‹ Second voyage de Mungo Park dans l'interieur de l'Afrique, pendant l'année 1805 précédé d'une notice historique et biographique sur la mort de ce celébre voyageurChapitre 80 sur 86 · III · texte numérisé non relu

III

jouter à ces présens , avant qu’il voulût lerf accepter , un fusil monté en argent , ainsi que ce qui suit :

A Eeruj'ama , frèrè puîné du roi.

Barres.

Aàihre n® 2 .

Barrahoulo

A son Jîls.

AmKri». .

Aux gens du roi

A huit Finnis , pour avoir chanté plusieurs sottises 8

Le soir, je pris avec moi ceux des soldats qui avaient la meilleure mine avec leurs habits rouges , et à la demande de Numma , j’allai à la ville avec eux. Ils y firent dfüelques évolutions, et tirèrent des coups de fusil.

i5 juillet. Nous eûmes beaucoup d’envie de partir ; car nous trouvâmes que tous les habitans , jusqu’au dernier homme , étaient des voleurs. Réellement, nous n’avions jamais été dans un lieu où tant d’impudence et d’a-

’inour du larcin se trouvassent réunis. La seule manière d’expliquer ce fait, c’est de considérer que Mausa Numma est réputé le père de plus de trente enfans. Or, comme ils s’estiment tous très-supérieurs au commun des habitans,' ils. traitent tout le monde avec mépris, et mêmevolent de la manière la moins cachée. Surde bord de la rivière, il y a un grand nombre d’ossemrns humains. J’y vis plus de trente crânes. Quand j’en demandai la cause, j’appris que Mansa Nurnma infligeait toujours lui-même . les peines capitales, et que tes os que je voyais étaient céux des criminels. J’eus de fortes rai-

6ons pour regretter que les peines capitales ne s’étendissent que rarement, ou jamais, jusqu’aux descendans réels ou putatifs du roi.

i4 juillet !^Kuss\i6i que l’aurore parut , nous pliâmes les tentes et chargeâmes les ânes. Les gens de la ville se rassemblèrent autour de nous. Pendant notre séjour , ils nous avaient dérobé quatre habits longs , un fort paquet de grains à collier, un fusil, une paire de pistolets et plusieurs autres choses. Quoique nous eussions

avec nous un des fils du* roi, en qualité d« protecteur, avant que nous nous fussions avancés à une portée de fusil hors de la ville , un

des babitans enleva de dessus un des ânes , un sac contenant les effets d’un de nos soldats. Le fils du roi , le lieutenant Martyn et moi, nous galoppâmes après lui. Nous eûmes le bonheur de ]^atteindre, et de recouvrer le sac; mais, avant que nous pussions rejoindre la coffle, un autre avait volé un fusil lié à un des paquets. Nous avançâmes de cette manière dans un état eonstant’d’alarmes, et j’eus tout sujet de craindre que l’impudence des naturels n • provoquât quelques-uns de nos soldats à courir sur eux , la baïonnette à la main. A deux milles environ de Maniakorro, lorsque nous morilions dans un •chemin pierreux, plusieurs ânes tombèrent avec leurs fardeaux. Je m’écartai un peu du sentier, pour voir s’il ne serait pas possible de trouver une montée plus facile. Je tenais négligemment ■.moft fusil à la main, et je regardais autour de moi , lorsque je fus accosté par deux des fils de Numma. L’un d’eux me pria de lui

ilonner du tabac. Ne soupçonnant aiioun œâu^ vais procédé de deux individus, que j'avais vus souvent avec le roi, et sous nos tentes, je me tournai vers lui, pour lui donner l’assurance que ^ ne prenais jamais de tabac. En cet instant , d’autre, qui s'appelait TV ousaba, s’approcha de moi par derrière, m’erracha le fusil, et s’enfuit avec. Je sautai aussitôt à bas de pion cheval , et le poursuivis , l’épée à la main , en criant à M. Anderson de revenir sur ses pas, et de dire à quelques-uns de nos gens de veiller sur mon cheval. M. Anderson s'approcha du voleur de moins qu’une portée de fusil mais voyant que c’était un £ls de Numma , il hésita à tirer sur lui, et me demanda s’il ferait feu. Par bonheur, je ne l’entendis pas ; autrement j'aurais pu recouvrer mou fusil, mais au risque d’une longue négociation, et peutêtre en perdant la moitié de notre bagage. En conséquence*, le larron s’échappa parmi les rochers j et quand je revins vers mon chéval, je trouvai que l’autre rejeton du monarque m’avait volé ma redingotte.

J'allai informer l’autre fils du roi , que nou* • avions pris pour guide , de ce qui bous était ai- «« rivé. Je lui demandai comment je devrais agir, si quelques-uns des babitans nous volaient des effets. Il m’assura qu’après ce qui venait d’arriver, je n’aurais aucun tort en tirant sur le premier qui tenterait de dérober quelque chose de nos paquets. Je dis à eaux: des soldats qui se trouvaient près de moi, de charger leurs lusils, et de se tenir prêts^iLe ciel se couvrit de nuages, et, avant d’être arrivés à cinq milles de la viUe, nous éprouvâmes un ouragan trèsviolent. Pendant l’or^^e , un autre fils de Numma enleva, à un de nos soldats,. son fusil, 'et une paire de j^tolets qu’il avait posés à terre pendant qu'il rechargeait son âne.

Nous fîmes halte au milieu des rocho-s, et 6lâmes les balots^ qui tous étaient fort mouillés. Nous laissâmes paître les ânes, .et fîmes cuire du riz , quoique la pluie fût très-forte. Un des jeunes nègres ;pous donna une alarme, en criant que trois hommes ^emmenaient nos ânes. J’acepurus avec quelques-uns de nos

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gens. Les voleurs s’échappèrent parmi les rochers ; mais sans emmener aucune de nos bêtes,

quoiqu’ils eussent délié les pieds de trois, et^ attaché la quatrième à un buisson. Nous rassemblâmes nos ânes , et nous nous mimes à les charger. Pendant cette opération, un âne s’écarta des autres, à peu près à deux cents verges ; alors, à ma grande surprise, un homme sortit des rochers, enleva le balot, et se mit à le couper avec son couteau. Mais. avant qu'aucun de nous pût le rejoindre , il abaiidonna le paquet, et regagna en courant les rochers.

M. Scott et un soldat firent feu sur lui , sans pouvoir l’atteindre. Nous continuâmes notre route parmi un chemin très-pierreux. Je dis aux soldats de tirer sur quiconque enlèverait quelque chose de notre bagage. Je m’aperçus que plusieurs ânes chargés étaient abattus dans des endroits difficiles à passer; et que souvent deux charges n’avaient pour toute garde qu'un soldat à moitié malade. Je me tins en ' arrière, m’apercevant que des naturels avaient le dessein d’emmener quelques bêtes avec leurs

Dlgilizeci L, Coogl(

charges. J’ehlrevis les voleurs qui nous épiaient parmi les rochers , et qui faisaient des signes à leurs camarades, très-empressés, à Ce qu’il >,

semblait , de nous aider à recharger nos pa* quets» Je plaçai un de ces paquets sur moil cheval, un autre sur celui de M. Anderson, et j’eus le bonheur d’avoir passé les endroits difficiles de ces montagnes, au Coucher du soleil , sans avoir rien perdu , quoique environne d’environ une douzaine de voleurs bien ex.-^ périmentés» Quand nous fûmes arrivés au pied i • des rochers, nous marchâmes avec plus dé facilité, et nous rejoignîmes le reste de notre caravane vers huit heures. Nos gens s’étaient arrêtés dans les bois pour*y passer la nuit ; touà nosvêtemens furent trempés; réellement nous passâmes cette nuit fort mal sur l’herbe humide , et exposés à une rosée très-malsaine. ' l5 juillet. Nous continuâmes noire routé de lrès-l)oUne heure, et à l’arrière, nous mar* châmes fort lentement. Ce qui nous sépara dé la tête de la colonne. Les chevaux furent char-gés comme à l’ordinaire. Quand nous arri-^

\âmes à la terre cultivée qui éntoure le village de Ganambou , nous rencontrâmes un de nos soldats. Il çous dit qu’un homme vêtu eil esclave était sorti du milieu des buissons ,

et venait de lui prendre son fusil et son havresac; attachés au haut du paquet porté par son âne. Le soldat lutta contre cet homme pour ravoir, le fusil, et parvint, à le lui arracher. . Alors le voleur jeta le havresac, et essaya de s’enfuir. Mais quand il entendit le soldat armer son fusil, il craignit de recevoir le coup à l'instant même , et se jeta par terre , ,

gémissant de la manière la plus pitoyable.. Le soldat l’ajusta aussitôt; mais, par malheur, son amorce brûla , et L’esclave se levant, courut se perdre au milieu des buissons. • ,

Ganambou n’est qu’un petit village muré.

. 11 est situé à environ dix milles, est-nord-est de Maniakorro. <

i6 juillet. Nous quittâmes GanambdU ; mais les soldats et les ânes étaient si fatigués , que nous fûmes forcés de nous arrêter à Ballandou, dont Mari Umfa était douty, pour y

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passer la nuit. Nous eûmes le plus terrible orage, accompagné de tonnerre et d éclairs-, que j’aie jamais vu. J’étais si persuadé que ma tente serait frappée de. la foudre, que je m’en tins à quelque distance , pour éviter l’explosion de' la poudre à canon.

i']- juillet. A huit heures, nous quittâmes Ballandou, et arrivâmes, vers midi, à Seransang. Tous les. chevaux reçurent des charges. Le mien tomba sous la sienne , et je fus forcé d« m’asseoir près de lui, jusqu’à ce que l’on m’en-' voyàt un âne du lieu de la halte. Serransang est une ville délabrée , naais populeuse ; et le sol - offre tout autour une route facile jusqu’à une grande distance. Un de nos meilleurs ânes nous fut volé pendant la nuit. ^

i8 juillet. Départ dé'Serransang , après avoir distribué les balôts de manière à tenir les chevaux libres, afin de pouvoir empêcher les vols. Nous n’avions • guère fait .plus d’un mille, lorsqtie deux hommes suspects s’approchèrent de nous. L’un d’eux marchait doucement en arrière, et l’auhre nous devança • rapidement,

comme s’il eût été fort pressé. Je priai M. Anderson de surveiller celui qui venait après nous^ et j’allai en avant, assez loin pour me tenir en vue de l’autre. Le chemin venant à tourner, les buissons me cachèrent- cet homme; et il saisit cette occasion pour emporter un habit des balots confiés à un de nos malades. Par bonheur, je l’aperçus au moment où il s’en< fuyait parmi les buissons; et galoppant dans une direction qui me permettait de le devancer, j’arrivai bientôt si près de lui, qu’il se cacha entfe quelques baissons fort épais.

Tandis que j'en faisais le tour, il se tint du côté opposé au mien ; et , de cette raafiière , je lui donnai la chasse pendant quelque temps dans les buissons , mais sans jamais le perdre de vue. A la fin, il coui-ut au-delà d*un grand arbre , et par un saut en arrière , se tîntotout contre le tronc. Je pensai qu’il m’échapperait certainement, si je ne profitais pas de cette occasion. £n conséquence, je fis feu; et plaçant mon fusil sur le pommeau de la selle ,

je pris un de mes pistolets. Je dis aussitôt à

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cet homme que s'il remuait, j'allais le tuer au

moment même. « Ne me tuez pas, homme

blanc, s’écria -t -il, je ne peux remuer, vous

m’avez cass^ la jambe.» J’aperçus, en effet, que

le sang coulait le long de sa jambe; et quanS il ôta l’habit, je vis que la balle avait passé à travers sa jambe, à environ deux pouces au-dessous de la jointure du genou. Il grimpa un peu sur l’arbre , qui était d’un accès facile , en criant toujours , d’une voix pitoyable : « Ne me tuez pas. H Plusieurs gens de la coffle , lorsqu’ils entendirent le coup de fusil , accoururent vers moi. Parmi eux était le guide, que. Keminoum nous avait loué, et qui insista pour que je misse sur le champ le voleur à mort; sans quoi, disait-il, je n’exécuterais pas les ordres de son maître , lequel m’avait ordonné’ de tirer sur tous ceux qui me voleraient. J’eus beaucoup de peine à l’empêcher de le tupr; mais, satisfait d’avoir recouvré l'habit, je lais.sai le voleur tout sanglant au milieu des branches de l’arbre.

Nous marchâmes sans, autre mésaventure .

jüsqu-a environ trois heures après-midi ; alors nous fûmes assaillis par un ouragan. Pendant Forage, un de nos malades était resté un peu en arrière. Quatre hommes le saisirent, et lui enTevèrent sa jaquette. Il les suivit de loin; et quand ils approchèrent de M. Anderson et de moi , il nous cria d en tuer un parce qu’ils lui avaient volé son vêtement. J’avais enveloppé de mon mouchoir de poche , la batterie de mon fusil , pour tenir l’amorce sèche. Quand les larrons virent que je l’ûlais', l’un d’eux prit la jaquette de dessous son manteau ,. et la jelta sur le dos d’un âne. M. Anderson

les suivit à cheval , et je marchai aussi près de lui à pied qu’il me fut possible, mon cheval étant chargé. Quand nous eûmes prolongé cette surveillance pendant environ trois milles, ils se jetèrent dans les bois. Soupçonnant qu'ils avaient l’intention de revenir, et de voler quelques paquets des ânes fatigués qui se trouvaient à l’arrière , je retournai avec M. Scott. Il se trouva qu’un soldat avait perdu ‘sa jaquette

et un autre son bavresacj mais, d’après les »

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portraits qu’ils nous firent des voleurs , ils u’etaient pas les mêmes que ceux qui avaient déjà passé près de nous.

Je continuai de rester à l’arrière. Quand nous fiknes à un mille de la ville de Nummabou, le chemin passa près de hauts rochers. Comme les ânes étaient un peu en • avant de jnous , deux des voleurs que nous avions déjà vus vinrent d’entre les rochers, et s’approchèrent des ânes. Mais quand ils nous virent avancer, ils essayèrent de rétrograder, sans être vus, vers leur retraite. J’en appelai un , lui demandant de s’arrêter, et de me dire ce qu’ils regardaient là. Ils approchèrent de nous; mais comme ils n’avaient aucun.de nos 'effets, nous ne pûmes les retenir. En conséquence, ils se dirigèrent vers l’ouest. M. Scott et moi nous allâmes examiner la partie des rochers d’où nous les avions vus s’avancer ; nous eûmes le bonheur de trouver un habit de soldat, une chaudière , et beaucoup d’autres objets qui probablement avaient été leur part du butin; car j’appris, en arrivant à la* ville, que l’âne qui

poFlait les fusils des< malades, avait été ar-< çété, prçs de çes roçhers, par quatre hommes; et que six fusils, une paire de pistolets et, ynhavresac avaient été volés^ Pour compléter notre malenco.ntre, J. Bo"wden, un des m^-plades, était absent; et nous, ne doutâmes, guère qu’il n’eût été massacré et volé par ces mêmes hommes , au milieu des bois. On nous vola encore, pendant la nuit, un très^bon âne.

19 juillet. Ayant acheté un âne pour remplacer celui qui nous avait été pris , nous quil-.

tâmes Numniabou , qui est un village entouré

de murs , et continuâmes notre marche. Nous eûmes deux ouragans ; le dernier, qui survint vers onze heures , nous mouilla fortement , et rendit le chemin glissant. Deux ânes lurent hors d’état d’avancer plus loin. Nous mîmes leurs charges sur les chevaux, et nous les aban^ donnâmes. Le. cheval de M. Scott était hors, d’état de marcher : nous le laissâmes â .notre ^ide. A midi , nous arrivâmes aux ruines d’une ville. Deux ânes encore ne purent porter leurs fardeaux. Nous louâmes des naturels pour s’ep

charger, et un jeune garçon pour conduire

les ânes. Nous passâmes à midi et demi parmi

les ruines d’une autre ville; j’y trouvai deux

de nos malades couchés sous un arbre , et qui

refusèrent de se lever. Ils furent ensuite dé-

pouillés par les nègres , et vinrent tout nus à nos tentes, le lendemain matin. Peu de temps après , je rencontrai un âne étendu sur le chemin, et hors d’état d’avancer avec sa charge. Je mis une partie de ses paquets sur mon cheval, déjà fortement chargé. Je pris un havresac sur mon dos. Le soldat conducteur de la bête , prit le reste , et la fit marcher de^ vant lui.

Nous arrivâmes sur les bords de la Ba- Wouliraa à une heure et demie. Cette rivière est étroite , n’ayant que cinquante ou soixante pieds de largeur ; mais elle était tellement gonflée par les pluies , quelle ‘avait vingt pieds de profondeur à l’endroit où nous nous proposions de la passer. Notre première tentative fut d’abattre un arbre sur le bord de la rivière , afin .que , dans sa chute,^il pût s’étendre

en travers du canal , et fojriner un pont ; maïs

quanti nous en eûmes coupé quatre , ils tombèrent de façon à ne pouvoir nous être d’aucun usage : car quoique le sommet de l’un d’eux atteignît les rochers du bord opposé , lorsqu’il fut abattu, la violence du courant le dé[)laça. Nous fatiguâmes ainsi jusqu’au coucher du soleil , et alors nous renonçâmes à l’entre[)rise.

J’observai les émersions des satellites de Jupiter.

Le passage de la rivière était le grand objet de nos désirs ; je proposai de tirer avec des cordes un radeau d’un bord à l’autre ; mais les mandingos furent décidément d’avis qu’un pont seul pouvait répondre à notre dessein, et ils dirent qu’ÿs le compléteraient en deux heures. Je me mis à faire un radeau avec les charpentiers ; mais quand les bois furent coupés en longueur , nous ne pûmes rassembler assez d’hommes bien portans pour les amener au bord de l’eau. Nous fûmes donc forcés de renoncer à no||e projet , et de nous en tenir

au pont des n^res , qui fut, fabriqué de la manière suivante. On coupa une perche pour sonder le fond de la rivière , et on y fit des entailles pour indiquer la profondeur de l’eau , à différentes distances du rivage. On abattit ensuite deux arbres bien droits , et on attacha fortement ensemble leurs sommets avec des liens d’écorce. Ils furent lancés dans la rivière, avec le secours de deux hommes, et au moyen d’une corde transportée sur le bord opposé.

Les racines et les têtes des arbres furent fortement attachés par des cordes aux racines d’autres arb/es, de chaque côté de la rivièiÿ. On planta en avant de ces arbres une rangée de bâtons fourchus par le haut, et coupés exactement d’après les diverses longueurs indiquées par la perche qui avait servi de sonde. Ces fourches , élevées en l’air, supportaient deux autres arbres liés comme les premiers , mais qu’on n’avait pas; comme eux, laissé enfoncer dans l’eau. Ils' furent, au contraire, souteipjs au moyen des fourches, à environ un pied au-dessus de la surface. On plaça un peu plus loin, en remon-

tant le courant , Une autre rangée de fourches, qui supportait aussi deux arbres liés comme les premiers. Le tout fut complété par des bâtons en travers. Les deux arbres , d’abord placés en travers de la rivière, et que l’on avait laisse s’enfoncer dans l’eau , servaient à empêcher le courant d’entraîner les fourches , dont les racines étaient penchées en dessous de ce même courant; tandis que sa force pressait et retenait les racines de celles qui étaient placées en dessus, et d’un côté opposé. Le.

pont , vu de profil , aurait offert l’aspect que présente la pjanche ci- jointe.

A Arbres d’abord jele’s d’un bord à l’autre,

B Premier rang de fourches.

C Arbres soutenus par le premier rang.

D Second rang de fourches. »

E Arbres soutenus par le second rang.

F Bâtons en travers , sur lesquels ou devait marcher.

Si la rivière était desbéchée , la structure du pont aurait à peu près l’apparence qu’en donne la gravure-

Tous "nos gens étant grièvement malades, je payai les nègres pour transporter le ba-

gage , et nager ^vec les ânes. Ce bagage fut placé sur des rochers , au bord oriental de la rivière ; mais telle était notre faiblesse, que nous ne pûmes le porter au sommet de la rive. Francis Bell , un des soldats , se 'mourait de la lièvre. Ayant essayé en vain, avec l’aide d’un de ses camarades, de lui' faire passer l’eau, je fus forcé de l’abandonner sur le bord occidental, regardant comme très-probable qu’il expirerait dans la nuit.

ai Juillet. Je payai les gens d’Isaac, pour porter les paquets au haut de la rive, et nous aider à charger les ânes. Un des soldats repassa le pont, et trouva Bell expirant. Je ne m’arrêtai point pour l’enterrer, car le soleil était haut; et nous nous remîmes aussitôt en rbute. Le pays était garni de bois , mais uni. .Vers dix heures et demie, je vins près de M. Scott, étendu à côté du chemin, et si malade, qu’il ne pouvait marcher. Peu de temps après, M. Martyn se coucha par terre, dans le même état. Mon cheval était chargé , et , selon l’usage, je marchais à pied , en conduisant

un âne. Je ne pus donc leuf donner aucune assistance. J'arrivai en vue ^le la ville de Mareena, un peu avant midi; et dans le même temps y j'eus le bonheur de voir deux des gens d’IsaaCj qui revenaient avec deux ânes, pour prendre les charges des chevaux de l’arrière. Je les envoyai près dcTVI. Scott et de M. Martyn, et je m’avançai vers la ville. Quelques-uns des naturels qui avaient passé la rivière avec nous, avaient appris aux habitans les traitemens que nous avions éprouvés en allant de Maniakprro à la Ba - Woulima , dans le district dont le nom est Kissi. Ils leur avaient dit, de plus, que notre coffle était une dummulafong, chose envoyée pour êtfe mangée, ou , comme l’on dit , une bonne aubaine. Les habitans de Marcena résolurent d’en prendre leur pan. En conséquence, ils nous volèrent cinq ânes pendant la nuit ; mais ils furent bien déçus le lendemain matin.

a‘2 'Juillet. Lorsqu’ils apprirent, qu’au lieu d’aller à BaUgaffi , nous nous proposions d’envoyer au roi un messager, pour l’informer

du mauvais traitement que nous avions éprouvé, deux d’entr’eux rendirent les ânes qu’ils avaient volés; mais les deux autres ne les imitèrent point. Vers midi, nous chargeâmes tous les chevaux et les ânes; et je louai deux jeunes gens pour porter deux malles, formant la charge *

des ânes volés. Bangassi n’esl qu’à six milles

de Mareena. C’est une grande ville, fortifiée de la même manière que Maniatorro, mais quatre ou cinq fois plus vaste. Nous dressâmes nos tentes , sous un arbre , à l’est de la ville.

35 juillet. Je reçus en présent, du roi Se-^ renummo, un beau jeune bœuf et deux trèsgrandes calebasses de lait. Il m’envoja aussi les ânes volés par des habitans de Mareena.

Je pris dans mon bagage les articles suivans, et j’allai, avec iJhac, trouver le roi.

Au roi.

Barres.

Ambre n* 2

Ambre n* 4

Barraloulo

Graius à collier

Miroirs 5

Balles et pierres à fusil •' 2

t^lus , ic fusil de M. Anderson , avec son epe’e et ses pistolets.

Au fils du roi.

Ambre n° 4 « • • ^

Barraloulo 5

Aux personnes (fui avaient assiste' au palaver.

- Ambre « 10

Aux bons habitans de la ville 10

A l'hôte d’Isaac, pour une chèvre 10

• Barres ». 3 o

La \ille est grande, peuplée, et mieux for-, tifîée que Maniakorro même. Nous trouvâmes Serenummo assis, dans un endroit écarté, et entouré d’un petit nombre d’amis ; il avait* donné ses ôi'dfés pour 'que personne ne pût entrer où il était.’ Il me demanda si j’étais le blanc qui avait déjà traversé ce pays, et ce

qui m’avait déterminé à revenir. II ajouta beau-, , coup d’autres questions semblables. Je fis à toutes les meilleures réponses qu’il me lut possible. Je lui dis donc que je n’étais point venu acheter des esclaves ni de l’or; que je ne voulais avoir de lui , ni de personne, des hommes ou de l’argent; qu’en un mol, je n’étais point venu pour. acquérir de l’argent, mais pour en dépenser; que je pouvais prendre à témoin de la vérité de ces assertions, tous ceux qui me connaissaient, ou qui avaient voyagé avec moh J’ajoutai que. mon intention était maintenant de traverser paisiblement son royaume, pour aller dans le Bambarra; et que, comme une preuve de mon respect pour sa dignité et son caractère, j’avais ap» porté quelques objets que mon guide lui présenterait. Alors Isaac étala par terre les articles que je viens d’indiquer. Le roi les regarda avec cette espèce d’indifférence qu’un Africain affecte toujours à l’égard de ce qu’il n’a point encore vu. Quelque grande’ que soit son admiration, il ne marque jamais 1& moindre

«ùrprise. Il me dit que j’aurais la permissioa de passer; et qu’il dirait à son fils d’avoir soin, * de nous , jusqu'à ce que nqus fussions arrivés' à Sego ; mais qu’il ne serait prêt à partir que dans quelques jours. Je lui répondis que j’étais impatient d’arriver en Bambarra, p*arce que mes gens étaient fort malades ; et que s’il voulajt me désigner un guide , je regarderais ‘

cette résolution comme une faveur de sa' part.

Dans le jfait, je savais déjà que son fils se proposait d’aller à Sego, avec le tribut annuel, ^i monte-à trois cents minkallis d’or, ou d’autres objets précieux ; mais j’avais l’assurance que l’or n'était pas encore entièrement rassemblé, et qu’une partie en serait probablement achetée avèc les marchandises dont je venais de faire présent au roi.

25 juillet. J’achetai deux ânes pour cinquante-six barres d’ambre. Pendant notre séjour dans cette ville, nous fiâmes abondamment fournis de lait, à des prix fort modérés. J’en achetais toujours le rnatlli deux grandes chaudières pouf nos hommes, dans l’espoir de les rétablir

avanl que nous nous fussions remis en roule pour le Niger ; mais ils continuèrent d’être malades et abattus. Le caporal Powal est dangereusement malade de la fièvre , et M’Inelli , •

tourmenté de la dysenterie, au point que je n’ai plus d’espoir de le voir rétabli. Hier, il a été^conduit sous l’ombrage d’un arbre, à peu de distance des tentes^ et comme on ne le ramena^ pas de bonne heure, le soir, il fut près d’être mis en pièces par les loups.

Ils flairaient ses pieds quand il se réveilla, et poussèrent alors de si horribles hurlemens, que le pauvre M’Ihelli , tout malade qu’il était , se leva , et revint aux tentes avant que' la sentinelle pùt parvenir jusqu’à l’endroit où il avait dormi.

a6 juillet. Le caporal Powal mourut pendant la nuit. Nous l’avons enterré ce malin.

Il s’est trouvé dans sa poche deux dollars et demi, dont je suis comptable. Nous avons remis aux ânes leurs selles, et réparti les ^barges; car jeme propose de quitter ce lieu-ci demain malin de bonne heure.

■a-j juillet. La matinée était pluvieuse; nou8r ne sommes partis de Bangassi que Vers une heure. J’y ai laissé M'Inelli , et j’ai payé au douty dix barres d’ambre pour le loger et lui acheter des provisions. Peu de temps après que nous eûmes quitté la ville , trois soldats se couchèrent sous un arbre , et r<-lusèrent d’avancer. Us s’appelaient Fr air , Thomxon et lier- • eûtes. A un quart' de mille plus loin , James Trott, un des charpentiers emmenés de Portsmouth, refusa aussi de continuer la route, étant attaqué de, la fièvre. Je'*Conduisis son ûne , et lui dis de retournêr à Bangassi. Je me

trouvais moi-même très-faible, très-malade,

et ayant à conduire un âne et mon cheval ^ chargés de 'riz. J’arrivai à une éminence d’où j’eus la vue de quelques montagnes fort éloignées à l’est-sud-est. La certitude que le Niger baignait la base méridionale de ces ipontagnes, me fit oublier ma fièvre , et je ne pensai, pendant toute la route, qu’aux moyens de gravir leurs somtnets bleuâtres.

A deux heures , nous arrivâmes à Numma-

soiilo. Ce lieu avait autrefois été une grande ville ; mais elle fut détruite par la guerre , il y a. quelques années, et les trois-quarts sont «Il ruines. Avant que nous eussions le temps de dresser convenablement nos tentes, la pluie tomba sur nous , et mouilla tout à fait tant les hommes que les ballots. C’était pour nous un accident très^sérieux , car plusieurs de nos marchandises étaient périssables. Je dormis fort mal dans mes habits humides , sur un terrain qutne l’était pas moins. La nuit, nous fûmes troublés par un lion; il approcha tellement de

nous, que la sentinelle fit feu sur lui ; mais il était

si tard qu’il lui fut impossible de bien l’ajuster.^ Tous les ânes enlevèrent les pieux auxquels' ils étaient attachés , et accoururent ensemble aussi près des hommes qu’il leur fû^ possible. ^ Comme les soldats malades dont j’ai parlé n’arrivaient point avant le lever du soleil, j’en conclus qu’ils étaient retournés tous à Bangassi. Le fils du douty arrivant à cheval, m’informa qu’ils avaient en effet’ regagné la maison de son père, et désira savoir ce que je comptais.

faire à leur égard. Je lui dis que je désirais que l’on eût soin d’eux, et lui présentai dix barres d’ambre pour l’attention qu’il avait. eue de venir me donner de ses nouvelles. Je Iqi remis aussi trois morceaux d'ambre , de qua-^ rante barres chacun , et lui indiquai la manière d’en disposer pour l’nsage des malades. Je lui dis , de plus, que , dans le cas où quelqu’un d’eùx recouvrerait la santé, je lui donnerais' un baft de. l’Inde, où dix barres d’écarlate à son choix , s’il voulait biçH les ’lnvoyer à Bambakou avec un guide sûr. En * même temps j'écrivis à nos compagnons de voyage :

« Chers soldats ,

« Je suis fâché d’apprendre que vous êtes retournés à Bangassi. J’ai chargé le porteur de trois forts morceaux d’ambre. L’un vous procurer^du riz pour quarante jours; le se-^ cond vous fera acl.eter *du lait et de la volaille pour le même temps; et le troisième vous

fournira des provisions pendant «la route , jus» qu’à ce que vous arriviez au ÏNiger.

Tout à vous ,

MungoPark. »

28 juillet. Il plut tout le jour. Nous res- •

tâmes à Nummasoulo , sous nos tentes.

29 juillet. Je partageai les babils des hommes restés en arrière à leurs compagnons; car plusieurs d’entr’eux avaient grand besoin d’être -

' mieux vêtus, et les nuits étaient devenues froides et humides. Je trouvai cinq dollats dans la poche de J. Trott : j’en rendrai compte»

Nous étendîmes notre riz pour le faire sécher ; il était échauffé et fort gâté. Quelques naturels arrivèrent de l’est; ils nous informèrent ^ qu’un ruisseau qui traversait la route , et qui d’ordinaire se trouvait à sec, était si gonflé par la pluie , qu’aucun âne ne pourrait le passer.

Je fis halte pendant le jour pour* sécher différens articles. ^

3 0 juillet. Départ de Nummasoulo, où j’avais

été obligé de' laisser William Alton, malade. Je payai le douty, pour qu’il eût soin de lui, selon l’usage. J’eus beaucoup de regret de me séparer de cet homme. Il était naturellement gai ; et souvent il charmait les veilles de la nuit par les chansons de notre cher pays natal.

A cinq milles à l'est de Nummasoulo, je passai le ruisseau dont j’ai parlé , et qui coulait au sud-est. L’eau avait diminué ; elle n’avait que dix-huit pouces de profondeur, mais elle coulait avec une extrême rapidité. Plusieurs ânes ' tombèrent, et mouillèrent leurs charges. La pluie dura deux heures pendant la marche.

Nous passâmes par un sentier entre une chaîne de montagnes. Le chemin était assez bon , excepte en deux endroits. Nous descendîmes à l’est, et arrivâmes à Lurtabou, petit village ruiné, vers deux heures. Là j’appris que la tête de la coffle était allée vers un village à quatre milles plus loin ; mais les ânes de l’arrière étant tous très-fatigués , et se couchant fréquemment avec leurs charges , je' jugeai

prudent de faire halte , jusqu a ce que quelques ânes frais pussent être’ envoyés à mon aide. *

Nous n’avions pas été là plus d’une heure , lorsque deux hommes des gens d’Isaac et deux ânes revinrent sur leurs pas. Avec leur secours, nous arrivâmes à Sobee , vers sept heures, ^ur la roule, nous passâmes près du dernier des ânes de Saint-Jago ; les quarante étant morts, ou aj^ant été abandonnés sur la route en différens lieux. Nous étions tous trèsmouillés, car il plut presque pendant toute la marche : tous aussi nous avions une grande faim , n’ajfant rien pris depuis le soir précédent. La ville de Sobee a changé trois fois de situation. Elle fut prise, il y a environ dix ans , par Daisi , roi de Raarta , avec treize cavaliers et quelques-uns de ses esclaves à pied. Ils emmenèrent cinq cents esclaves, dont deux cents femmes. Ceux qui échappèrent rebâtirent'la ville, environ à un mille de la première situation ; mais lorsqu’elle eut acquis quelque degré de prospérité , elle fut détruite

jpar Mansông, roi 5e Bambarra. La ville actuelle est bâtie plus près du pied des montagnes’. Une partie qui est murée sert comme de citadelle.

11 y a là du grain et du riz en abondance , à des prix modérés ; mais les habitans n’ont pas encore eu le temps de rétablir leurs troupeaux.

3i juillet. Il plut très-fort pendant le matin; il y eut tout le jour des ondées passagères. Nous fîmes halte à Sobee. Pendant la nuit, wn des habitans essaya de voler un des fusils d’un soldat, qui étaient appuyés contre un arbre proche de la tente. Le lieutenant Martyn dormait sous l’arbre. Le bruit que le voleur fil en remuant les fusils , le réveilla ; et dès qu’il se fut aperçu que cet homme était un nègre , il prit une de ces armes , et fit feu au moment où le larron s’enfuyait avec un fusil. Nous ne pûmes savoir si la balle l’avait touché ; mais le nègre laissa le fusil , et le ipatîn / nous le retrouvâmes avec sa baïonriette.

I®* août. De grand matin , j’achetai un âne pour un pistolet , un baft et un habit mandingue..

Nous partîmes à sept heures. Immédiatement à l’est de la ville, nous arrivâmes à un ruisseau coulant au sud-sud-ouest. Il était si profond , qu’il. fallut transporter tous les paquets sur les têtes des hommes. Pendant ce temps, et lorsque nous étions par - tout environnés ^ de voleurs , Isaac frappa , par malheur , deux soldats. Cette action faillit lui coûter la vie. Un de ces soldats allait le frapper avec sa baïonnette , lorsque M. Anderson l’en empêcha. Je réprimandai Isaac de la façon la plus sévère ; et , par boutade , il partit avec ses gens, nous laissant chercher les ipoycns de traverser la rivière du mieux que nous pourrions. Je louai quatre hommes pour transporter les paquets à l’autre bord, et je ^ me mis inoi-même à faire sentinelle contre les tentatives des 'voleurs. De cette manière, tout le bagage fut transporté avec beaucoup moins de perte qu’à aucun autre passage de > la rivière. Les ânes nagèrent , et le tout nous coûta qu’un morceau d’ambre n° 5 j mais il me fallut payer cinquante pierres à fusil au

fils du douty , parce que lés ânes élaienl allé» dans des champs de blé. Quand tout fut terminé, nous réchargeâmes les ânes, et nous nous remîmes eu- marche. Au couclier du soleil,

nous arrivâmes à Balanding. Nous n’avions eii

que le temps de dresser nos lentes, quand la pluie survint,' et nous ne pûmes faire cuire notre souper ; car , quoique les soldats fissent la cuisine, la pluie arriva avant que notre chau- <lière fût prête, et MM. Anderson , Scott et Marlyn se couchèrent, ainsi que moi, sans avoir rien, mangé de tout le joîir.

3 août. Pluie continuelle. Nous fîmes halte à Balanding.

3 août. Nous partîmes de Balanding, et fîmes ^ halle à Balandou, village entouré de murs à

environ quatre milles à ’ l’esl-sudrest. Nôus achetâmes deùîtÂnoulons pour un barraloulo.

4 août. Départ de Balandou. A environ un mille à l’est,' je vis la montagne de Sobee. Alors . ^ Jjawrence Cahill, un des soldats qui s’était plaint de'nialadie depuis quelques jours, resta en arrière J et je payai un naturel pour conduire

son âne, en lui disant de venir à son aise. A' onze heures nous traversâmes un ruisseau coulant à l’est. Il nous donna beaucoup d’embar- * ras, car ses bords étaient très-escarpés et trèsglissans. Nous le passâmes à midi et demi ; son cours était alors à l’est-nord-est. Dans la marche de cette journée , quatre soldats furent hors , d’état de conduire leurs ânes. M. Scott étant très-malade , montait mon cheval , et je chassais devant moi un des ânes. Nos gens étaient si fort affaiblis, que quand leurs paquets tombaient, ils ne pouvaient les relever. Pendant la marche, j’aidai à recharger treize ânes. Nous arrivâmes à Koulihori à trois heures. Cette ville est en partie murée ; mais la plupart des huttes sont hors des murs. Aussitôt que les te:iies furent dressées , la pluie commença , et continua pendant toute la nuit. Nous n'eùmes pas le temps de faire la cuisine, et la pluie empêcha le feu de veille de brûler : ceci fut cause qu’un de pos ânes fut tué par les loups, seulement à . seize pieds d’un buisson sous lequel un de nos ^ hoounes dormait. ,

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* 5 aoât. Matinée brumeuse. Jîous fîmes halle, '

résolus de voyager à deux heures , et*de passar

la nuit dans les bois , la Ba-Woulli étant trop

éloignée pour que nous pussions y arriver dans

une seule marche. J’achetai du maïs mûr de

l’année,

• Toute la route depuis Bangassi est parsemée

de villes et de villages détruits. Quelquès-uns

sont rebâtis, mais la presque totalité est top-

jours en ruines. A peine vîmes-nous du bétail sur

notre chemin. L’avidité des habitans de Rou-

lüiori pour la nourriture animale , ou peut-être

leur goût particulier, leur fit manger ce que les

loups avaient laissé de notre âne. Ces animaux

n’avaient dévoré que les intestins, le cœur,

etc. , de sorte que les naturels eurent les quatre

membres et la tête. Le jour s’étant couvert et

annonçant de la pluie , nous résolûmes de

faire halte là pour la nuit. Dans le cours de «

ràprès-midi , Lawrence Cahill arriva ; mais William Hall, qui était entré dans une hutte ^^inée près du chemin , et qui ne paraissait ' pas très-malade , ne vint pas.' Je soupçonnai

qu’il avait peut-être été tué par les loups dans la hutte piendant la nuit. Au coucher du soleil, je fis attacher avec soin tous les ânes près des tentes ; et je veillai moi-même avec les sentinelles pendant toute la imit , car les loups hurlaient constamment autour de nous. '

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