‹ Second voyage de Mungo Park dans l'interieur de l'Afrique, pendant l'année 1805 précédé d'une notice historique et biographique sur la mort de ce celébre voyageurChapitre 4 sur 86 · XI · texte numérisé non relu

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courir une carrière beaucoup plus en rapport avec ses goûts et ses sentimens.

Quelques années avant cette époque , plusieurs Anglais d’un rang distingué , mûs par un esprit de curiosité fort libéral, avaient formé une association pour propager les décou* vertes dans l’intérieur de l’Afrique , et ils poursuivaient alors leurs recherches avec beaucoup d’activité et de succès. Dans le cours d’yn petit nombre d’années, ils avaient recherché et placé, dans un point de vue plus évident que ne l’avaient fait jusqu’alors les géographes, quelquesuns des principaux faits relatifs à la partie septentrionale de ce ctntinent ; tel^ que les différences caractéristiques des principales tribus, leurs relations commerciales, les routes des grandes caravanes , la propagation générale de la religion mahométane (i), et la prééminence

(i) Progrès, de V Association africaine , toni. i*'. 1.0 U d res ,

qu'en avait obtenue la langue arabe dans une , partie considérable de ce vaste pays. Avec l’assistance de leur estimable associé , le major Renils s’occupaient alors de tracer les principaux traits géographiques de l’Afrique septentrionale. Ils essayaient de déterminer le cours du grand fleuve Joliba ou Niger^ et d’obtenir quelque information authentique concernantTombouctou , principale cité de l’intérieur, et l’un des grands marchés du commerce africain.

Dans le cours de ces recherches, l’association, depuis, son premier établissement, en 1788, avait employé à des missions dans diverses parties du continent de l’Afrique, plusieurs personnes très-capables de réussir dans de tels travaux. On savait qu’un certain nombre d’entr’elles avait péri, ou victime du climat, ou dans des .querelles avec les naturels du pays (1). On avait récemment appris la mort

(i) Les voyageurs qui avaient etc envoyés en Afrique •vaut cette époque, étaient IVlIVl. Lcdjard, Lucas, le

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du major Houghton , envoyé pour explorer le cours du Niger , et pénétrer , s’il se pouvait , jusqu’à Tombouctou et Houssa. Il paraît que l’association avait éprouvé de grandes difficultés pour remplacer çe voyageur , et qu’elle s’était déclarée disposée à faire un traitement libéral à toute personne qui , douée des qualités convenables , voudrait se charger de cette mission aussi importante que difficile.

Park porta naturellement son attention de ce côté , par suite de ses liaisons avec sir Joseph Banks , qui l’avait accueilli avec beaucoup de

bienveillance et de cordialité à son retour des

Indes-Orientales , et avec lequel il se trouvait alors fréquemment. Sir Joseph Banks était un dos membres principaux et les plus actifs de

major Houghton et M. Horneniann Dans la suite, on

en avait aussi emploie’ quelques autres , tels que IVI.Ni-

chols , M. Bourcard , etc.

* Voye% la traduction publiée en a vol. in-8* ornés d« cartes. Paris, J. G. Dehtv.

l’Association africaine; et, poussé par son zèle ordinaire pour le progrès des découvertes scientifiques , il cherchait ardemment une personne propre à entreprendre la mission de l’examen du Niger. Rien dans les éludps précédentes de Park. ne l’avait particulièrement dirigé vers des travaux géographiques ; mais il avait une passion générale pour les voyages ; il était dans toute la vigueur de l’âge, et sa constitution s’était, jusqu’à un certain degré , habituée aux climats chauds. Il vit les occasions qu’un nouveau pays lui fournirait de satisfaire son goût pour l’histoire naturelle, et ne fut pâ^s insensible à la gloire qu’il retirerait de quelques grandes découvertes dans la géographie de l’Afrique. Ces considérations le déterminèrent. Il s’informa d’abord avec soin de tout ce que l’association désirait ; puis il s’offrit avec ardeur pour entreprendre ce voyage. Quand on eut pris quelques informations ^ur sa capacité , on accepta ses offres fort volontiers.

Entre l’époque où Park était revenu de rinde> en 1 793, et son départ pour l’Afrique, il s’écoula environ deux années. Pendant tout ce temps, il parait qu’à l’exception d’un court voyage en Ecosse, qu’il fit en 1794» il demeura dans Londres ou aux environs de cette ville, occupé en partie de ses études favorites, ou fréquentant des sociétés littéraires et savantes; mais surtout acquérant les connaissances et faisant les préparatifs nécessaires pour la réussite de sa grande entreprise. *

Ayant reçu de l’Association africaine ses instructions définitives, il fit voile de Portsmouth, le 33 mai 1796, à bord de VEndeavour, vaisseau destiné à la traite des nègres, et partant pour la Gambie , où il arriva le 3 1 du mois suivant. ‘

11 n’est pas dans l’intention de celui qui écrit cette notice, df^suivre Park dans tous les dé tails de ce voyage, dont il publia ensuite un récit circonstancié généralement connu ; mais

( ’xvl )

il peut être utile de rapporter les dates, et quelques-unes de ses principales opérations (i\

Il débarqua le 21 juin , à Jilliliee, petite ville siiuée près l’embouchure de la rivière de Gambie. Peu de temps après, il se rendit à Pisania, comptoir anglais, à environ deux cent milles plus loin , sur la même rivière. 11 y arriva le 5 juillet, et fut reçu avec une grande hospitalité par le docteur Lidley, fixé depuis un grand nombre d’années dans cet établissement. Mungo Pafk resta chez ce docteur pendant plusieurs mois , pour apprendre la langue mandingue, qui est d’un usage général dans cette partie de l’Afrique, et aussi pour rassembler des informations relatives aux pays qu’il se proposait de visiter. Pendant deux de ces mois, il fut attaqué de la fièvre, par suite de l’imprudence qu’il avait eue de s’exposer à la saison pluvieuse.

(1) Voyage dans l'intérieur de l'Afrique, fait en 1795, 1796 et 1797 î traduit par J. Casléraj2 vol. in-8 ,

cartes et portrait. Paris, J. G. Dentu.

( xvn )

Il quitta Pisanla le 1 2 décembre 1 796 , en se , dirigeant rers l’est, dans la vue d’arriver au fleuve Joliba ou Niger. Mais la guerre existait entre deux souverains de l’intérieur, et il fut obligé, après avoir fait quelque chemin , de , prendre la direction au nord, parmi le territoire des Maures. Il arriva le 1 8 février 1 796 , à Jarra, ville frontière de ce pays. Comme il continuait sa route, il fut fait prisonnier, le 7 mars, par AU, chef ou roi de ce pays. Après . une longue captivité et une suite d’infortunes sans exemple, il s’échappa enfin avec de grandes difficultés, au commencement du mois de juillet.

L’époque approchait oùildevait recevoir quelque compensation de tant de souffrances.il erra^ dans une grande misère, pendant environ trois semaines , au milieu des déserts de l’Afrique , et arriva à Sego, capitale du pays de Bam barra, ville qui, dit- on, contient 5 o,ooo habitans. 11 eut en même' temps le plaisir de voir pour.ia

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