‹ Second voyage de Mungo Park dans l'interieur de l'Afrique, pendant l'année 1805 précédé d'une notice historique et biographique sur la mort de ce celébre voyageurChapitre 85 sur 86 · DU JOURNAL D’ISAAC · texte numérisé non relu

DU JOURNAL D’ISAAC

J’envoyai aussitôt un Poule à Yaour, pour me faire avoir le ceinturon , par tous les moyens possibles, et à quelque prix que ce fôt, aussi bien, que tout ce qu’il pourrait découvrir avoir appartenu à M. Park. Je partis de Madina , et me rendis à Sansandin|^, puis de là à Sego. J’allai trouver le roi Dacha (i), et lui rapportai les faits ci-dessus. Il me dit qu’il irait en personne ravager ce pays, s’il n’était pas si éloigné. Il rassembla une armée, et vint avec elle jusqu’à

(i) Saos doute celui qui est de'signe' sous le nom de J)a , fils du roi Mansong , dans le Journal de Fark.

Banang-Coro, où je le suivis. 11 ordonna à celte armée d’aller détruire le royaume d'Haoussa.

L’armée partit, alla beaucoup plus loin que Tombouctou , et fît balte à Sacha. Ses chefs dépêchèrent de ce lieu un courrier au roi , pour lui apprendre où ils étaient : Us ajoutaient que Haoussa était à une trop grande distance , pour qu’une armée pût y aller sans courir un grand nombre de dangers de toute espètîe. Le roi leur donna ordre d’aller à Massina , petit pays appartenant à la nation poule ^ pour en emmener tous tes bestiaux , et revenir ensuite. Ils exécutèrent cet ordre, et prirent beaucoup de bestiaux. L'avant- garde qevint avec eux , après un voysM de trois mois. Un

mois après, l’armée la survit ; ainsi ce fut en

tout une absence de quatre mois. Le roi fut très-mécontent de la conduite des chefs. Il voulait les 'punir de n’avoir pas été où ü tes avait envoyés ; mais il lui remontrèrent qu’ils étaient allés aussi loin qu'ils avaient pu : que la distance était trop grande , qu’elle eût détruit l’armée ; enfin , que la prudence et les fatiguée

qu’ils avaient déjà supportées, leur avaient démontré la nécessité de revenir , quoiqu’elle fût très-contraire à leurs inclinations.* Nous retournâmes tous à Sego. *

Je revinsàSansanding , et je m’y arrêtai pour attendre l’arrivée du Poule que j’avais envoyé à* Yaour. 11 revint , quatre mois plus tard , après en avoir employé huit à soh voyage , et éprouvé de grandes souffrances. Il m’apporta le ceinturon, et médit qu’il avait déterminé une jeune esclave du roi à, le lui dérober. 11 ajouta qu’il n’avait rien pu avoir de plus , parce que l’on n’avait trouvé aucun autre effet qui eût appartenu à M. Park , ou à ses 'compagnons de voyage.

J’allai à Sego; j’annonçai au roi ce que j’avais pu recouvrer des effets de IV1. Park ; et j’ajoutai que je partais aussitôt pour le Séné^l. Le roi désirait que je passasse avec lui la saison pluvieuse. Je lui répondis que je ne pouvais rester, et que l’objet de ma mission étant atteint, je désirais me mettre en chemin le plutôt possible. Amadi-Fatouma étant un homme bon-

néte , un véritable homme de bien , je l’avais placé auprès de M. Park. Ce qu’il m’a rapporté , il me l’a affirmé sous serment. Il n’avait plus d’intérét dans cette affaire ^ ni pour l'avenir au- ■ cun espoir de récompense.

* 11 ne restait plus rien de M. Park , non plus

que de ses effets. Les relations *de plusieurs voyageurs qui avaient traversé le même pays , s’accordaient avec le Journal d’Amadi. J’étais certain de la vérité de ce qu'il avait dit , et de$ dangers que j’aurais pu courir^ sans aucun but, % dans un pays si éloigné. Xoutes ces raisons me déterminèrent à ne pas aller plus loin. Après avoir obtenu le ceinturon, je jugeai convenable de retourner au Sénégal.

. DERNIEa. R APPORT d’iSAAC.

Isaac dit que M. Park lui donna ses papiers pour les remettre à Robert Ainsley, à la Gambie , avec un bon de dix barres sur le même Ainsley ; que M. Park quitta en sa présence Sansanding, avec Amadi-Fatouma; qu’il ne '

peut fix€|’ précisément la date de la mort de M. Park, mais quelle eut lieu quatre mois après son départ de SansaiÜlDg. Cette date, au reste, peut être déterminée, à peu près, par celle des papiers que lui Isaac remit à Robert Ainsley. M. Park avait perdu tous ses compa> gnons , à l’exception de quatre hommes. Il arriva à Foulac-Dougou, avec trente-trois blancs; et de Foulac-Dougou à Sego, pendant une marche de huit jours, mais qu’un nègre fait ordinairement en trois , il perdit vingt-six de ces homqpes , par les pluies , l'humidité , etc.

M. Park quitta Sansanding avec quatre hommes seulement de sa couleur, ce qui faisait cinq en tout.

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