‹ Sécrétion Rénale et Tension SuperficielleChapitre 20 sur 69 · II. — Diurèse Sérum physiologique · texte numérisé non relu

II. — Diurèse Sérum physiologique

En injectant un volume de sérum physiologique égal à celui de nos substances tensio-actives, nous n’avons obtenu qu’un accroissement de la diurèse très faible (chien 19 : 3/10 et 4/10 à 5/10 de cc ; chien 23 : 4/10 à 6/10 et 1/10 de cc.), immédiat et très fugace, en tous cas nullement comparable aux crises polyuriques plus intenses, plus tardives et prolongées qui ont fait suite à l’introduction des corps

que nous allons étudier.

Octanol.

L'influence diurétique de l’octanol est indubitable ; elle est plus ou moins marquée suivant les solutions. Contrairement à la vasoconstriction, elle peut faire défaut si la dose employée a été trop faible.

a) C’est avec la solution alcoolique à 33 % que les

résultats sont les plus nets et les plus constants (9 chiens).

1° Immédiatement après l'injection, et pendant la vasoconstriction rénale, il y a anurie (chiens D, E et 4), ou oligurie (chiens 5, 8, 21 et 22).

La sécrétion rénale ne reparaît que lorsque le rein est revenu à son volume normal (chien 8 : 2° injection), ou au début du stade de vasodilatation, quand il existe (chien D).

Il est beaucoup plus rare de voir la diurèse s’installer sans stade d’oligurie préliminaire (chiens 11, 18-22 4@imiecion)

Généralement la diurèse se déclenche entre 5 et 10 minutes après linjection (chiens 4, 5, 11, 18, 22) ; parfois 15 à 20 minutes (chien 8).

2° L’intensité de la diurèse est le plus souvent considérable ; elle peut passer du simple au double (chien 4, 5, 18), parfois même plus (chien 5 : 2° injection) ; quelquefois elle est un peu moins marquée (de 4/10 à 6/10 de cc. chien 8 ; de 5/10 à 7/10 de cc. chiens 11 et 22 (2 fois) ; de 6 à 8 gouttes, chien D).

Il est beaucoup plus rare de noter une simple ébauche de polyurie (chien 11 : 2 injection, 4/10 à 5/10 de cc.; chien E : 3% injection, 4 à 5 gouttes, observation trop courte). Chez le chien 21, l’anurie a succédé à une injection de solution émulsionnée d’octanol. On ne peut donc en tenir compte.

3° Quant à la durée de cette débâcle urinaire, elle est assez variable. Elle est de 5 minutes chez les chiens 5°: 1" injection, 8, 11, 22: 2 fois) : dé Smi-

nutes chez Ie chien D ; de 10 minutes chez le chien 5 : 2 injection ; de 20 minutes pour le chien 4 et de 30 minutes pour le chien 18.

En tous cas la polyurie est toujours beaucoup plus prolongée que la vasodilatation rénale (quand cette dernière existe) et, comme le montrent les tracés au rhéographe (chien D) elle est aussi intense après le retour du rein à son volume normal que pendant son éphémère dilatation.

4° Y a-t-il un rapport entre l'intensité de la diurèse et la dose d'octanol injectée ? I] n’y a pas de parallélisme absolu, mais il semble bien que des doses fortes (2 cc. par kg. : chiens 4, 5 et 18) ct répétées à intervalles rapprochés (également chiens 4 et 5), produisent une débâcle plus abondante, plus prolongée et précédée d’un stade d’oligurie plus marqué (voire même d’anurie) que les doses plus faibles.

5° Au chien 12 nous avons injecté la solution éthylique d’octanol à 33 % directement dans l'artère rénale droite, à la dose de 2 cc. par kg. Après une anurie de 5 min., la diurèse de ce côté s’est progressivement rétablie, a atteint au bout de 60 minutes un taux presque double du taux antérieur et a continué à ce rythme pendant deux heures.

La diurèse du côté gauche, malgré une très légère oligurie, n’a pas subi de modification.

b) L'octanol en solution dans l'alcool éthylique à 10 % est aussi diurétique, mais il faut employer de

plus fortes doses :

ie

__ 1 cc. de cette solution par kg. n’amène aucune réaction (chien 4) ; __ 2 cc. par kg. provoquent une diurèse modérée, mais nette :

chien 5 : 6/10 à 9/10 de cc. ; chien 6 : 4/10 à 7/10 de cc. ; Mais quelquefois cette dose ne modifie pas le débit urinaire (chiens 4 et 5 : 2° injection) ; — 3 cc. par kg. ont amené chez le chien 4 une diurèse très abondante (passant de 3/10 à 12/10 de cc.). Cette polyurie présente les mêmes caractères d’apparition, d’intensité et de durée (5 à 15 min.) que celle succédant à l'injection de solution alcoolique à 33 %. Elle est également précédée d’un stade d’oligurie dont l’accentuation peut faire prévoir, là aussi, une élévation ultérieure du taux des urines.

Une seule fois (chien 6) nous avons vu une seconde débâcle urinaire (de 3/10 à 6/10) survenir spontanément, 20 minutes après la fin de la première.

c) La solution aqueuse saturée (employée à la dose de 1 à 2 cc. par kg.) ne nous a donné que les augmentations à peine sensibles de débit urinaire (chiens 8 et 10), sans oligurie préliminaire.

d) Enfin l'octanol pur (chiens 6 et 7) a provoqué une oligurie ou inême une anurie prolongée parallèle à la vaso-constriction intense et durable du rein (chien 6, chien 7 : 1° injection).

Les urines chez le premier animal, après avoir atteint leur taux antérieur, se sont raréfiées ; chez le

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