SUYSE: quinze livres, Cy. XV # VILLIERS LE SEC:.douze livres, cy. XIE ANDELOT: quinze livres, cy. XV + MEURE : douze livres, cy. XII # MARAUT: neuf livres dix sols, cy. IX +, XS CRENAY : neuf livres, cy. EXE RIAUCOURT : douze livres, cy. XII # SONCOURT : dix huict livres, cy. XVII # VIiGNory : neuf livres, cy. IX + BROTTES : trentelivres,- Cy. XXX + Lusy : treize livres dix sols, cy. XIII 4 XS BouRDONS: quinze livres, cy. XV + CHANTERAINE : dix livres dix sols, cy. X + xs LONGCHAMP : vingt cinq livres, cy- XXV + CoNSIGNY : quinze livres, cy. XV + DoULAINCOURT : dix huict livres, cy. XVIII # Foissy : dix livres, cy. CE RIMAULCOURT : vingt cinq livres, cy XXV + VRAINCOURT : vingt cinq livres, cy XXV

Somme totale est de dix mil livres, de laquelle somme Nous les Grands Vicaires et Députés du Clergé du Diocèse dud. Lan-

gres, certifions qu'il n’a esté payé aulcune chose des sommes cy rapportées, par les bénéficiers cy énoncés ny par nostre receveur à la recepte provinciale sur les décymes par nous deubs de lad. année mil six cent trente six. C’est pourquoy prions et requérons Nosseigneurs les prélats et députés en la présente assemblée du Clergé de France pour l’examen et closture des comptes de Mr Philippe Daguesseau, receveur général du Clergé de France, de passer et allouer lad. somme cy rapportée esd. comptes dud. Sr Daguesseau, au profit et descharge de ce diocèse, en conséquence des arrests de descharge cy joincts. Faict à Langres en l'hostel Episcopal le vingt sixiesme jour du mois de juin mil six cent quarante et ung. FR. CLAUDE, abbé de Morimond.

BAULDOT, vicaire général à Langres.

J. HUCHIN. CAULLOT.

NICOLAS, Ev. d'Orléans. (1)

29 Procès-verbal de l'Enquête officielle faite en 1648 sur « les désolations, ruines, incendies et autres actes d’hostilité commis dans le diocèse de Langres tant par les ennemys de l'Estat que par les Suédois et autres gens de guerre, qui y ont pris logement et passage. » (2)

L'an mil six cent quarante huict, le deuxiesme jour d’Aoust, par devant nous Pierre Perret, conseiller du Roy en ses conseils, lieutenant général au bailliage de Chaumont, en nostre hostel en présence du procureur du Roy et de Maistre Simon Bruant, commis au greffe dudict Bailliage, Est comparu Illustrissime et Révérendissime Evesque et duc de Langres, et les députés du diocèse dudict Langres par Maistre Pierre Cyvart leur procureur assisté de Maistre Claude Potin advocat, qui nous ont baillé requeste et exposition qu'il leur est important d'informer Sa Majesté et faire savoir à Nosseigneurs de son conseil les désolations, ruines, incendies et autres actes d’hostilité commis dans le diocèse dudict Langres tant par les ennemys de l’Estat que par les Suédois et autres gens de guerre qui y ont pris logement et passage ; au sujet de quoy, la plus grande partie des bourgs et villages sont entièrement ruynés et désertés d’habitants, les uns estant morts de peste et famine, et les autres ayant quitté leur demeure et passé en d’autres provinces pour se mettre à couvert des misères communes qui sont dans le pays, estant vray de dire que depuis l’année 1636 jusques à présent les courses des ennemys de l'Estat, tant du comté de Bourgogne que duché de Lorraine n’ont aucunement cessé, quoyque Ja prise de La Mothe le fist espérer ; depuis laquelle néantmoins les garnisons de Euxembourg, Biche, Montmédy et Hombourg n'ont laissé de courir comme elles font encores à

(4) Nicolas Denetz, qui apostilla ce rapport à Paris, (2) Arch. nat, 68*, 4243, f: 494,

présent jusques à trois lieues proche de ceste ville de Chaulmont, prenant des prisonniers auxquels ils font payer de grandes rançons, emmènent les bestiaux des laboureurs et ravagent tout, ce qui donne telle terreur et espouvante aux villageois que la pluspart n'ont sceu aller à leurs moissons et autres ouvrages de campagne, de peur de tomber entre les mains desd. ennemys ; De quoy led. Seigneur Révérend Evesque et les dé: putés du clergé requéroient qu'ils fust par nous informé, attendu que tous ces désordres se font journellement dans ce bailliage aussy bien que dans celuy de Langres, et qu'à cest effect commission leur soit octroyée pour faire assigner tesmoings. Sur quoy, veu lad. requeste et ledict procureur du Roy sur ce ouy, Nous avons ordonné qu'en sa présence il sera par Nous informé des faits. À l'effect de quoy avons octroyé commission pour assigner tesmoings et lad. information faicte servir et valloir auxdicts supplians ce que de raison.

Faict soubs nostre seing, celuy desd. Srs procureur du Roy et Bruant, les an et jour susdicts. Signé : PERRET, DE POIRESSON et BRUANT.

L'an mil six cens quarante huict, le lundy troisième aoust en vertu de la commission de Monsieur le Bailly de Chaumont ou son lieutenant général cy attaché, à la requeste de Messieurs les députés du Clergé au diocèse de Langres y desnommés, Je, huissier audiencier au baillage et siège présidial de Chaumont y demeurant soubsigné, ay adjourné et baillé assignation à Jean Fournier, greffier de la justice du bourg Saincte-Marie, Claude Fournier et Jean Chauvot, demeurans aud. lieu du bourg Saincte Marie, parlant à leurs personnes trouvées audict Chaumont a estre et comparoir cejourd'huy heure de midy en l’hostel et par devant Mond. Sieur le lieutenant général au baïllage dud. Chaumont pour porter bon & fidèle tesmoignage de l’enqueste qu’entendent faire lesd. Sieurs députés dud. clergé, et estre ouys sur les faits par eux posés, circonstances et dépendances d’iceux, sauf leurs sallaires raisonnables, auxquels j’ay laissé coppie du présent exploit en présence de Maistre Simon Genevois, Jean Roussel huissier aud. Chaumont, tesmoings et autres. Signé : ROUROTTE.

Iceluy jour, en vertu de la requeste que dessus, Je huissier susd. certifie que pareilles assignations ont esté baillées à Maistre François Magnan, lieutenant en la prévosté d'Andelot et à Maistre François Chevry, procureur du Roy en ladicte prevosté parlant à leurs personnes trouvées aud. Chaumont, au logis où pend pour enseigne la fleur de lys, à comparoir cejourd'huy heure de deux après midy en l’hostel et par devant Monsieur le lieutenant général aud. baillage, pour estre pareillement ouys sur lesd. faicts, circonstances et dépendances d’'iceux, sauf leurs sallaires raisonnables ; auxquels j'ay laissé coppie du présent exploit, en présence desd. tesmoings. Signé : ROUROTTE.

Et le lendemain quatriesme aoust mil six cens quarante huict

en vertu et requeste que dict, estant au lieu de Cirey les Mareiïlles, Je, huissier susd. un ay baillé pareille assignation à Nicolas Simonnot greffier de la justice dudict Cirey, en parlant à sa personne à domicile, à comparoir cejourd’hui par devant Monsieur le lieutenant général au Baïllage de Chaumont, une heure après midy en son hostel, pour estre pareillement ouy sur les faits cy dessus, sauf ses sallaires raisonnables. Et à l'instant m'estant transporté au lieu de l’abbaye de Créste, j'ay aussy adjourné & baïllé assignation à Nicolas Aubert, musnier dudict lieu, et Joseph Robert demeurant à la vieille Creste, parlant à leurs personnes, à comparoir par devant, au lieu et heures pour les mesmes faicts que dessus ; auxquels j'ay laissé coppie en présence de François Duvoisin et d’Estienne Barère, demeurant à Chaumont, tesmoings. Signé: ROUROTTE.

Ce faict, estant au lieu de Bourdon, en vertu et requeste que dict est, et n'ayant trouvé ny officiers de la justice ny marguilliers, mais seulement le sieur Curé dud. lieu, ay iceluy adjourné par devant, au jour, lieu et heure que dessus, et aux mesmes fins, sauf ses sallaires raisonnables ; auquel j'ay laissé coppie, présens lesd. dessus tesmoings. Signé: ROUROTTE.

INFORMATION faicté paï nous PIERRE PERRET, conseiller du Roy en ses conseils, lieutenant général au baillage & siège présidial de Chaumont sur les faits contenus en nostre procès verbal du jour d'hier et en la requeste à nous présentée par Monsieur le révérendissime evesque et duc de Langres, et les députés du diocèse dudict lieu ; a laquelle information ayant procédé en présence du procureur du Roy en ce bailliage et de Maistre Nicolas Simon Bruant, commis au greffe d’iceluy, ainsy que s’ensuit :

Du troisième aoust mil six cens quarante huict en nostre hostel, heure de deux après midy, Jean FOURNIER, greffier en la justice du bourg Saincte Marie y demeurant, tesmoing ouy sur les faits cy dessus après serment de luy pris:

À dict estre aagé de quarante huict ans, et qu'il scayt bien que les courses des ennemis de l’Estat ont commencé à courir sur ceste frontière dès l’année mil six cens trente sept, pendant le temps que la place de La Mothe estoit au duc Charles, et mesme depuis qu’elle a esté prise par les armées du Roy et démolie ; et quoy que lesd. ennemis n’y ayent plus de retraicte, ils ne laissent pourtant pas de courir tousjours sur ladicte frontière et jusques ès lieux dudict bourg Saincte Marie, Andelot, l’abbaye de la Creste, Bourdons, Pauthaine, Landéville, Dompremy aux Chèvres ; que luy qui dépose fut faict prisonnier par lesd. ennemis l’année dernière, mené au bois de Haye, proche Darney en Vosge, où 1l fut battu et exceddé pour le faire composer de Sa rançon qui fut de quarante pistolles ; ce qui l’a ruyné entièrement ; que depuis huict jours il a veu passer proche Huillecourt trois partis desd. ennemis, l'un de trente deux soldats, un de vingt cinq et un autre de dix huict, conduicts par les

nommés Provencherot, Richecourt et Despinal, lesquels tiennent à présent les bois entre la rivière de Marne et celle de Meuze, outre lesquels partis il y en à encore un autre conduict par le nommé La Rozée de la garnison de Luxembourg, qui a, ces jours passés, prins dix prisonniers et emmené les bestiaux des lieux de Pauthaine et de Landéville, Dompremy et Bourdons ; ont pris prisonnier un nommé Vallée, de Vigne proche d'Andelot, l'ont mené en un bourg proche de la place de la Mothe où ils l'ont fort maltraicté pour le faire composer de sa rançon; laquelle composition a esté faicte audict lieu du bourg Saincte Marie à vingt pistolles ; que lesdicts coureurs donnent telle terreur dans le pays que la pluspart des habitans ayment mieux quitter leurs demeures que de tomber entre leurs mains. Qui est tout ce qu'il a déposé à luy rôleur et a persisté, s’est soubsigné, signé enfin à la minute, FOURNIER avec paraphe.

Claude FOURNIER, laboureur demeurant au bourg Saincte Marie, tesmoing ouy sur lesd. faits après serment de luy pris.

A dict estre aagé de dix huict ans, et que depuis la prise de La Mothe par les armées du Roy, Îles ennemis de l'Estat qu'on appelle Crouattes n’ont laissé de courir et ravager tout le pays de ceste frontière, prendre des prisonniers, emmener les bestiaux et particulièrement des lieux dudict bourg Saincte Marie, Andelot, La Creste, Bourdon, Pauthaine, Landeville et autres lieux du hault pays, qu'ils meinent aux bois où ils leur font composer des rançons ; que depuis peu de jours il a passé proche de Huillecourt trois partis desd. ennemis, les uns de trente, les autres de vingt cinq et de dix huict, ce qui donne telle appréhension aux pauvres laboureurs de ceste frontière que la pluspart quittent leur demeure et leurs moissons de peur de tomber entre leurs mains, mays bien qu’un nommé Vallée, du lieu de Vignes fust pris prisonnier par lesdicts Crouattes proche dudict Andelot venant en ceste ville de Chaumont y à environ un mois, fut mené au bois proche de La Mothe, et que la composition de sa rançon fut faitte aud. bourg Saincte Marie à vingt pistolles. Qui est tout ce qu'il a déposé à lui rôleur & a persisté, s’est soubsigné, signé enfin en la minute Claude FoUR- NIER avec paraphe.

Jean CHAUVOT laboureur demeurant au bourg Saincte Marie, tesmoing ouy sur lesd. faicts après serment de luy pris:

A dict estre aagé de vingt cinq ans, et que depuis le siège de La Mothe et la démolition de la place, on croyoit estre en repos, et qu'ils ne seroient plus tourmentés des Crouattes et ennemis de l'Estat. Néantmoings depuis ce temps, ils’ n’ont laissé de courir et ravager tout le pays de ceste frontière, en telle sorte que les pauvres laboureurs n'’osent presque aller à leurs moissons crainte d'’estre pris prisonniers ; que la veille de la Pentecoste de l'année dernière, un parti desd. ennemis vint au bourg Saincte Marie où ils prirent et emmenèrent tous leurs

bestiaux, baïllèrent un coup de fuzil à Nicolas Benoist au travers du corps, et un coup d’espée à sa femme, et emmenèrent deux prisonniers qui ont payé rançon telle qu’elle les à ruynés ; que l’on a veu depuis quinze jours passer trois partys desdicts ennemis proche de Villecourt et sont dans les bois entre la rivière de Meuze et la Marne, d'où ils courent jusques aux lieux de Bourdon, La Creste, Andelot, Pauthaine, Landeville et Domremy, ont pris proche dudict Andelot un nommée Vallée de Vignes, qu'ils emmenèrent au bourg où il fut battu et tourmenté pour le faire composer de sa rançon qui fut faicte audict bourg ‘Saincte Marie à vingt pistolles. Qui est ce qu'il a déposé à luy rôleur et a persisté, et déclaré ne scavoir signer.

Taxé à chacun desd. tesmoings vingt sols.

Maistre François CHEVRY, procureur du Roy en la prevosté d'Andelot y demeurant, tesmoing ouy sur lesdicts faicts après serment de luy pris:

Dit estre aagé de cinquante cinq ans, et que depuis l’année mil six cens trente cinq jusques À présent led. lieu d’Andelot n'a jamais esté qu’il ne soit continuellement tourmenté des Crouat tes et ennemis de l’Estat, mesme depuis trois semaines ou un mois en ça qu'ils sont journellement ès environs dud. Audelot ; que sur la fin d’avril dernier ils emmenèrent quatre chèvres au lieu de Sainct Belin dont l’une appartenoit au déposant, et six hommes, desquelles quatre chèvres il y en a demeuré trois, l’autre ayant esté rachetée par ledict déposant, et qu'’environ la Sainct Jean dernière, le sieur François Vallée de Vignes partant dudict Andelot pour venir en ce lieu de Chaumont fut pris prisonnier par lesdicts Crouattes environ un quart de lieue d’Andelot et mené aux bois proche de la Mothe où il fut trois jours, et pour sa rançon a esté contrainct de fournir trente pistolles, qui est cause de sa ruyne totalle. Que peu de temps après les cavalles du musnier de la Creste ont esté prises par lesdicts Crouattes, qui ont esté perdues pour Jedict musnier ; que vendredy dernier ils emmenèrent encores deux charrues du lieu de Bourdons et un homme conduisant icelles qui sont encore détenus par eulx, et ne scayt on en quel lieu ; bref Ia frontière de Lorraine est plus dangereuse qu’elle n’a esté, et n’oseroient les habitans d'Andelet sortir pour venir en ce lieu sans escorte. Qui est tout ce qu’il a dict scavoir -à luy rôleur, y a persisté et s’est soubsigné, signé enfin CHEVRY avec paraphe.

Maistre François MAGNAN, lieutenant en la prévosté d'Andelot, tesmoing ouy sur lesd. faicts après serment de luy pris:

À dict estre aagé de trente sept ans, et que depuis ledict siège de La Mothe, notamment depuis l’année mil six cens quarante cinq les courses des ennemis de l’Estat ont esté continuelles €n ce pays et sur la frontière, prennent prisonniers bestiaux et hommes mesmes depuis six mois en Ça, y ayant plusieurs partis tant de Luxembourg, Montmédy, Hombourg que Biche qui ont pillé

plusieurs gaignages dependans de l’abbaye de La Creste, Comboullerot, La Vieille Creste, emmené les bestiaux et les hommes prisonniers, plusieurs chevaux de ladicte abbaye de la Creste, du lieu de Bourdons, estans ordinairement ès environs du lieu d’Andelot, estans les habitans dud. lieu contraincts pour venir en ce lieu de Chaumont de se destourner de plus d’une lieüe du grand chemin à cause des boys ct buissons où ils se retirent ordinairement, auxquels ils ont pris plusieurs prisonniers depuis peu de temps, notamment le sieur Vallée demeurant à Vignes qu'ils ont conduict aux bois l’exceddant de coups afin de composer de la rançon, pour laquelle il a payé vingt pistolles ; que depuis Pasques dernier le deposant scayt bien que Maistre Anthoine Vaillant du lieu de Sainct Jovaire, son oncle, estant un dimanche à la messe, les ennemis de la garnison de Montmédy entrèrent en ladicte église, où ils prirent quinze ou vingt prisonniers dudict lieu, partie desquels Îles conduisant aud. Montmédy auroient esté laschés en payant leur rançon, et pour ledict Vaillant et les autres, furent menés audict Montmédy, pour sortie duquel lieu ils ont payé huict vingt pistolles et plus de rançon ; et sont encore lesdicts ennemis dans les bois à présent en plusieurs partis entre la rivière de Marne et celle de Meuse, et particulièrement ès lieux d’Huillecourt, Saint Thibault, Graffinieux et autres lieux des environs de La Mothe. Qui est tout ce qu'il a déposé à luy rôleur, y a persisté & s’est soubssigné en la minute des présentes, signé enfin Ma- GNAN avec paraphe.

Du lendemain quatrième desd. mois et an, en l'hotel et par devant nous lieutenant général susdict heure de midy:

Frère Jean CORNEVIN, prestre, curé de Bourdons, tesmoing ouy sur lesdicts faicts après serment de luy pris :

À dict estre aagé de quarante sept ans, et qu’en l’année mil six cens trente sept dans le temps que l'armée suédoise estoit en quartier d'hiver en ce pays, il estoit curé et pasteur dudict Bourdons dans lequel lieu lesdicts Suédois firent de grandes violences, massacrèrent et violèrent plusieurs personnes jus ques au nombre de trente sept, et bruslèrent après avoir pillé tout ledict village, plus de cinquante à soixante maisons, depuis lequel temps ledict village a esté réduict à une si grande extrémité qu’il n’y est resté qu'une ou deux charrues ; pourquoy le finage dudict lieu est encore pour la plus grande partie inculte et désert comme pareillement celuy des paroisses voisines qui ont souffert ledict quartier d'hiver, après lequel passage desdicts Suédois, les armées ennemies, notamment la garnison de La Mothe, a couru (sic) tous les villages voisins et ledict lieu de Bourdons par plusieurs Dartistque. lens oveines de la place envoyoit en campagne ; lesquelles courses ont réduict tout le pays dans l’extresme malheur jusques à la reprise de ladicte place de La Mothe ; après laquelle il sembloit que le pays dust

estre plus en repos et calme qu'il n’avoit esté, mais il en est arrivé autrement en ce que lesd. ennemis qui tiennent et occupent les places de Montmédy, Biche et Hombourg continuent à présent lesdictes courses & depuis trois semaines en ça ont faict des prisonniers proche le bourg d’Andelot, et vendredy dernier les bestiaux dudict déposant et d’autres particuliers dudict lieu de Bourdons furent pris par un party desdicts ennemis qui estoit conduict par les nommés Mordin du lieu de Bourmont et La Rosée du village de Huillecourt, et se sauva ledict party dans les bois voisins de Romain et Illou, villages de Lorraine ; avec lesquels bestiaux ils emmenèrent aussy le nommé François Cotterot, habitant dudict lieu de Bourdons, lequel ils ont maltraitté et exceddé en plusieurs parties de son corps pour l'obliger à payer rançon, laquelle a esté composée à cinq pistolles après son bétail perdu par le nommé Sainct Martin dict Seuilly avec lesd. ennemis, lequel Sainct Martin à ce que ledict déposant à appris, fréquente ordinairement lesdicts ennemis auxquels ïl faict toucher grandes sommes de deniers pour lesd. rançons ; et a assuré ledict déposant que depuis quinze jours en ça il leur avoit faict toucher plus de cinquante pistolles, et que lesdicts ennemis ne cherchoient que de l'avoir pour amy, afin de pouvoir plus librement courir par le pays, où ils sont tous les jours en trois partis, et empeschent que les villageois n'osent pas librement se hazarder en campagne pour la récolte de leurs grains, qu'ils n’osent aller faire qu'avec armes et main forte, parce que lesd. ennemis sont continuellement aux aguésts pour enlever leurs bestiaux et prendre les prisonniers. Scayt de plus que depuis deux ou trois mois lesdicts ennemis ont pillé et enlevé entièrement les hommes et bestiaux de la grange de Montlebert, comme aussy plusieurs bestiaux des villages de Sainct Blin, Millières, Thol, Les Granges de l’abbaye de la Creste et autres lieux qui sont abandonnés pour la pluspart à cause desdictes incursions. Qui est ce qu’il a déposé à luy rôleur, y a persisté et s’est soubssigné, signé à la minute J. CORNEVIN avec paraphe.

Nicolas AUBERT, musnier des moulins de la Creste, tesmoing ouy sur lesdicts faicts après serment de luy pris:

À dict estre aagé de quarante ans, et que le jour de feste de Sainct Jean dernière, vingt cinquiesme juin, estant dans ses moulins, il fut adverty par son vallet qu'un party des ennemys qu'on appelle Crouattes, avoit emmené trois cavalles et deux pouliches de ceste année à luy appartenant et qui estoient dans l2S prairies au dessoubs desd. moulins, ce qui occasionna d'’envcyer sa femme après lesd. ennemis pour repeter lesd. bestiaux, laquelle les ayant rencontrés dans les bois du village d'Ozières, elle recongneut que ledict party estoit composé de six hommes armés de fuzils et pistollets, et qui tenoient prisonnier le veneur du sieur abbé de la Creste, auxquels la femme dudict déposant sestant adréssée afin de ravoir lesd. cavalles, il luy fut dict

par les nommés La Rozée et La Jeunesse, du lieu d'Huillecourt, qu'elle n’avoit qu’à payer la course, et aller quérir du vin au village de Clinchamp, et qu’on luy rendroit lesd. cavalles ; ce qu'elle fit à l'heure mesme, et demanda ledict veneur qu'ils tenoient prisonnier pour apporter avec elle le vin et ce qui estoit nécessaire pour les traïicter ; et estant la femme de luy déposant arrivée audict Clinchamp elle prist du vin et du pain, et leur porta dans les bois où ils font ordinairement leur retraite ; lesquels après avoir beu, refusèrent de restituer lesdictes cavalles et poulains qui ont esté perdus ; scayt bien que depuis la prise de La Mothe, ils ont toujours paru dans Île voisinage de lad. abbaye de La Creste et y sont encore tous les jours ; ce qui empesche les laboureurs de faire la récolte de leurs foings et grains, et s'il n’y est promptement remédié, il sera contrainct aussy bien que les autres habitans des autres villages dudict La Creste d'abandonner. Scayt de plus qu'ils font les mesmes courses du costé du bourg d'Andelot, du village de Sainct Blin, Millières et autres lieux, où ils ont faict des prisonniers et emmené quantité de bestiaux, entre autres neuf chevaux de la Vieille Creste, et quatre chevaux de gaignage de Boullerot deppendant de ladicte abbaye de la Creste, et deux pri sonniers après avoir pillé les logis. Qui est ce qu'il a déposé à luy rôleur, y a persisté, et déclaré ne scavoir signer.

Nicolas SIMONNOT, greffier en la justice de la Creste, demeurant à Cirey les Mareilles, tesmoing ouy sur lesdicts faits, après serment de luy pris:

A dict estre aagé de cinquante ans, et qu'en l'année mil six cens trente sept, lorsque les Suédois prinrent leur quartier d’hiver en ce pays, ils y ont faict de grandes exactions, pillé, bruslé et vollé tous les villages circonvoisins de ladicte abbaye de La Creste, mesme mis le feu au village de Bourdons, ce qui obligea les villageois de quitter la campagne ct se retirer dans les villes pour se mettre à couvert des violences desdicts Suédois, après la sortie desquels les ennemis de l’Estat ont faict des courses continuelles dans le pays, jusques au dernier siège de La Mothe, et ont faict plusieurs, prisonniers, en sorte que tout le pays est ruyné par ces malheurs ; et continuent encore DDC sent lesd. ennemis leurs courses, ayant depuis six semaines en ça faict prisonnières plusieurs personnes du village de Sainct Blin, Millières et autres, et enlevé plusieurs bestiaux, ce qui empesche les laboureurs de vacquer à leurs ouvrages, et désertent entièrement tout le pays; et s'il n’y est remédié, Île traficq cessera entièrement, et les religieux de l’abbaye de la Creste n'ont pas de quoy subsister, le revenu estant réduict » un tiers des années précédentes par les courses desd. ennemis qui font ordinairement leurs retraites dans les bois d'Ozières proche de ladicte abbaye, le bourg d’Andelot et Bourdons. Ce

qui est ce qu'il à déposé à lui rôleur, y à persisté et s'est

soubssigné, signé à la minute des présentes SIMONNOT avec paraphe. À |

JosepH ROBERT, laboureur demeurant à la Vieille Creste, tesmoing ouy sur lesdicts faits, après serment de luy pris:

A dict estre aagé de vingt cinq ans, et qu’en l’année mil six cens trente sept l’armée suédoise ayant pris quartier d'hiver en ces quartiers, elle y fist un sy grand desgast qu’elle ruyna entièrement le pays, ayant lesd. Suédois, outre tous actes d’hostilité, bruslé plusieurs villages, assassiné plusieurs hommes et viollé plusieurs femmes et filles, et après leur sortie, la garnison qui estoit en la place de La Mothe commença à faire des courses et prendre des prisonniers desquels ils ont exigé de grandes rançons et obligé par le fer et le feu les paroisses à entrer dans la contribution ; et à présent, que les garnisons des lieux de Luxembourg, Biche, Montmédy et Hombourg continuent les mesmes incursions et paraissent tous les jours dans le voisinage de ia Creste, ayant emmené les bestiaux dudict déposant jusques au nombre de neuf et celuy des autres censiers des gagnages de ladicte abbaye, ce qui donne un tel estonnement dans le pays que les habitans de ladicte Creste et villages circonvoisins n’osent aller à la récolte de leurs foings ct moissons, pour l’appréhension qu'ils ont de tomber ès mains desd. ennemis qui ont faict des prisonniers proche le bourg d'Andelot depuis un mois, emmené plusieurs bestiaux des villages de Sainct Blin et Maures ; contraignent lesdicts prisonniers de composer de leurs rançons dans les bourgs où ils se retirent, et sont tués ceux qui en sont refusans, s'ils ne sont repetés dans peu de temps et leurs rançons payées. Scayt de plus qu'au subject desdictes incursions, partie des villageois qui sont sur la frontière ont quitté leurs demeures et se sont retirés en Lorraine et d’autres qui abandonnent leurs maisons pour se retirer en lieu de seureté. Qui est tout ce qu’il a déposé à luy rôleur, y a persisté et a déclaré ne scavoir signer.

Taxé à chacun desd. témoings trente sols.

Faict soubs nostre seing, celuy desd. procureur du Roy et Bruant commis, les an et jour que dessus. Signé PERRET, DE POIRESSON, et BRUANT. rt

| Nous, maire et eschevins de la ville de Chaumont, certiffions à tous qu'il appartiendra que dès l’année mil six cens trente six les armées ennemies et suédoises entrèrent en ce pays et dans le diocèse de l’esveché de Langres où lesdicts ennemis et Suédois ont faict et commis tous actes d’hostilité, plusieurs meurtres, incendies, pilleries, saccagemens d'églises, viollemens et autres semblables effects. À cause de quoy, tous les villages frontières des duchés de Lorraine et comté de Bourgogne qui composent la meilleure partie du diocèse ont esté désertés et abandonnés par le peu d'habitans qui ont survescu ces malheurs et qui sont eschappés de la maladie contagieuse de laquelle en

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ladicte année mil six cens trente six et autres subséquentes ceste ville de Chaumont et tout le plat pays estoient desastreusement affligés, en sorte que depuis ledict temps la plus grande partie desd. villages est demeurée sans culture et habitation, jusques à la reprise et razement de la place de la Mothe, et lesd. ennemis faisoient dans lesd. temps des courses continuelles ‘dans le pays par plusieurs partis qui ont ruyné et ravagé entièrement par le feu, par les meurtres et par le pillage tous les villages frontières et mesme ceux qui ne sont situés qu’à demie lieue de ceste ville, auxquelles incursions desd. ennemis sy les habitans d’un lieu qui estoient journellement sous les armes ne se fussent opposés, ils auroient passé jusques au faubourg pour y apporter le feu, et y faire les mesmes inhumanités et cruautés qu'auxd. villages circonvoisins ; et con: tinuent encore à présent en ce pays les courses de ces ennemis par les partis qu'ils envoient des villes de Luxembourg, Biche, Montmédy ‘et Hombourg qui ont faict depuis trois sepmaines en ça des prisonniers proche le bourg d'Andelot distant de ce lieu de trois ou quatre lieues, et enlevé des hommes et bestiaux des villages de Sainct Blin, Bourdons ct des censes et métairies de l'Abbaye de la Creste, voisine dud. bourg d'Andelot; ce qui rend ladicte frontière déserte, la plus grande partie desd. villages inhabittés, et sans cultures, et tout le pays sans trafficq, pour n’y avoir aucune seureté de voyage et ne pouvoir se jetter en campagne à cause desd. incursions desd. ennemis. Ce que dessus attestons véritable. Faict en la Chambre commune de lad. ville ce quatriesme aoust mil six cens quarante huict. Signé : «DE POIRESSON, GUVOT, PiLLET, eschevins, BILLOUD, et scellé.

Nous, les gens tenant le Siège présidial estably par le Roy nostre sire en la ville de Chaumont, certiffions à tous qu’il appartiendra que depuis l'année mil six cens trente six l'exercice de la justice est beaucoup discontinué dans l’estendue de ce bailliage qui faict partie du diocèze de l’'evesché de Langres, tant à cause des fréquentes incursions des ennemis de l’Estat que des passages et quartiers d'hiver des armées suédoises en l'année mil six cens trente sept, et des armées françoises ès années subséquentes, lesquels ennemis de l'Estat, pendant qu'ils tenoient la place de La Mothe, ont faict tous actes d'hostilité, comme plusieurs meurtres, incendies et volleries, saccagemens d'églises et viollemens de femmes et filles, pour raison de quoy toute la frontière est encores présentement déserte et abandonnée par les habitans qui ont eschappés ces malheurs et qui se sont garantis de la maladie contagieuse de laquelle le pays ès dictes années mil six cens trente six et trente sept et auîires subséquentes estoit affligé n’y ayant eu aucune relâche dans lesdictes incursions que pendant le dernier siège de La Mothe qui après sa prise par les armes ‘de Sa Majesté faisoit espérer tout soulagement au pays et le restablissement de la justice, et néantmoins présentement les garnisons des places de Montmédy, Luxembourg,

Biche, Hombourg et autres lieux occupés par lesdicts ennemis sont journellement dans le pays, et ès voisinages des bourgs d’Andelot, villages de Saint Blin, Maures, Millières, Bourdons, abbaye de La Creste, et autres lieux de ce bailliage, desquels ils ont enlevé des hommes et bestiaux, et ce depuis trois semaines où un mois en ça, qu'ils conduisent ès bois voisins desd. lieux pour les obliger à payer de grandes rançons, Île trafficq dans le pays estant à ce moyen entièrement cessé et les villageois empeschés de vacquer librement à leurs ouvrages, qui est cause que plusieurs curés et ecclésiastiques abandonnent leurs paroisses pour n’y avoir de quoy subsister, et pour se garantir des mains desd. ennemis. Ce que dessus attestons véritable. Faict en la chambre de conseil, ce quatriesme aoust mil six cens quarante huict. Signé: DORRAME, MAILLY, DESACCOUR, NOLATAT. E. FAGO- TIN, MAILLY et Y. MONNIER, et scellé.

Collationné aux originaux par moy conseiller et secrétaire du Roy et de ses finances. É

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