TOUR
chien 7, après la deuxième injection, une anurie définitive s’est installée. Nous verrons dans un instant que dans ces cas l’urine renfermait des éléments anormaux. On peut rapprocher de ces cas l’anurie observée chez le chien 21 à la suite d’une injection de solution alconlique d’octanol contenant ce produit en émulsion.
Autres alcools supérieurs.
L'étude de la diurèse est rendue difficile par ce fait que, dès qu’elle est déclenchée, elle se complique d’hématurie si intense que parfois des caïllots obturent la sonde urétérale. Le linalol, le géraniol, et surtout le citronellol sont d’ailleurs hémolytiques. Il en est de même de l’oléate de soude.
1° Avec le géraniol, après l’oligurie contemporaine de la vasoconstriction, le taux des urines n’est pas revenu à son chiffre antérieur (chien F).
2° Avec le linalol, nous avons vu, sur le chien D, la diurèse, qui était arrêtée pendant la vasoconstriction, s’accroître au moment de la vasodilatation (11 à 17 gouttes), mais retomber à son taux antérieur lorsque le rein est revenu à son volume normal. Sur le chien G la diurèse a débuté en pleine vasoconstriction et s’est sensiblement accrue : 10 à 13 gouttes.
3° Le citronellol, dans un premier cas (chien D), après une phase d’oligurie, M’a pas amené d’augmentation du débit urinaire. Dans un second (chien G), à une anurie particulièrement prolongée a fait suite une diurèse un peu plus considérable (5 à 7 gouttes).
Co —
Enfin chez le chien 23, une première injection, après un stade d’oligurie de 5 min., a fait passer la diurèse du rein droit de 2/10 à 4/10 et 5/10 de ce. et celle du rein gauche de 2/10 à 14/10. Cette polyurie a duré 15 minutes. Une seconde injection, de la même dose (1 cc. par kg. de solution alcoolique à 33 %) n’a eu aucun effet. Une troisième injection, deux fois plus forte, a provoqué, après une oligurie de 10 min., une diurèse encore plus considérable (rein droit : de 4/10 à 10/10 de cc. ; rein gauche : de 4/10 à 18/10 de cc.) et plus prolongée (25 min.) que lors de la première injection.
L'ALCOOL ÉTHYLIQUE sert à dissoudre les corps précédents (il est, nous le savons déjà, tensio-négatif) : — sa solution aqueuse à 10 %, à la dose de 2 cc. par k., n’a amené aucun changement du débit urinaire (chien 5) ; — sa solution aqueuse à 33 % :
à la dose de 1 cc. par kg. (chien 5) n’a pas eu un résultat plus net ; à la dose de 2 cc. par kg. (chien 18) a déclenché au bout de 10 minutes une diurèse légère (5/10 à 8/10 de cc.) pendant 15 minutes.
Oléate de soude.
Il nous a donné des résultats assez variables. Les chiens G et 18 n’ont pas fait de polyurie. Chez les chiens 10 et 19 s’est installée une oligurie pro-
not
gressive. Par contre, les chiens 11 et 24 ont eu une brusque débâcle urinaire :
— chien 11 : 5/10 à 9/10 de cc., puis 5/10 à 7/10 de cc. (durée : 10 min.) ;
— chien 24 : rein droit : 7/10 à 22/10, 7/10 à 16/10, puis diurèse nulle à la troisième injection ; rein gauche : 4/10 à 8/10, 3/10 à 6/10, puis diurèse nulle à la troisième injection.
Chaque diurèse a été précédée d’une période d’oligurie de 5 minutes (chien 11) à 15 minutes (chien 24). Il est à remarquer que le chien 24 a fait une diurèse non seulement très intense, mais encore très prolongée (30 min., puis 20 min.) et spontanément récidivante : nouvelle poussée 1 h. 30 après la première injection (rein droit : 9/10 à 14/10 de cc.; rein gauche : 3/10 à 7/10 de cc. ; durée : 15 min.). Nous avions observé un phénomène analogue sur le chien 6, après l’injection d’octanol en solution alcoolique à 10 %.
Les sels biliaires.
—- Le glycocholate de Na n’a pas accru la diurèse du chien 11 ; par contre chaque injection de ce produit a provoqué chez les chiens 21 et 23 des poussées polyuriques très nettes :
Chien 21:
rein droit : 5/10 à 9/10 de ce. ; 5/10 à 7/10; 4/10 à 5/10;
rein gauche : 3/10 à 9/10 de ce. ; 3/10 à 12/10 ; 5/10 à 13/10.
fl —
Chien 23 :
rein droit : 4/10 à 10/10 de cc. ; 2/10 à 7/10 ; rein gauche : 0 à 9/10 de ce ; 4/10 à 9/10.
Ces débâcles, d’une durée de 10 à 15 minutes, n’ont été qu’une seule fois (chien 21 : 3° injection) précédées d’oligurie pendant 5 à 10 minutes.
— Le taurocholate de Na nous a donné des résultats comparables.
Sur le chien 8, pas de diurèse. De même chez le chien 22, aux deux premières injections. Mais chez cet animal, la troisième dose (2 cc. par kg.) a fait passer, pendant 15 minutes, le débit urinaire de 5/10 à 11/10 et 8/10 de cc., et une quatrième dose de 1 cc. par kg. l’a accru également de 7/10 à 9/1U, sans phase d’oligurie prémonitoire.
— Le cholalate de Na, corps beaucoup plus faiblement tensio-négatif, n’a amené aucune modification de la sécrétion rénale chez le chien 19.
En conclusion : Ces différents corps tensio-actifs, lorsqu'ils ont provoqué un accroissement de la diurèse, l’ont fait dans les mêmes conditions que l’alcool octylique (phase d’oligurie, puis ascension plus ou moins durable du taux des urines). Mais leur action diurétique est beaucoup moins constante que celle de l’octanol.
Il. — Examen cytologique des urines
Chez nresque fous nos animaux, les urines, au
bout de queïques injections de corps tensio-négatifs, devenaient sanglantes
— Dans 2 cas (chiens 4 et 5, traités par l’octanol en solution alcoolique à 10 et à 33 %, et par l’alcool éthylique à 10 et 33 %), malgré la teinte très foncée de lurine, l'examen microscopique n’a montré que de très rares hématies. La réaction de Meyer était fortement positive. Ces animaux semblent avoir fait une hémoglobinurie.
— Dans 5 cas (chiens 6, 7, 11, 12, 22) les urines contenaient de très nombreux globules rouges.
— Dans 3 cas seulement (chiens 6, 7, 12) nous avons trouvé des cylindres granuleux. Mais les chiens 6 et 7 avaient reçu des injections d’alcool octylique pur qui les avaient rendus oliguriques, et le chien 12 une forte dose de la solution éthylique à 33 % d’octanol dans l’artère rénale droite.
Nous insistons sur ce fait que la plupart de ces hématuries ne sont survenues qu'après des injections répétées de solutions beaucoup plus concentrées que celles utilisées en clinique. Le fait que nous les avons observées avant toute injection quelle qu’elle soit, nous fait supposer qu’elles peuvent résulter d’une blessure de l’uretère par la sonde.