CXIV
et il n'avait que le choix des difficultés. Il devait tenter de parvenir au Niger avant que la saison des pluies fût tout à fait venue : ce qu'il ne pouvait peut-être considérer que comme tout au plus possible ; ou bien retarder son voyage jusqu'au retour du temps propre à l'entreprendre ,
ce qui devait avoir lieu aux mois de novembre
ou de décembre suivans. L’évènement a montré qu'il eût agi avec plus de sagesse en différant celte expédition. Mais les motifs qui le portèrent à une autre manière de penser étaient remplis d'évidence et de force, et, au total , on les trouvera sufhsans pour justifier sa conduite. 11 dut naturellement considérer que le retard de l'expédition pendant sept mois serait on ne peut plus désagréable , tant ‘pour lui que pour ses compagnons de voyagé; qu'il occasionnerait ua grand surcroît de dépense , et qu'il tromperait l'attente du gouvernement. Peut - être aussi douta-t-il, puisque le cas n’était point prévu par ses instructions officielles, s'il échapperait
à la censure , en différant son voyage pendant un temps si long , lorsque les circonstances ne lui faisaient pas absolument de ce relard une nécessité positive et incontestable.
Dans cette situation difficile, il prit le parti le plus conforme à son caractère et à sessenlimens. Ayant une fois formé sa résolution , il sy tint avec calme et fermeté. 11 bannit de son esprit tous doutes et toutes appréhensions ; ou , du moins, il les cacha à ses compagnons de voyage, ainsi qua ses amis et à ses correspondans d’Angleterre.
Le lecteur doit consulter, pour les particularités de cette seconde expédition , le Journal que l’on publie , et qui commence à dite époque.
Mais pour faire apercevoir en général l’étendue des travaux de Park , il peut être utile , dans cette occasion comme dans la précédente , de rapporter les dates les plus importantes , et quelques-unes des principales circonstances de ♦ ce voyage.