‹ Second voyage de Mungo Park dans l'interieur de l'Afrique, pendant l'année 1805 précédé d'une notice historique et biographique sur la mort de ce celébre voyageurChapitre 3 sur 86 · VIE DE MUNGO PARK · texte numérisé non relu

VIE DE MUNGO PARK

iVluNGO Park naquit, le lo septembre 1771 , à Fowlsbiels, ferme que son père tenait du duc de Bucclengh, sur les bords de l’Yarrow, à peu de distance de la ville de Selkirk. Son père, qui portait le même prénom que lui, était un cultivateur aisé d’Ettrick-Foresl. Sa mère, encore vivante, est la fille de feu M. John Hislop,de Tennis , à quelques milles plus haut sur la même rivière. Mungo Park fut le septième enfant , et le troisième fils de la famille, consistant en treize personnes, dont huit arrivèrent à l’âge de maturité.

Avant la naissance de Mungo Park , son pèçe avait rempli avec assiduité et succès la profession de fermier dans la terre de Fowlshiels. Il y mourut en 1793, à l’âge de soixante dix-sept

ans , après avoir fourni avec honneur cette lon^ gue carrière.

Parmi lesqualitésestimables qui distinguaient son caractère, était un soin assidu à l’éducation de ses enfans. Ce genre de mérite se rencontre assez habituellement chez les fermiers et les paysans écossais, mais il fut sur-tout remarquable chez le père de Mungo Part. Sa famille était nombreuse ; il ne se contenta pas de surveiller lui-même toutes les parties de son éducation , il prit chez lui un maître chargé de veiller à l'Instruction de ses enfans.

On doit ajouter avec satisfaction que ces soins paternels furent suivis des plus heureux résultats, et reçurent leur juste récompense. M. Part eut le plaisir(de voir la plus grande partie de ses enfans bien établis, et d’être témoin

leur prospérité.

Mungo Park reçut dans la maison de son pèfe les premiers élémens de l'éducation, et alla ensuite dans une* pension de Selkirk, où il resta

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pendant plusieurs années. Dès son enfance , il avait annoncé un grand penchant pour la lecture. Son application fut infatigable , et il se trouva toujours au premier rang de la classe. Dans un âge très-peu avancé , on remarquait déjà qu’il était studieux, méditatif et ami du silence. Cependant , quelques étincelles de son ambition cachée éclatèrent par momens; même alors on put découvrir des indications ’ de ce tour d’esprit ardent et aventureux qui le distingua dans la suite , et qui souvent se trouve caché sous un extérieur froid et réservé.

L’intention prenrière du père de Iviungo Park avait été de le destiner à l’église écossaise; il paraissait fort propre à embrasser cette profession , par ses habitudes studieuses et le Ion sérieux de son esprit; mais il choisit l’état de médecin, et son père consentit sur-le-champ à son désir. MungoPark entra donc, à l'âge de quinze ans, comme élève, chez M. Thomas Anderson , chirurgien estimé de Selkirk. 11 y

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resta trois ans , et continua en même temps ses études au college. En 1789, il quitta M. Anderson, et se rendit à Tuniversité d’Edimbourg, où il suivit les cours des cludians en médecine, et assista aux leçons pendant trois sessions de suite.

On ne sait rien de particulier sur sa vie académique. 11 pafaîf cependant qu’il se livra avec ardeur et assiduité aux études liées à la science de la médecine, et qu’il fut distingué parmi ses condisciples. Pendant les vacances de l'été, il donna une grande attention à la botanique, pour laquelle il parait avoir eu toujours une grande prédilection. Un voyage qu’il fit vers ce temps dans les montagnes, avec son beau-frère, M. James Dickson , botaniste distingué, contribua beaucoup à ses progrès dans cette science.

Quand Park eut complété ses études à Edimbourg , il se rendit à Londres , pour y être occupé en qualité de médecin. M. Dickson, auquel il avait eu déjà des obligations dans ses études botaniques , favorisa fortement ses recher-

elles. Parkluidutl’avantage d’être présenté à sir Joseph Banks , dont la bienveillance et la recom-mandation lui valurent , peu de temps après , la place de chirurgien-adjoint sur le Worcestèr,vaisseau de laCompagbie des Indes-Orientales.

Depuis celte époque , Park fut honoré de la protection et même de l’amitié constante de sir Joseph |Mnks ; il ei^ retira plusieurs avantages importans ; et elles eurent, sur les évènemens du reste de sa vie, -une influence marquée.

• Il dut d’abord cette amitié si précieuse à une liaison établie depuis plusieurs années entre sir Banks et M. Dickson ; il ne sera donc point déplacé de tracer en {leu de mots l’origine et la nature de cette intimité. Outre son influencaimmédiate sur le sort de Park, elle fut accompa> gnée de plusieurs circonstances caractéristiques très-honorables pour ceux qu’elles concernaien t, et en elles-mêmes fort intéressantes.

M. Dickson était d’une naissance obscure :

très-jeune , il vint de l’Ecosse , son pays natal.

à Londres. Pendant quel({ue temps, il exerça la profession de jardinier chez un particulier qui possédait, à Hamraersmith , une pépinière considérable. Sir Joseph Banks l’y connut par hasard , et le considéra comme un jeune homme rempli d'intelligence. Ayant quitté cette place, M. Dickson fut, pendant quelques années , jardinier dans plusilbrs grandes%aisons. 11 s'établit ensuite grainetier, à Londres; ^depuis , il a toujours suivi cette profession avec une constance et un succès continuels. Ayant une passion ardente pour la botanique, science qu’il avait toujours cultivée , autant que ses moyens et les occasions ie lui avaient permis , il j»e perdit point de temps pour se présenter à sir Joseph Banks. Ce savant le reçut avec beaucoup de bienveillance , l’encouragea dans ses travaux , et lui donna accès dans sa précieuse bibliothèque. M. Dickson obtint ainsi le libre usage d’une des collections les plus complètes de botanique et d’histoire naturelle, qui , peut

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être , aient jamais été formées ; collection qui , par la libéralité de son possesseur , a plus contribué qu'un grand nombre d'établissemens pu* blics aux progrès des savans, et à l’avancement général de la science. Toutes les heures que M . Dickson put dérober à ses occupations , il les passa dans cette bibliothèque , ou les consacra à la lecture des livres qui en provenaient. Avec le temps , il acquit de grandes connaissances, et parvint à occuper «n rang distingué parmi les botanistes anglais. Il est maintenant connu en Europe, des personnes versées dans cette science, comme un de ceux qui

la cultivent avec le plus de succès, et comme

l’apleur de quelques ouvrages remarquables.

Dans un âge assez avancé , il est encore fort . actif, et continue , avec une ardeur et une activité infatigables , ses études sur la botanique (i).

(i) M. Dickson est membre de la Société linnéenne ,

Un tel exemple d’industrie couronnée par

le succès, jointe à un goût prononcé pour les travaux intellectuels,' mérite d’être cité , nonseulement à cause de son rapport avec le sujet de ce livre , mais parce qu’il fait ressortir, d’une manière très - frappante et très - agréable , les avantages de l’éducation dans les classes inférieures de la société. On a déjà remarqué l’attention des fermiers et des’ paysans écossais à <

dont il fut un des fondateurs. II est aussi nneinbre et vice-pre'sident de la Socie'te' de la culture des jardins. Il y a plusieurs Me'moires de lui dans diffe'rens volumes

des Transactions linnéennes; mais il est principalement

connu , parmi les botanistes , par un ouvrage intitule : FascicuU quatuor planiarum Crjrptogamicarum Bri-' tanniœ. Londres, 1 785-1 79'i. Iljf a de’crit plus de quatre cents plantes dont on n’avait pas encore fait mention.. Il a le mérite d’avoir dirigé l’attention des botanistes anglais vers une des parties les plus cachées et les plus difSciles de cette science , à l’avancement de laquelle il a lui-même beaucoup contribué.. •

instruire de bonne heureleursenfans. L’histoire de la famille de M. Park en fournit un exemple remarquable. Tout observateur sans préjugés doit admettre que les connaissances sont fort répandues parmi les babitans de cette partie de la Grande-Bretagne, et qu’ils sont en général très-intelligens. Il n’est point de pays où l’éducation paraisse mieux produire le talent et la bonne conduite, et forme mieux, dans les classes moyennes et inférieures , des hommes utiles et respectables , admirablemenf propres 4 remplir tous les devoirs importans de la vie commune.

Mungo Park ayant obtenu , par la protection de sir Joseph Banks , le grade dè chirurgien au service de la Compagnie des Indes-Orientales , s’embarqua pour ces contrées sur le JVorcester, dans le mois de février 1792. Il fit un, voyage à Bencoulen , dans l’ile de Sumatra, et revint en Angleterre l’année suivante. Rien d’important n’arriva pendant ce voyage; mais Mungo ♦

Park profita de toutes les occasions qu1l lui fournit pour étudier ses sciences favorites. Il parait qu’il fit un grand nombre de remarques et de collections relatives à la botanique et à l’histoire naturelle. Elles furent , pour la plupart , les sujets d’un Mémoire qu’il communiqua à la Société linncenne , et qui , ensuite , fut imprimé dans ses Transactions ( i ),

11 n’est pas suffisamment prouvé si M. Park ^ après son retour des Indes- Orientales , prit quelquefrésolution définitive sur la continuation de son emploi de chirurgien au service da la Compagnie; mais quelleque pût avoir été son intention à cet égard , une nouvelle perspective s’ouvrit devant lui , et son ambition eut à par-

(i) Dans le 5* volume des TVawjucnowj linne'ennes ^ page 55 , est un e'crit de Park , lu le 4 novembre 1794 ) et contenant les descriptions de huit nouvelles espèces de poissons de Sumatra. Il annonça qu’elles e'taient le résultat de ses heures de loisir pendant* son sc'jour sarcelle càte.

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