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LES INCONNUES DE BALZAC

Une préface n'a généralement pas pour but de rectifier et de compléter un livre : tel est pourtant Tobjet de celle-ci, qui, dans notre pensée, doit servir de transition entre le premier et le second volume de ces Essais. Le premier contenait un parti pris arrêté de laisser dans l'ombre tout ce qui présenterait un caractère anecdotique ou biographique; mais celui-ci ne pouvait persister que si Ton n'avait à attendre aucune lumière nouvelle sur l'âme du romancier. Aussi bien l' avions-nous formulé avec cette conviction que tout avait été dit sur l'homme intime chez Balzac. Or, en fait, nous

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Il AVANT-PROPOS.

le reconnaissons aujourd'hui, c'était une thèse exagérée. De nombreux points, et des plus importants, sont encore ignorés et seront, un jour ou Tautre, portés à la connaissance des lettrés; des plus importants, disons-nous, car ils intéressent la sensibilité même de Técrivain, et ce qu il y avait d'essentiel dans cette sensibiUté, nous entendons par là son sens de la Féminéitë {!).

A cet égard, il faut en convenir, Balzac a trompé, vo/on/airemeni trompé tout le monde, même ceux qui rapprochaient le plus près.

Aussi s'est-il établi sur sa vie privée une sorte de légende qui, avec les années, et à force d'être redite, a pris la consistance d'une réalité authentique. Cette légende, personne ne l'ignore, nous présentait le romancier menant dans sa cellule d'homme de lettres l'existence d'un moine laïque, jaloux de toute dépense nerveuse qui ne dût pas servir à sa production

(i) Notre premier devoir, comme aussi notre plus douce satis* faction, est de rendre hommage, au début même de ce livre, à la bienveillance de M. le vicomte de Spœlberch de Lovenjoul, dont les précieuses communications nous ont permis d*écrirc cet avant'^propos.

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