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Une circonstance remarquable, c’est que, tandis que les apologistes du commerce des escla-
« vage qui domine en Afrique; il est e’viJenl , d’après « sa nature et son étendue , qne ce n’est point un syi- « terne moderne. Il eut probablement son origine dans « les temps reculés de l’antiquité , avant que les Malio- « inétans cherchassent un passage à travers le désert. « Il n’est ni de mon sujet ni en mon pouvoir d’expliquer « jusqu’à quel point il est maintenu et fortifié par le a trafic d’esclaves que, depuis deux cents ans , les U nations de l’Europe font avec les natifs de la côte. Si ■ l’on me demandait mes scntimeiis sur l’effet que la « discontinuation de ce commerce pourrait produire « sur les mœurs ^des naturels, ;e n’hésiterais point à « observer que, dans l’état d’ignoranco où se trouvent « aujourd’hui leurs esprits , cet effet , dans mon opi- «. nion , ne serait ni aussi étendu ni aussi avantageux « que beaucoup de personnes sages et recommandables * l’espèrent avec une si vive confiance. » ( Voyage de Mungo Park, t. ii , p. 6o. )
Il est impossible , en lisant ce passage , de n’être pas ^uappc tout à la- fois de rupinion elle-même et de la.
Tes ont toujours invoqué les opinions supposées de M. Park, leurs adversaires se sont aussi constamment appuyés sur les faits contenus dans son ouvrage; et que, dans les diverses discussions qui ont eu lieu sur cette m9tière depuis
manière dont elle est expnme'e. La proposition , prise à la lettre , est une ve'rite' e'vidente dpnt on ne peut nier la justesse , mais qui n’est d’aucune valeur ni d’au- ,cune importance. Car, qui doute que les avantages pro.» bables de l’abolition de la traite n’aicnt e'ie' exagères par des hommes remplis d’une ardente bienveillance? ou qui voudrait assurer que de tellcj exage’rations pussent avoir d’antre influence sur la discussion , que d’engager à plus de prudence et à un plus niùr examen ? Mais l’intention e'vidente du passage est de présenter un sens au-delà de ce qui frappe l’oreille , afin de produire sur le lecteur une impression inde’pendante de toutes les preuves ou de tous les principes qui doivent diriger son opinion. L’auteur veut insinuer, ce qu’il ne juge pas à propos d’affirmer , que le zèle manifeste' en faveur de l’abolition de la traite , n’avait pour seules causes que l’ignorance et l’enthousiasme.
la publicati<]^ de ce livre ^ les principaux polrils âes argumefls en favwur de l’abolition de la traite, ont toujours été tirés des assenions con> tenues dans les voyages de Piafk. Cette circonstance nsérite une attention particulière, si l’on Considère l’opinion évidente dans laquelle ils ont été composés 5 et ellei^rnit u«é forte pré- .somptioD de la vérité et de la Iklétkédu récit.
Le résultat de cette enquête sur les opinions .de Park àl’égard de l'abolitkm de la traite, paj-ait être , en peu de mots, celui-ci : En aucun temps il qp fut l’ami ou l’avocat prononcé de la , traite des esclaves;. mais son respect et sa déférence pour M, Edwards le conduisirent, jusqu’à un certain degré, à sacrifier ses Opinions et ses sentimens personnels sur ce sujet; il devint donc, presque sans s’en doutér; Jç défenseur d’une cause qu’il désap{M-ouvait. On ne peut trop s’affliger qu’il ait été tenté de supprimer ,ou d’atténuer une opinion importante, ou de s'écarter, sous, quelques rapports, de. la fnan-
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chîseet de la bonnefoi qui naturellement étaient
dans son caractère. Mais si quelque lecteur est disposé à censurer sévèrement la conduite de Park , qu’il considère avec équité sa situation à l’époque où il se préparait à imprimer ses voyages. Il était alors jeune, sans expérience dans la composition d’un ouvrage, et son avenir dépendait en grande partie du succès de son livre. M. Edwards, son ami et son conseil, était homme de lettres et homme du monde ; il occupait dans la société une place distinguée; il était, de plus , un des principaux njembres de l’Association africaine, à laquelle Park devait tout, et avec qui son sort et sa fortune étaient intimement liés. Il est difficile d’estimer le degré d’autorité qu’une personne possédant ces avantages , et douée d’un caractère ferme et décidé, dut nécessairement avoir sur l’esprit d’un jeune homme dont la situation était telle qu’on vient de le rapporter. Des suggestions venuesd’un tel côté , durent presque équivaloir à des