‹ Secours agricole aux alliésChapitre 12 sur 12 · NOUVELLES OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

NOUVELLES OBSERVATIONS

A la séance de l'après-midi du lendemain, le docteur Robertson dit encore: Monsieur le Président, Messieurs,— Je n'ai pas l'intention de faire un discours sur l'industrie laitière ce matin. J'ai écouté avec plaisir la discussion à cette séance. À plusieurs reprises, je me suis passé la main sur le front pourvoir si je ne dormais pas depuis vingt ans et si je ne m'étais pas réveillé au milieu de la même discussion.

Dans les régions dévastées par la guerre dont je vous parlais hier soir, les cultivateurs de nos alliés ont tout perdu. Dans certains endroits, la terre ellemême est bouleversée à tel point qu'il sera à jamais impossible de l'ensemencer à nouveau. L'Empiie Britannique veut aider ces cultivateurs à se remettre sur pied dès qu'ils reprendront possession de leurs fermes. Leurs maisons, leurs machines ont été détruites. Il ne leur reste rien pour se remettre à cultiver. Nous, d'autre part, nous n'avons rien perdu, en tant que cultivateurs, par le fait de la guerre. Nous avons même fait beaucoup plus d'argent que d'habitude à cause de la hausse des prix. Nous devrons venir en aide à nos frères affligés dès que l'ennemi sera chassé hors de leur territoire. Nous devons le faire pour plusieurs raisons. D'abord, parce que c'est un but charitable et que nous sommes un peuple charitable. Ensuite parce que ces cultivateurs sont nos alliés, nos voisins et nos amis. Nous voulons les aider, pour la réputation du Canada. En les aidant, nous aiderons également à notre commerce d'exportation car nous ferons connaître dans ces pays nos machines agricoles, nos meubles et nos ustensiles de ménage; il sera bon également, au point de vue de nos relations internationales, de faire savoir que les laitiers du Canada ont donné quelque chose, il sera bon de faire savoir que tous ont donné: producteurs de grain, éleveurs de bétail, aviculteurs et arboriculteurs. Nous voulons que les

cultivateurs canadiens se fassent, parmi les nations, une place semblable à celle que nos fils et nos frères se sont faite sur les champs de bataille.

Pooir toutes ces raisons, puis-je vous demander de bien vouloir mettre de côté une somme représentant au moins la valeur du lait produit en une journée, pour l'offrir à ces cultivateurs qui ont tant souffert. Jamais cette somme ne vous manquera. Elle sera déposée là où jamais les vers ni la rouille ne peuvent atteindre, où les vcleurs ne peuvent fracturer ni piller. Elle sera inscrite à notre crédit éternel.

Dans ces circonstances, je demande la permission de lire la résolution suivante :

Proposé par le président (J. N. Stcne) secondé par G. G. Publow: Que la société de l'industrie laitière d'Ontaric-Est réunie en convention annuelle, témoigne de sa vive sympathie pour les cultivateurs des pays alliés dont les propriétés ont été détruites pendant l'invasion de leur pays par lesl forces ennemies, et elle recommande à tous les laitiers de donner au Secours agricole impérial du Comité des Alliés, une somme équivalant à la valeur du lait d'au moins d'une journée, pour aider les cultivateurs des régions dévastées à se procurer des semences, des machines, du bétail, des meubles, des ustensiles, des vêtements, etc., afin qu'ils puissent se remettre à la culture, dès que l'ennemi aura évacué les territoires envahis. Adopté à l'unanimité, à mains levées.

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