C’est surtout le SÉRUM qui a été étudié
a) La stalagmométrie a donné à différents auteurs les chiffres moyens suivants :
Carvalho et Dos Santos: 69 d. 6 à 72 d. 6.
Kopaczewski : 67 d. 6 à 67 d. 8.
Iscovesco (chez le cheval) : 73 d. environ.
Morgan et Woodward : 45 d. 4 (chiffre bas qui semble tenir à la méthode particulière Ges auteurs).
Bardier et Cluzet : 67 d.
Buffa (chez le chien) : 67 d.
Zunz : 69 à 70 dynes.
MM. Clerc, Deschamps, Sterne et Paris ont compté 102 gouttes à leur pipette pour 5 cm., ce qui donne 72 dynes environ. Donc le sérum a une T. S. un peu plus basse que celle de Peau. Les différences entre les résultats des auteurs tiennent probablement à des vitesses différentes de chute des gouttes.
b) Par l'arrachement les chiffres sont beaucoup plus variable, ce qui est dû vraisemblablement à ce que les auteurs n’indiquent pas s’ils ont mesuré la T. S. dynamique ou la statique.
Benhamou et Béguet : 53 à 57 d. après 45 m. de repos. Chopra et Chandhuri : 60 dynes (eau : 77).
Brinkman et Szent Gyoergi: 52 dynes.
M. Clerc et ses collaborateurs donnent :
— comme T. S. dynamique : appareil de Lecomte du Noüy, 55 à 51 dynes ; appareil de Goiïffon : 54 à 51 dynes ;
— comme T.S. statique : appareil de Lecomte du Noùy, 53 dynes ; appareil de Goiffon, 49 dynes.
2. — Mais c’est LE PLASMA, dont l’étude a été moins poussée qui, à notre avis, reflète le mieux les variations pathologiques de la T. S. du sang vivant. Nous l'avons exploré après addition de fluorure de sodium, pour éviter la coagulation. Les anticoagulants, comme l'avait déjà vu Zunz, ne changent pas la T. S. du
sang.
a) Stalagmométrie :
Zunz : 72 d. &.
Cosmovici : 68 à 74 dynes suivant l’espèce animale.
M. Clerc et ses collaborateurs trouvent une T. S. semblable à celle de l’eau : 73 d. 5.
b) Arrachement : Il nous a semblé, comme à MM. Clerc, Sterne et Paris, que l’on pouvait admettre comme normaux les chiffres suivants :
— T.S. dynamique : appareil de Lecomte du Noüy, 63 à 57 dynes ; appareil de Goiffon, 60 à 55 dynes.
— T. S. statique : appareil de Lecomte du Noüy, 55 dynes (écarts entre 53 d. 5 et 57 d. 5) ; appareil de Goïffon, 50 dynes (écarts entre 48 d. 5 et 50 d. 5).
On voit donc que, pour le sérum et le plasma.
la T. S. statique varie dans des limites beaucoup plus étroites que la T. S. dynamique.
Les variations physiologiques sont très faibles :
Les repas semblent n'avoir qu’une influence infime (Adlersberg et Singer, Benhamou et Béguet). En tous cas, pour éviter cette cause d’erreur, il est préférable de faire la prise de sang loin d’un repas.
L'homme et la femme ont la même T. S. L’âge exercerait une influence. Enfin la menstruation et la grossesse près du terme auraient un effet tensio-négatif (Tadokoro, Lederer, Soloview, Eufinger).
En somme, on voit qu’il existe vraiment des valeurs physiologiques fixes de la T. S. sanguine, surtout de la T. S. statique. La différence des résultats publiés tient à des différences de méthode. D’où la nécessité, lorsque l’on fait de telles mesures, d’indiquer toujours les {techniques employées et la supériorité, à notre avis, des méthodes d’arrachement sur la stalagmométrie.
Toutes nos mesures, nous le répétons, ont été effectuées avec la balance de Goïffon. Le sang était examiné aussitôt que possible après son prélèvement (quelques minutes après, lors des expérimentations ; quelques minutes à 1 ou 2 heures dans les cas cliniques). Nous avons mesuré la T. S. dynamique, la T. S. au bout de 5 minutes de repos pour avoir une idée de la vitesse de chute, et la T. S. statique au bout de 24 heures. Dans certains cas (en particulier au cours de nos expériences), la T. S. était mesurée
DELAMARE
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en outre au bout de 30 minutes, 1 heure, parfois 3 ou 4 heures.
Nous rappellerons brièvement les modifications que subit la T. S. du sang (surtout la statique) au cours de quelques maladies :
C’est dans l’hypertension artérielle que celle-ci est la plus élevée, comme il résulte des recherches de MM. Clerc, Deschamp, Sterne et Paris.
Dans les ictères et dans les cirrhoses, la T. S. sanguine est très basse. Il en est de même dans les cancers, le choc; elle est modifiée dans les maladies thyroïdiennes. Dans la syphilis les résultats ont été par contre des plus contradictoires, ainsi que dans la tuberculose. Ces notions sont utiles à connaître pour interpréter les chiffres indiqués dans nos observations cliniques.
Au cours des affections rénales, Morgan et Woodward ont trouvé une T. S. élevée ; Adlersberg et Singer, Chopra et Chandhury ont obtenu au contraire des chiffres bas au cours des néphrites chroniques azotémiques avec artérioscléroses. Nos mesures personnelles nous ont donné des résultats qui ne s’écartent pas sensiblement de la normale.
B. — Les urines
Elle a donné lieu à d’innombrables travaux. C’est un fait connu, et utilisé par la réaction de Hay, qu’elle est abaïissée dans les ictères par le passage des sels biliaires.
Au début de nos recherches nous avons étudié sys-
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tématiquement la T.S. de l’urine de nos malades, parallèlement à celle de leur sang. Nous avons obtenu les résultats les plus variables d’un jour à l’autre, chez le même malade et chez des sujets différents sans cause apparente. Les urines ont une T. $S. tantôt plus haute, tantôt plus basse que celle du sang. En fait il semble bien qu’elles n’aient pas, comme le sang, leur T. S. fixée par un mécanisme régulateur.
Ces résultats, d’ailleurs, ne nous ont pas surpris. En effet, de nombreux auteurs se sont attachés à l'étude de la T. S. des urines, presque toujours pour y doser des sels biliaires et obtenir des renseignements sur le fonctionnement hépatique (Hay ; Cluzet et Frenckel ; Chauffard et Gourand ; Brulé ; Muller ; Billard et Dieulafé ; Gilbert, Chabrol et H. Bénard : Lyon-Caen ; E. et Ed. Doumer ; Troisier ; Goiffon ; Bariéty). De leurs travaux il ressort que la T. S. des urines est extrêmement instable ; elle varie :
1° avec la température ;
2° avec le débit de l’urine ;
3° avec son acidité ;
4° avec la quantité de NaCI que renferme ce liquide ;
5° avec les corps tensio-négatifs que contient l’urine. Outre les sels biliaires, ceux-ci proviennent surtout de la désintégration imparfaite des albuminoïdes (peptones, quelques acides aminés, polypeptides). Abaissent également la T. S. des urines : l’hémoglobine, le nucléinate de Na, l’acétone, les acides gras, certains médicaments, l’acide barbiturique, etc.
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Goiffon a décrit un procédé pour mesurer la T. S. dynamique et statique de l’urine. Après alcalinisation, il mesure la T. S. d’un extrait concentré et de différentes dilutions de l’urine ; il obtient ainsi une courbe dont l’allure renseigne sur la qualité et la quantité des corps tensio-actifs contenus dans le li-
quide examiné.
La quantité, la variété et la variabilité de ces substances dans l’urine devait enlever, pour le but que nous poursuivions, toute valeur à ce genre d’exploration ; et, malgré l’intérêt théorique qu’il y aurait eu à étudier comparativement la T. S. du sang et celle des urines, les résultats incohérents que nous avons obtenus nous ont amené à abandonner ces recherches.
Comme témoin de l’action sur le rein des variations de la T. S. du milieu intérieur, puisqu’il ne nous était pas possible de surprendre cette action au niveau des cellules, ni même de comparer la T. S. du sang et des urines, nous avons dû nous contenter :
1° D’observer les modifications dans le fonctionnement rénal qui pouvaient résulter de l'introduction dans l’organisme de substances modifiant la tension superficielle ;
2° De voir s’il y avait concordance entre ces fluctuations sécrétoires et les variations de la T. S. du
sang circulant qui pouvaient se produire à la suite des interventions indiquées.
Nous verrons en effet dans le prochain chapitre qu’il est possible d’abaisser la T. S. du sang cireulant, et que cette action tient vraisemblablement sous sa dépendance plusieurs phénomènes importants.
Mais ces modifications de la T. S. du sang ne sont jamais que transitoires. Nous avons vu que, contrairement à celle des urines, la T. S. sanguine était une véritable constante physiologique, ce qui laisse supposer qu’il en existe un mécanisme régulateur. Le retour à la normale de la T. S. avant l’élimination de la substance tensio-active (qui peut prolonger son effet sur d’autres appareils), les effets cumulatifs de celle-ci montrent que tout se passe comme s’il existait dans le plasma des corps jouant le rôle d’une véritable réserve tensio-active capable de lutter, avant d’être forcée par celles-ci, contre les substances qui abaissent la T.S.
In vitro, le même phénomène s’observe: c’est l'effet antagoniste du sérum décrit par Lecomte du Noüy et étudié par Goiffon. À vrai dire, ce mécanisme est encore fort obscur cet les substances tampon (par analogie avec la réserve alcaline) sont encore mal cox-
nues.