‹ Second voyage de Mungo Park dans l'interieur de l'Afrique, pendant l'année 1805 précédé d'une notice historique et biographique sur la mort de ce celébre voyageurChapitre 49 sur 86 · CVI · texte numérisé non relu

CVI

« Les guerres qui Ont maintenant lieu dans le Bondou et le Kassom , ont empêché les marchands d’apporter ici de beurre , appelé skea.

Sans cet obstacle , je vous en aurais envoyé im

pot.

U Je vous adresse, comme un échantillon des manufactures d’Afrique', une toile mandingue, teinte avec des feuilles d'indigo , une demidouzaine de petits pots , et quelques couverclea de'leja ou calebasse. Je regrette de n’avoir pu ' me procurer de l’encens pur de Bondou.,

^ Présentez mes complimens au major Rennell, etdites-luique j’espère pouvoir corriger mes premières erreurs. Le cours de la Gambie n’est cërlainement pas aussi long qu’on le marque

dans les cartes. La montre marine est si exacte, “ . que je mesurerai l’Afrique par pieds et par pouces.

sur laquelle les nègres la recueillent. Elle parait être

une espèce de pterocarpus , non encore dc'crite par au., cuii botaniste.

( CVJI )

« S’il arrivait que quelques rapports défavorables Sur l’issue de notre voyage vinssent à se répandre , je voys prie de faire tous vos efforts pour empêcher qu’ils ne soient insérés dans les papiers publics, ou que , de toute autre ma^ nière , ils n’arrivent aux oreilles de ma chère épouse et de ma mère, m

^ mistress Park.

Kayee , rivière de Gambie ^ le 26 avril i8o5«

« J’ai été occupé ces trois derniers jours à faire les préparatifs de notre voyage , et je suis très - affligé , lorsque Je songe que je ne pourrai recevoir de lettres de vous jusqu’à ce que je retourne en^ Angleterre ; mais vous pouvez être certaine que je profiterai de toutes les occasions pour vous écrire, quoique, d’après la nature même de d’entreprise, ces occasions doivent être fort rares. Nous partons pour l’intérieur demain matin, et je vous assure que,

( cvm )

quelle que doive être l’issue du voyage , tout se montre sous un aspect favorable. Nous avons réussi jusqu’à ce moment au*^elà de mes plus grandes espérances.

K Les naturels , loin d'être effrayes à notre vue, nous regardent comme leurs meilleurs amis, et non seulenaent les rois nous ont accordé leur protection, mais ils ont encore envoyé des gens au<-devaDt de nous. Les soldats sont Irès-salis-

faits; et comme plusieurs d’enlreux ont , ainsi que moi , laissé en Angleterre une femme et des enfans, iis sont charmés de saisir cette occasion d’y retourner.^ Ils ne songent jamais aux difficultés, et je suis convaincu que , sil’occa- «ion.s’en offrait , iis vrainçraient les nègres qui viendraient les attaquer, quelque nombreux qu’ils fussent: mais nous ne nous attendons nullement à aucun évènement semblable. Le roi de Kataba, le plus puissant des souverains de la Gambie, nous a rendu visite, à bord du Croissant le 20 et le 2 1\ 11 nous a doitné un

( Cï\ )

messager pouf nous conduire en sûrelq vers le

roi de Woolli.

H J’espère avoir occasion de vous écrire de Konkodou ou de Bammakou , par quelquesuns des commerçans d’esclaves; mais comme ils voyagent fort lentement, il est probable que je serai revenu à la côte avant qu’aucune de mes lettres Soit parvenue à Gorée. Dans tous les cas, vous ne devez point être surprise si , de quelques mois , vous n’entendez point parler de moi.

En vérité, les communications entre T Afrique . et l’Angleterre sont si incertaines ^ que vous recevrez peut-être, pour première nouvelle, celle de mon arrivée dans notre patrie. Jè pense tou jours qu’elle aura lieu dans le mois de décembre. Si nous sommes obligés d’allonger notre marche en allant aux Indes-Occidentales , ce détour demandera deux mois dé plus; mais comme le' gouvernement m’a dobné nn crédit illimité , si un vaisseau se rend en Angleterre par la foute ' directe , je m'y etubarquerai commé passager.

J ai tolijours joui d’une santé excellente , et je me' livre aux plus fortes espérances d’amener celte expédition à une heureuse fin. Cinq se- > maines après la date de cette lettre , la plus mauvaise partie du voyage sera terminée. Embrassez pour moi tous mes chers enfaiis , et faites leur savoir que leur père les aime, »

Dans une lettre à M. Dickson, datée de Kayee , le a6 avril i8o5, veille de son embarquement , Park s’exprime ainsi

.« Les choses onten ce moment un aspect aussi '* favorable que je peux le désirer; et si tout va bien, d’ici à six semaines j’espère boire à la santé de vous tous avec les eaux'du Niger. Les soldats sont bien pobtans et fort gais. Ce sont les hommes les plus déterminés que j’aie jamais vus;e€t s’ils^ conservent leur santé', nous pouvons nous croire parfaitement en sûreté contre toute tentative hostile, de la part des naturels.* Je ne doute guère qn’avec des présens et dé .

belles paroles , nous ne puissions parvenir à travers le pays jusqu'au Niger; et si une fois nous y sommes bien embarqués , l’afFaife est faite. Assurez sir Joseph Banks et M. Greville de mon attachement et de ma considération^ S’ils . viennent à penser que j’ài fait trop peu d’attention aux objets d’histoire naturelle , vous pouvez leur dire que j’âi quarante hommes et quarante-deux ânes à surveiller , indépendamment dé l’embarras continu d’emballér et de pe^ des -paquets , de parlementer avec des nègres , et de former des plans pour nos succès futurs. Jamais de ma vie fe ne fus si occupé. '

En lisant celte correspondance, il est impossible de ne pas être frappé de la satisfaction que Park exprimait , et de la confiance avec laquelle il semblait prévoir pour son voyagé’ une issue

favorable. Cependant ', en réalité , rien n’était «

moins flsftteur que sa situation et sa perspective , dans le temps où il écrivait ces lettres.’

( exil )

Le détachement du corp$ royal àfricain qui devait .escorter l’expédition consistait en un lieutenant et trente'cinq soldats. On ne devait pas s’attendre qu’un régiment, ayaibt servi long^ temps dans une station voisine du 'tropique ^ telle que Corée, fournit des- troupes d’une qualité très- supérieure. Mais, malgré la favor^le opinion que Park prétendait avoir des hommes choisis en cette circonstance , ' et ^quoiqu’ils fussent les meilleurs que la ^mison pàtifouiniry il*n’y a que trop de raisons pour croire qu’ils étaient au-dessous même de ces' sortes de troupes, et qu’ils laissaient heaucxmpà désirer sous les rapports de la vigueur et de la santé, comme sous ceux de la sobriété, de la oon'stance et de la bonne discipline qu’ex%eaitsur^tout'un tel service,, '

Mais outre la qualité défectueuse des-troupes,.

il existait une autre cause d’alarn^plus sérieuse

dans l’époque défavorable à laquelle f à cause de délais imprévus, Park ae vit obligé de com-

( CXIIl )

mencer cette expédition. Il dut l’entreprendrej non paS; il est vrai, pendant la saison des pluies , mais avec une grande probabilité de s y voir exposé dans le cours de son voyage. Il avait> de plus , la certitude positive d’éprouver auparavant, non seulement les grandes chaleurs du tropique , mais encore les ouragans qui toujours précèdent et suivent la saison pluvieuse. Ces ouragans , dont il est impossible de se former une idée exacte dans nos climats tempérés; surviennent plus fréquemment et avec plus de violence , lorsque l’époque des pluies approche ; ils font éprouver des désastres considérables , et quelquefois des dangers réels aux caravanes qui voyagent dans cette saison* Quelle qu’ait pu être Topinion de Park, quant à la (^alité de ses troupes, dont il parait avoir' porté un jugement fort erroné , il dut au moins connaître parfaitement les inconvéniens que présentait l’arrivée prochaine des grandes pluies du tropit|ue; mais sa situation étajt critique ^

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