CXLI
A mhtrèss Parti.
Sansanding, 19 novembre i8o5. >
« je suis affligé Jusqu’au cœur de vous écrire quelque chose qui puisse vous causer de la peine ; mais telle est la volonté de celui qui fait tout bien! Votre frère Alexandre, mou cher ami , n’est plus. Il est mort de la fièvre à Sansanding , le matin du 28 octobre ; quant aux particularités , je vous renvoie à votre père.
.« Je crains que, frappée des terreurs d’une femme et des inquiétudes d’unè épouse, vous^ ne veniez à considérer ma situation comme beaucoup plus mauvaise qu’elle ne l’est en effet.
' A la vérité , mes chers amis , M. Anderson et George Scott, ont tous les deux dit adieu aux choses de ce monde ; et la plupart des soldats * sont morts pendant une marche faite dans la saison des pluies ; mais , croyez-moi , je suis en bonne santé. Les pluies ont tout à fait cessé ; la saison saine est revenue; il n’y a donc plus
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de maladies à redouter, et j’ai toujours assez de force pour me défendre de toute insulte en descendant le fleuve jusqu’à la mer.
(( Nous avons déjà embarqué tous nos effets^ et nous mettrons à la voile dès le moment que j’aurai fini cette lettre* Je ne veux m’arrêter ni aborder en aucun lieu , jusqu’à ce que nous arri* . vionsà la côte; ce qui, je suppose, s’effectuera vers la fin de janvier. Alors * nous nous embarque* rons pour l’Angleterre sur le premier vaisseau* Si nous devons aller par les Indes-Occidentale* , le voyage durera trois mois de plusj de sorte que nous nous attendons à être en Angleterre le mai. La cause de nos retards depuis que nous avons quitté la côte , a été la saison pluvieuse ; elle est survenue pendant le voyage ,
. et presque tous les soldats ont été attaqués de la fièvre.
H 11 me parait assez possible que je sois en Angleterre avant que vous receviez cette lettre* Vous pouvez être certaine que je suis heureux
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de tourner mes regards vers ma demeure. Noui avons terminé ce malin toutes nos affaires avec les naturels; et on hisse, eu ce moment, les voiles pour notre départ de la côte. »
Ici se terminent, par malheur, toutes les - notions authentiques relativement à Park. Ses lettres et son journal furent apportés par Isaac à la Gambie, et de là envoyés en Angleterre.
Pendant quelque t^ps on n’entendit plus parler de l’expédition ; mais dans le courant de l’année 1 806 , des nouvelles défavorables firent apportées aux établissemens anglais de la côte par les marchands de l’intérieur de l’Afrique* On annonça généralement, mais sans citer au> cune autorité précise , que Park et ses compa<> gnons avaient été tués. Ces bruits se fortifiant, et Park ne faisant parvenir aucune correspon-^; dance , le lieutenant colonel Maxwell , maintenant gouverneur de Sierra - Leona , et quP l’était alors du Sénégal , obtint du gouvernement
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la permission d’envoyer une pejsonne sûre polif connaître la vérité de ces rapports. Il eut le bon-» heur d’engager Isaac, l’ancien guide de Park j à se charger de cette mission.
Isaac quitta le Sénégal en janvier 1810, et fut absent pendant environ vingt mois. Il revint, le 1'*^ septembre 1811 , avec une pleine
confirmation des nouvelles relatives à la mort de Park. Il remit au gouverneur , comme le ré-» sultatde ses recherches à,ce sujet, un Journal de ses propres opérations, écrit par lui en arabe. Il reflfermait un autre journal qu’il avait reçu d’Amadi-Fatouma , ce guide qui , à Sansanding , avait descendu le Niger avec Park. Le colonel Maxwell fit faire, au Sénégal, une traduction de ce renseignement singulier, et il l’envoya au secrétaire d’état du département des colonies.
Ce Journal n’offre que peu de remarques à
faire, jusqu’au passage où il rapporte la mort de
Park. Composé par un Africain , et traduit par
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quelqu’un qui, probablement , n’avait qu'une connaissance bornée de la langue, arabe , dans laquelle il est écrit, il est loin d’être toujours clair ou même intelligible» Dans l’état où il parait maintenant, il peut faire naître beaucoup d’observations. On ne peut le considérer , en lui-même, comme un document d’une espèce bien satisfaisante ou bien authentique; mais le compte qu’il rend.de la mort de Park parait, au total, probable et plausible; et il est tellement fortifié par d’autres circonstances, qu’il serait difficile d’élever sur la réalité du fait un doute raisonnable». .a.
11 est vrai que la preuve. de la mort de Park , telle qu’elle est rapportée dans ce Journal , résulte entièrement du témoignage d’Amadi- Fatouma; mais la nature du fait n’admet point d’autre . assertion directe; et l’on <doit quelque attention à l’opinion. d’Isaac. Considéré par le colonel Maxwell comme un homme digne d’un certain degré de confiance, il crut, après une
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«nquête complète, à ia vérité du récit d' Alliacé* Fatouma. On peut observer aussi , comme une oirconstaBce qui ajoute du poids au jirgement d’isaac, que, bien informé des inquiétudes que ceux pour lesquels ils faisait ces reohetehes éprouvaient Sur le soft de Park , 41 devait naturellenaem désirer d'avoir des motifs de le croire encore vivant. £n conséquence, il ne pouvait admettre la réalité de sa mort, d'après aucune version, sans en avoirlui-méfkie keon** tiation positive.
; Mais la circonstance principale èt décisive, est la longueur du temps écoulé sans que i’ota eU eu de nouvelles de Park , depuis son départ de 3snsanding, en novembre >do5. On ne peut expliquer ce fait qu’en le supqiosant mort ou retenu captif en Afrique j et lorsque nous oon«> sidérons la nature de- l’entreprise à laquelle il s'étaii dévoué, son caractère personnel , et la résistance qu’il se proposait de faire ett cas d’attaque, noua devons reconnaître que, de ces