‹ Sécrétine et Entérokinase Leur application au traitement de certains dyspeptiquesChapitre 8 sur 26 · PRET SAN EU VAUT · texte numérisé non relu

PRET SAN EU VAUT

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sous l’action de la sécrétine. Lorsque le pancréas sè trouve plus chargé en ferment, comme il arrive au moment de la digestion, cet épuisement devient particulièrement sensible.

Le pouvoir tryptique du suc pancréatique obtenu par l'injection de secrétine, s’affaiblit graduellement, sans jamais présenter la plus faible reprise d'activité. Ce suc pancréatique de sécrétine est inactif vis-à-vis de la fibrine, alors qu’il agit sur l’amidon directement et peut-être aussi sur les graisses. La sécrétine résiste à l’ébullition, est soluble dans l'alcool à 90°, insoluble dans l'alcool absolu (Osborne), paraît se détruire facilement par oxydation. La digestion trypsique la détruit, la digestion pepsique n’a aucun effet.

Applications thérapeutiques. — Outre les nombreuses sécrétions que provoque la sécrétine sur les glandes du tube digestif, elle présente une action excito-motrice se traduisant par des contractions intestinales.

Un grand nombre de phénomènes dyspeptiques sont secondaires à l’insuflisance de fonction sécrétinique duodénale (diminution de l'acidité du chyme, modification du rythme moteur normal de l’estomac et du pylore, insuffisance de la muqueuse en prosécrétine). Le filtrat acide de macération duodénale possède une influence incontestable sur la motilité de l'intestin ; un des premiers signes de cette insuffisance sécrétinique est représenté cliniquement par la constipation.

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Chez certains dyspeptiques constipés, l'emploi de la médication acide préconisée par Trousseau dans les dyspepsies gastriques, doit donner de bons résultats. Ces résultats doivent être surtout appréciables dans la dyspepsie nervo-motrice établie par M. Mathieu. :

Il faut éviter de mêler au contenu gastrique l'acide qui doit parvenir au contact de la muqueuse duodénale, dans le but de stimuler la fonction sécrétinique. On enrobe de l'acide tartrique dans une épaisse enveloppe de gluten, qui est réfractaire à la digestion gastrique et est facilement attaqué dans l'intestin en milieu alcalin. L’acide mis en liberté entre en contact avec la muqueuse duodénale, réalisant ainsi cliniquement l’expérience de Pawlow.

ENTÉROKINASE

L’entérokinase a été découverte par Pawlow et son élève Chepowalnikoff. Elle dérive des leucocytes des plaques de Peyer et des follicules clos de l'intestin grêle. Cette substance semble exister d’ailleurs dans les corps protoplasmiques de tous les leucocytes en général. La présence des polynucléaires éosinophiles dans la paroi intestinale n'avait été signalée jusqu'ici qu’à titre accidentel. Loin d’être passagère, la présence des éosinophiles est un fait constant et ils jouent dans les fonctions intestinales un rôle capital. On a trouvé des éosinophiles dans tous les intestins humains provenant d'enfants ou d'individus adultes ayant succombé aux maladies les plus diverses ; ils ont encore été trouvés dans toute la série animale.

Le rôle de ces éosinophiles paraît se rapporter à la fonction de sécrétion de l'intestin : par la mise en liberté de leurs granulations, ils activent probablement la sécrétion glandulaire.

MM. Simon et Stassano ont constaté que lorsqu’on augmente la sécrétion de la kinase dans le suc entérique, par injection dans le duodénum de chien de grandes quantités de suc pancréatique, on provoque dans la muqueuse intestinale, un

afflux considérable de cellules éosinophiles ; cellesci traversent l’épithélium des tubes de Lieberkühn et tombent dans les cavités glandulaires où l’on peut voir toutes les formes de transition entre l’éosinophile normal et le coagulum de sécrétion. MM. Simon et Stassano concluent que ce sont les éosinophiles qui produisent la kinase.

Pour M. Delezenne, la kinase pancréatique, c’est-à-dire la diastase nécessaire à l’activité protéolytique du suc pancréatique est avant tout d’origine leucocytaire.

M. Gley a constaté que l’addition à du suc pancréatique, des cellules blanches de la lymphe, puisées dans la citerne de Pecquet ne renforçait pas l’activité albuminolytique du suc pancréatique.

Les injections de sels de fer et de mercure déterminent une augmentation de la diapédèse intestinale et un accroissement de l’activité de l’entérokinase. La muqueuse entérique d’un animal en digestion a une action kinasique supérieure à celle de l’animal à jeun, action due aussi dans ce cas à l'augmentation de la diapédèse intestinale.

Mode d'obtention de l’entérokinase. — On se sert d’une macération de muqueuse intestinale appartenant au duodénum et au jéjunum d’un mammifère quelconque. On additionne l’eau de la macération avec une substance propre à entraver le développement des bactéries, comme le chloroforme, le toluène ou le fluorure de sodium.

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On peut aussi utiliser le sue intestinal recueilli par une fistule de Thiry. L'opération de Thiry. consiste à isoler une anse intestinale et à l’aboucher à la peau après avoir rétabli par des sutures | la continuité de l'intestin sectionné. L’anse isolée, | si elle appartient au segment duodéno-jéjunal, fournit un suc assez abondant qui contient une très forte proportion d’entérokinase.

On peut utiliser indifféremment le liquide de macération ou le suc sécrété. A l’aide de précipitations successives par l'alcool, on peut obtenir un produit sec, qui, redissous dans l’eau possède les propriétés du ferment. L’entérokinase se fixe sur les différents précipités que l’on produit au sein du liquide qui en contient. D’après MM. Stassano et Billon, en traitant par l’acide acétique la macération de muqueuse intestinale, on obtient un précipité de nucléo-albumines très riche en kinase.

Nature de l’entérokinase. — L’entérokinase est un ferment soluble. Elle est détruite par la chaleur dans les liquides qui la renferment. Elle est partiellement supprimée à une température de 6o degrés et complétement anéantieen la chauffant à 70 degrés pendantune demi-heure.

La kinase possède une activité qui n’est pas proportionnelle à la quantité employée. Un précipité de ferment kinasique ajouté à du suc pancréatique inactif a suffi, à la dose de 1/10000 de milligramme par 10 centimètres cubes de liquide, pour

du Sp

donner à celui-ciun pouvoir digestif manifeste. La kinase se fixe avec facilité sur la fibrine, de sorte qu’en mettant de la fibrine dans le suc entérique, on arrive à dépouiller celui-ci de toute la kinase qu'il contient.

La kinase et le suc pancréatique inactif s’altèrent à la température de l’étuve, quand ils sont séparés ou mélangés (Dastre et Bassano). Lorsque la kinase est isolée, elle se détruit plus rapidementen présence de l’albumine que lorsqu'elle estseule. La kinase s’affaiblit avec le temps, lentement à latempérature du laboratoire, rapidement à la température de l’étuve. Le suc pancréatique s’affaiblit aussi à la température de l’étuve, mais moins rapidement que la kinase ; la présence de l’albumine n'empêche pas le suc pancréatique de se détruire ; il s’atténue plus rapidement en présence de l’albumine que seul. La kinase mêlée au suc pancréatique se détruit donc moins que lorsqu'elle est seule ou en présence de l’albumine.

Chepowalnikoff a démontré que le chauffage détruit l’action de l’entérokinase. L'action activante des macérations intestinales bouillies, observée par Larguier des Bancels est due à la réaction acide de ces macérations, fait signalé aussi par Bayliss et Starling.

L'activité de l’entérokinase est retardée par 1 0/0 de carbonate de soude et presque arrêtée avec 2 0/0, alors que la trypsine active libère le ferment même au milieu de 60/0 de carbonate de

soude. L’acide chlorhydrique détruit l’action de l’entérokinase, alors que le carbonate de soude ne fait que paralyser cette action.

Si on provoque la sécrétion du suc intestinal par uneirritation locale de l'intestin, on constate le fait suivant : parallèlement à une plus grande sécrétion du suc intestinal sous l'influence d'une plus forte irritation locale, la sécrétion d’entérokinase s'élève aussi.

La qualité de l’entérokinase du suc intestinal devient alors assez constante, que l’irritation locale soit forte ou faible. Ilen résulte qu’une irritation locale n’a pas seulement une influence manifeste sur la quantité duliquide secrété, mais aussi sur la sécrétion de l’entérokinase (1).

Localisations de l’entérokinose. — L’entérokinase est produite et sécrétée par la muqueuse intestinale. C’est dans la muqueuse du duodénum et du jéjunum que siège etse sécrète la kinase, c’està-dire dans les régions où s’exerce principalement la digestion pancréatique. La muqueuse de l’iléon renferme aussi de la kinase, mais en proportion beaucoup moins forte, ce qu’il est facile de constater soit en établissant chez un même animal deux fistules de Thiry, situées l’une sur une anse duodéno-jéjunale, l’autre sur une anse d’iléon et

en comparant l’action kinasique des sucs sécrétés ;

1. Hamburger et Hekma. Journal de la physiologie et de la pathologie générale, 15 janvier 1904.

soitencore en comparant des macérations praliquées avec des segments d'intestin prélevés à différents niveaux.

M. Delezenne a montré queles plaques de Peyer étaient beaucoup plus riches en kinase que les autres régions de la muqueuse intestinale. C’est donc dans les organes lymphoïdes, où abondent les leucocytes que s’accumule le ferment.

En dehors de la muqueuse intestinale, les leucocytes contiennent une kinase. On trouve ce ferment dans les ganglions lymphatiques et dans le pus stérile des abcès provoqués par l’injection de substances aseptiquement pyogènes, l’essence de térébenthine par exemple. Les leucocytes d’exsudats péritonéaux artificiellement produits ont aussi la même propriété (Stassano et Billon).

M. Delezenne a mis en lumière ce fait curieux que, sous l'influence des injections de pilocarpine qui exagèrent l’abondance des sécrétions, les produits de diverses glandes peuvent contenir de la kinase; ce fait s'explique par l'apparition des leucocytes dans les liquides sécrétés, dans Purine par exemple. M. Delezenne a également mis en évidence des kinases engendrées par des microbes divers. Les produits solubles du bacillus mesentericus vulgatus, du vibrion de Finkler Prior, de plusieurs bacilles ou microcoques isolés de sucs pancréatiques qui s'étaient spontanément cultivés renferment des kinases capables d'activer un suc paucréatique inactif. Particulièrement chez l’en-

fant, le coli-bacille engendre une kinase, fait d’autant plus intéressant que ce microbe est un hôte normal de l'intestin (x).

On a trouvé également des kinases très actives dans le venin des serpents, comparable sous plusieurs rapports aux toxines microbiennes. Les venins de cobra, de bothrops et de vipère renferment une kinase qui active le suc pancréatique inactif ; cette action kinasique disparait par un chauffage de 15 minutes à 100 degrés.

Il existe encore une kinase dans quelques champignons. MM. Delezenne et Mouton ont constaté que les liquides ou extraits retirés d’un certain nombre de champignons basidiomycètes, liquides inactifs sur la fibrine et l’albumine d’œuf coagulées par la chaleur, sont capables une fois ajoutés à des sucs pancréatiques totalement inacüfs vis-à-vis de l’albumine, de conférer à ces sucs un pouvoir digestif des plus évidents. Cette action est due à un ferment soluble analogue à l’entérokinase. Recherchant les kinases dans diverses sortes d’agaricinées, MM. Delezenne et Mouton en ont trouvé une très active dans l'Amanita muscaria, la fausse-oronge et dans l'Amanita citrina.

Ces kinases sont toutàfait analogues à l'entérokinase et se comportent comme elle. Tous ces ferments ne sont peut-être pas rigoureusement

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